Cet été annonce une succession de festivals photo en plein air, dont le désormais incontournable rendez-vous photographique de Vichy. Pour cette 9e édition qui débute le 11 juin jusqu’au 19 septembre, le festival met en lumière le travail de 12 photographes sur le thème du portrait. Pour mieux soutenir la création hexagonale et aider les artistes à traverser la crise, le festival a choisi de célébrer exclusivement ses photographes français.

Le portrait français multiple

Temps fort de cette programmation : le travail de Frédéric Stucin, dont la résidence avait dû être reportée en raison de la crise sanitaire, s’affichera enfin à ciel ouvert cet été. C’est l’esprit sportif de Vichy qu’il a souhaité revisiter dans Endorphine, une série à l’ambiance digne d’un polar.

Stéphane, parapentiste (Vichy Parapente). Quai de l’Allier. Série Endorphine. © Frédéric Stucin, 2020

Si la programmation se veut française, les sujets, reportages ou créations intimes n’en demeurent pas moins ouverts sur le monde. Ainsi Ralf Marsault convie le spectateur au plus proche des communautés punks européennes tandis que la photographe franco-marocaine Mouna Saboni questionne la mémoire de nos identités en laissant ses mots effacer des photographies d’archives. La quête identitaire est également le point central du travail de Patrick Bard dont les images documentent le changement de vie et de genre de son neveu. Un photoreportage en résonance avec celui de Corinne Mariaud qui remet quant à elle en question les stéréotypes grâce à deux séries au style pop.

Horpe Area (Heino), Waterton Lakes, Californie. 1978 (rediscovered 2013). © Ralf Marsault

Sans titre, Tanger, novembre 1950. Série Ceux que nos yeux cherchent et ceux avant eux encore. © Mouna Saboni. Courtesy Galerie 127, Montreuil

La première apparition de Jean-Pierre en femme sur les bords de Marne à Champigny en 1988. Série Mon neveu Jeanne. © Patrick Bard / Signatures

Min, Séoul. Série Fake i Real Me, 2017. © Corinne Mariaud

Les collages du duo Mazaccio & Drowilal seront à l’honneur au Hall des Sources, l’occasion de découvrir leurs pêle-mêle fantaisistes composés de photographies glanées au gré des hasards. Avec ses portraits d’Isabelle Huppert, Carole Bellaïche célèbre la femme et l’actrice autant que la complicité féminine.

En Marlène, 1994. Série Isabelle Huppert. © Carole Bellaïche

Ancré dans son temps, Vichy offre à Antoine Agata l’opportunité de présenter Virus, un travail mené à l’aide d’un appareil thermodynamique pour mieux saisir la température des corps menacés. Yohanne Lamoulère arpente quant à elle les banlieues de Marseille pour capturer l’attachement des jeunes des cités à leurs terres bétonnées malgré les évolutions poussée par la politique de la cité phocéenne.

Gare du Nord. Paris, 13 avril 2020. Série Virus. © Antoine d’Agata / Magnum Photos. Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris

Cécilia. Marseille, 2017. Série Gyptis & Protis. © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Expositions et rencontres le long de l’Allier

Portrait(s) poursuit sa médiation artistique et propose au public de découvrir le travail de Dolorès Marat. Les commentaires des visiteurs, recueillis en amont, sont exposés dans la salle, questionnant l’œuvre de la photographe française.

Au fil de l’esplanade longeant les rives de l’Allier, dans le centre-ville de la cité thermale au sein de son centre culturel et désormais dans son célèbre Hall des Sources : la photographie est à l’honneur.

Infos pratiques :
Festival Portrait(s), rendez-vous photographique de Vichy
Du 11 juin au 19 septembre 2021
Entrée libre
En savoir plus sur le site de la ville de Vichy