Toulouse accueille jusqu’au 11 juillet 2021 sa nouvelle édition du festival MAP. Pour cette édition 2021, le festival photo rêve d’Italie. Les photographes italiens, franco-italiens et artistes français travaillant sur l’Italie y partagent donc le fruit de leurs recherches. Du regard que portent les photographes italiens sur le monde à celui que prêtent leurs confrères français à ce territoire aux multiples facettes, le festival MAP célèbre notre voisin transalpin.

© Claude Nori

Claude Nori, invité d’honneur

Natif de Toulouse, le photographe Claude Nori est l’invité d’honneur du festival emblématique de sa ville d’origine. Son amour du cinéma italien se mêle à ses propres souvenirs pour nous proposer des images cinégéniques récoltées le long de la côte adriatique de Capri à San Remo. L’insouciance de l’adolescence et de la période prête à ses photographies une douceur légèrement nostalgique.

© Dominique Laugé

La poésie se teinte d’un émerveillement pour la beauté de la Sicile chez Dominique Laugé. À Toulouse, le photographe propose de redécouvrir le fruit de sa « longue et heureuse déambulation photographique », un road trip photographique en monochrome alors guidé par les mots de Goethe.

Caroline Gavazzi

La nature est également au centre du travail de la photographe franco-italienne Caroline Gavazzi. Cette dernière propose de s’attarder sur les papillons dont elle guette l’apparition presque magique sur les feuillages.

De la mémoire collective…

D’autres, comme Julien Goldstein, revisitent les heures sombres du pays. Après avoir exploré l’histoire des anciennes républiques soviétiques, le photojournaliste a mis à profit sa résidence à la villa Médicis pour documenter le patrimoine architectural hérité de Mussolini. Ces paysages urbains des années 30 inscrivent dans la ville les cicatrices d’une nation.

© Julien Goldstein

Le photographe franco-italien Émilien Urbano navigue entre passé et actualité brulante. Sa série La Pelle (la peau), a pour toile de fond Naples, cité de tout menacée par la présence de la mort, de la silhouette inquiétante du Vésuve aux épidémies s’étant frayées un chemin aux détours de ses ruelles.

© Émilien Urbano

Avec Apice, Valeria Laurano invite le spectateur à imaginer l’histoire qui se cache derrière des photographies d’archives de cet ancien village, aujourd’hui détruit par les tremblements de terre successifs et vidés de ses habitants. Au travers de cette sélection, l’artiste napolitaine insuffle la force de la création dans un récit de destruction et d’abandon.

© Valeria Laureano

… au souvenir individuel

Le festival MAP Toulouse laisse toutefois la place à des narrations plus intimes. Pour sa première exposition française, Tua Sorella, l’italienne Veronica Barbato rend hommage à sa sœur disparue. L’artiste propose à Toulouse une installation entre pop et street-art.

© Veronica Barbato

Toulousaine d’adoption, Maud Wallet se voit offrir deux expositions par sa ville de cœur. Têtes de Quartier, commande de la ville, consiste en une galerie de portrait des habitants du quartier Bonnefoy, commerçants et habitants sont sur le devant de la scène dans cette exposition installée au sein même de leur quartier. Sa seconde exposition PI, s’intéresse au corps fragmenté, à la sensualité des courbes devenant presque abstraites, résultat d’un attentif tirage lith argentique.

© Maud Wallet

Pasquale Autiero met quant à lui en scène les portraits de ceux qui ont marqué sa vie dans cette « ville tempête » que Naples incarne pour ce photographe de l’expérimentation.

L’approche de Lucia Buricelli mêle hasard et documentaire. Guidée par sa curiosité elle propose des images se voulant autant exploration d’elle-même que du monde qui l’entoure et de ceux qu’elle y croise.

© Cristina Rizzi Guelfi

L’humour et l’ironie s’invitent à Toulouse sous la main de Cristina Rizzi Guelfi. En remplaçant les visages de selfies contemporains par des photographies provenant de banques d’images des années 50 à 60 la photographe interroge ce besoin tout autant obsessionnel que philosophique.

Ciro Battiloro et Giulia Frigieri lauréats MAP 2021

Deux prix récompensent le travail des photographes exposés à Toulouse. Ciro Battiloro s’est vu remettre le Grand prix MAP pour Sanità, enquête sur l’un des quartiers les plus densément peuplés de Naples où l’exclusion flirte avec la quête de sens et d’identité.

Le prix Révélation 2021 du festival revient à Giulia Frigieri. Lauréate de plusieurs prix et subvention c’est ici sa série Surfing Iran qui a enthousiasmé le jury toulousain. Elle y suit Shahla Yasini, première femme à avoir surfé en Iran, un projet au long cours sur cette inspirante pionnière devenue amie.

© Giulia Frigeri

Voyage narratif aux multiples facettes à la découverte de la péninsule italienne, le festival MAP est à découvrir à Toulouse jusqu’au 11 juillet 2021. Plus d’informations sur l’évènement sont proposées sur le site internet dédié.