Le 14 octobre, Marseille a inauguré la 11e édition de son festival photo. Photo Marseille se tiendra jusqu’au 19 décembre prochain. Cette nouvelle programmation met à l’honneur plus de 100 photographes dans 21 lieux de la cité phocéenne, l’occasion d’emprunter un parcours photo aux multiples influences.

© Eric Bourret

Éric Bourret invité d’honneur

Invité d’honneur du festival, le photographe Éric Bourret présente du 29 octobre au 27 février Flux, son corpus sensible au Centre de la Vieille Charité. Depuis une trentaine d’années le photographe, qui se décrit comme un « artiste marcheur » capture des paysages naturels.

Éric Bourret parcourt le monde à pied pour mieux transmettre en image la transformation sensorielle et physique que provoque la marche en lui. Pour y aboutir, le photographe réalise un portfolio voulu tel un carnet de marche. Éric Bourret superpose sur un même négatif plusieurs prises de vue d’un même paysage pour une représentation délicate, mouvante du paysage géologique. Des sommets de l’Himalaya au pourtour méditerranéen, Éric Bourret nous offre des images comme autant de méditations visuelles, des respirations : « Je suis constitué des paysages que je traverse et qui me traversent. Pour moi, l’image photographique est un réceptacle de formes, d’énergie et de sens. »

© Yulia Grigoryants

D’une solitude à l’autre, le Prix Maison Blanche

Du 21 octobre au 28 novembre, Photo Marseille présente les lauréats de son 11e Prix Maison Blanche qui récompense la jeune création photographique. L’occasion de découvrir Meeting Sofie, fruit du travail de Snezhana Von Büdingen, lauréate de cette édition 2021. Avec tendresse et humanité, la photographe russe dépeint le quotidien de Sofie, une jeune trisomique, pour mieux sensibiliser le public au syndrome de down et interpeller sur le combat que ces personnes mènent toujours pour leur inclusion et acceptation.

© Snezhana Von Büdingen

Il sera ensuite toujours possible, jusqu’au 19 décembre, de redécouvrir Meeting Sofie à l’Hôpital de la Timone, aux côtés de Cosmic Solitude, une série signée par la photographe arménienne récompensée Yulia Grigoryants. Sa série nous mène jusqu’au mont Aragats, point culminant de l’Arménie et ancienne terre d’accueil d’une station de recherche soviétique sur les rayons cosmiques. Des centaines de salariés il n’en reste désormais que 3, errant dans un lieu fantôme, incarnant à présent pour la photographe la solitude du peuple arménien.

© Yulia Grigoryants

D’un médium à l’autre, le cinéma à l’affiche de Photo Marseille

Du 14 au 23 octobre, Stéphan Zaubitzer, lauréat 2004 du World Press Photo, propose de découvrir Cinés-Mondes au centre Fermé le Lundi. Depuis près de 20 ans, le photographe parcourt le monde pour immortaliser les salles de cinéma de centres-ville. En activité ou désaffectés, ces lieux dédiés à l’image sont capturés à la chambre grand format.

© Stéphan Zaubitzer

Gilles Favier reçoit quant à lui au Zef au travers de Jusqu’ici tout va bien. La série présentée jusqu’au 30 juin est née sur le tournage de La Haine, film réalisé en 1994 par Mathieu Kassovitz et porté par Vincent Cassel. Dans ce hors champ consacré à la cité de la Noé à Chanteloup-Les-Vignes, où a été tourné le film, le photographe s’éloigne du making-of pour aller à la rencontre du quartier et de ses habitants, captant leur réaction devant ces vies rejouées face caméra.

© Gilles Favier

Plus de 100 points de vue documentaires et artistiques sur la photographie contemporaine

Marseille vibre au rythme de la photo, jusqu’à la Gare Saint-Charles et l’Hôpital de la Conception qui seront pour l’occasion la scène où prendra place Yanni Datessen. Le photographe y propose Rimbaud, une série pour laquelle il marcha durant 4 années sur les traces du poète, de Charleville-Mézières jusqu’à Marseille, pour mieux transmettre son œuvre aux nouvelles générations.

© Yann Datessen

Avec Mélanie, Vincent Gouriou continue son travail sur le corps, l’identité et le questionnement de la normalité en nous proposant de suivre à travers son objectif les pas d’une jeune bretonne transgenre. De 2015 à 2017, le portraitiste l’a accompagnée des cours de réassignation sexuelle à l’intimité de moments partagés en famille et auprès de son petit ami.

© Vincent Gouriou

Du 9 au 30 décembre, le public pourra découvrir Tout ce qui nous meut. La photographe marseillaise Céline Ravier y propose une sélection de photographies réalisées autour du monde. Toutes ont en commun de figer le mouvement et l’avancée inexorable des peuples, des ferries reliant Marseille à Alger aux prémices du Printemps arabe égyptien. Pour la photographe « cette série de photographies prises entre 2007 et 2020 témoigne de ceux qui, aux quatre coins du monde, se meuvent pour (sur)vivre, pour éprouver, pour aimer ».

© Céline Ravier

Avec plus de 100 écritures photographiques, 40 évènements dédiés à l’image et une vingtaine de lieux à découvrir en libre accès (sauf indications contraires), le festival Photo Marseille s’annonce comme un festival photo majeur de la saison.

La programmation du festival et l’annuaire des lieux d’exposition sont disponibles sur le site de Photo Marseille. Le festival est organisé par l’association Les Asso(s).