La VII Foundation propose un autre regard sur les nations ayant vécu le cauchemar de la guerre en s’intéressant à l’histoire de la paix. Imagine : Penser la Paix, né en collaboration avec les éditions Hemeria, est un ouvrage rempli d’espoir et d’optimisme, mêlant avec justesse textes et images.

La résilience pour panser les cicatrices du passé

Créée en 2001, la VII Foundation s’engage interroger la complexité socio-économique de nos sociétés. Par le biais d’actions et de publications documentaires, elle vise à explorer les problématiques en lien avec les droits de l’Homme.

Au fil de ses 408 pages, Imagine : Penser la Paix déroule l’histoire de la réconciliation, mais aussi les récits individuels de sociétés et de leurs habitants libérés de la violence du conflit. Combattants des FARC, des Khmers rouges, de l’IRA… Dans chaque camp les visages de la guerre sont nombreux, mais sous ce masque se lisent les mêmes séquelles dues à la violence physique et psychologique de la guerre.

Une combattante des FARC lave ses vêtements lors d’une halte pour la nuit dans la ville de Rio Mina, au Nord de la région de Naya. Rio Mina fut l’épicentre du massacre perpétré par des paramilitaires en 2001, où plus de 110 civils ont été tués. © Stephen Ferry

Imagine : Penser la Paix étudie les conditions ayant permis de sortir du conflit. Il s’interroge sur les conditions et les conséquences des processus de paix signés pour mettre fin aux différents conflits post-Guerre froide.

Le spectre des pays est vaste : Liban, Irlande du Nord, Bosnie, Rwanda, Cambodge et Colombie… Tous offrent à la VII Foundation l’occasion de mettre à l’honneur la résilience de ces territoires et de leurs populations. Encore aujourd’hui, le nom de ces pays porte évoque le souvenir des violences passées, mais aussi l’espoir d’un cessez-le-feu durable.

Graffiti sur un mur en bordure de Sarajevo. © Ron Haviv

Revenir sur les champs de bataille d’hier

Habituellement, la plupart des médias et photoreporters quittent les zones de conflit une fois l’armistice signé. Dans le cadre de ce projet, les photographes de guerre et journalistes partenaires de la Fondation sont retournés dans les pays dont ils avaient couvert les souffrances. Parmi les 150 images publiées, certaines proviennent de fonds d’archives, et d’autres ont été spécialement réalisées pour cet ouvrage.

Alors que Beyrouth, déchirée par la guerre civile était capturée par Don McCullin, ces mêmes rues renaissent sous l’objectif de Nickole Sobecki. Le photoreporter Ron Haviv revient quant à lui sur ses traces en Bosnie, où les années ont passé, sans que la situation n’ait beaucoup évolué. Un constat que dresse au Cambodge le photographe britannique Gary Knight, cofondateur de la VII Foundation.

Des Palestiniens fuyant une attaque à Beyrouth, au Liban, en 1976 © Don McCullin

Projet visuel et analyse collective de ce qui fait et maintient la paix, Imagine : Penser la Paix joint aux photoreportages de 8 photographes de guerre les témoignages d’analystes, de juristes, de victimes et de négociateurs, de porte-paroles de la paix et de la justice.

L’introduction de Imagine : Penser la Paix est signée par Jonathan Powell, ex-négociateur auprès du gouvernement britannique pour l’Irlande du Nord. La conclusion a été laissée aux soins de Samantha Power, ancienne ambassadrice des États-Unis pour les Nations unies. À ces textes décryptant la situation socio-économique de ces régions s’ajoutent également les témoignages poignants de survivants rescapés du génocide rwandais, des camps de concentration serbe ou les récits de réfugiées palestiniennes.

En 2017, Nedžiba Salihović et d’autres veuves de Srebrenica célèbrent la condamnation du général bosniaque Ratko Mladić pour son rôle dans le génocide de 1995. Salihović a perdu son mari et son fils au cours de ce massacre. © Ron Haviv

Un manifeste réaliste pour la sortie de conflits

Si le traité de Versailles signé entre la France et l’Allemagne en 1919 fut un échec qui mènera à un conflit mondial dévastateur, d’autres accords de paix ont su sceller une paix prospère et durable. Malgré des contextes politiques encore instables ou controversés, la paix offre la possibilité d’une vie meilleure, pour ces individus et pour les générations à venir. Entre réconciliation ou persistance de ressentiments et de tensions ethniques résurgentes, l’obtention d’une paix durable demeure l’enjeu véritable pour les peuples et leurs gouvernements. 

À l’Ouest de Mossoul, en Iraq, novembre 2018. Des écolières arrivent dans une école ayant récemment rouvert. Pour nombre d’entre elles, il s’agit de l’une des premières fois qu’elle peuvent se rendre à l’école depuis de nombreuses années. © Nicole Tung

Tirer des leçons du passé et avancer vers la réconciliation pour envisager l’avenir avec optimisme, sans nier les conséquences de la guerre, permettra certainement aux générations futures de comprendre l’Histoire pour éviter d’en répéter les erreurs. Imagine : Penser la Paix se veut comme une anthologie, un ouvrage facilitateur de débat et un drapeau blanc. Il vise à poser des mots sur la sortie du conflit, de permettre un premier pas vers l’armistice et le pardon, pour que l’idée de la paix deviennent peu à peu une réalité tangible.

En parallèle à la publication du livre, deux courts-métrages ont été réalisés par la VII Foundation : Elvis, et Rwanda, Beyond the Swamp. L’ouvrage Imagine Penser la Paix est disponible au tarif de 45 € sur le site des éditions Hemeria et à la Fnac. Les actions menées par la VII Foundation sont à découvrir sur son site Internet.