Test DxO PureRAW, l’outil pour améliorer vos fichiers RAW en un clic

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DxO, l’éditeur français de logiciel photo, vient de dévoiler PureRAW, un nouveau logiciel dont le but est simple : améliorer vos fichiers images au format RAW avant la retouche. Ultraspécialisé, DxO PhotoRAW propose de supprimer le bruit numérique de vos photos en RAW ainsi que plusieurs défauts optiques comme les aberrations chromatiques, le vignetage, la distorsion ou le manque de piqué, le tout grâce à DxO DeepPrime, l’IA dédiée au dématriçage RAW.

Le logiciel s’intègre ainsi dans le flux de travail du photographe, en amont de Lightroom ou de tout autre logiciel d’édition photo, afin d’améliorer la qualité de vos images. Voici notre test du logiciel DxO PureRAW.

DxO PureRAW ⎢ Better RAW files made simple

 

DxO PureRAW : un débouché logique pour une expertise pointue

DxO dispose déjà de plusieurs logiciels à destination des photographes, comme la suite de plugins Nik Collection ou encore View Point, Film Pack et PhotoLab 4, l’outil le plus complet de l’éditeur. Mais avec DxO PureRAW, l’éditeur boulonnais souhaite tirer pleinement parti de ses mesures techniques sur plus de 60 000 combinaisons boîtiers/optiques pour offrir la correction d’image la plus performante du marché.

DxO DeepPrime dans PureRaw

Depuis sa création en 2006, DxO Labs est en effet reconnu pour son laboratoire dans lequel ont été mesurées les performances de centaines de boîtiers photo, en combinaisons avec des milliers d’objectifs pour ériger le fameux score DxOMark, le Graal des constructeurs photo et récemment des géants de la téléphonie.

Malgré la séparation entre les deux entités effectuée en 2018 – DxOMark Image Labs, en charge des tests est désormais une société indépendante – DxO Labs dispose d’une base de données d’apprentissage unique avec des millions d’images analysées. Parce que l’intelligence artificielle et le deep learning sont aujourd’hui très en vogue, DxO a lui aussi décidé d’exploiter au maximum son IA avec DxO DeepPrime, présentée pour la première fois en octobre dernier avec PhotoLab 4.

DxO PhotoLab 4 : nouvel outil DeepPrime basé sur l’intelligence artificielle

DxO DeepPrime est ainsi le dernier outil de dématriçage et de suppression du bruit numérique développé par DxO Labs, basé sur le deep learning, pour entraîner l’IA maison à partir de sa base d’images gigantesques. L’objectif : offrir le meilleur dématriçage du marché et réduire le bruit numérique sur la photo.

Améliorer vos photos RAW avant retouche

Alors que DxO propose certains logiciels comme plugins pouvant être utilisés au sein d’éditeurs comme Photoshop ou Lightroom, DxO PureRAW offre une approche différente. Celui-ci doit ainsi être utilisé en amont de votre éditeur photo favori, un peu à la manière de Photo Mechanic pour décharger vos cartes mémoires et faire un premier éditing rapide de vos photos.

Le flux de travail et simple et l’interface minimaliste. Au lancement du logiciel, il suffit de glisser-déposer une image ou un dossier d’images, télécharger les corrections optiques pour le ou les appareils photo utilisés, puis choisir le niveau de débruitage, qui est le seul réglage à choisir.

Importation dans DxO PureRaw

Il n’est pas possible d’effectuer un quelconque tri ou organisation des photos placées dans le logiciel. Par exemple pour ne sélectionner que les photos au-delà d’une certaine plage ISO, ce qui peut être pénalisant si vous ne savez pas quels RAW nécessitent un traitement – et que vous ne voulez pas transformer toute votre bibliothèque. On sent ainsi que l’interface, minimaliste, peut vite sembler austère et peu pratique avec de nombreuses photos à analyser.

On peut ainsi opter pour trois méthodes de réduction du bruit :

  • HQ : la plus simple et rapide, adaptée pour les photos prises en plein jour et avec un éclairage normal
  • Prime : issue de la technologie de réduction de bruit PRIME de DxO, cette méthode est adaptée pour les images à hauts ISO et faible luminosité, mais prend plus de temps
  • DeepPrime : c’est la méthode la plus efficace, basée sur l’IA DeepPrime de DxO. C’est également celle qui nécessite le plus de ressources, et il est conseillé d’utiliser un GPU.

Sur notre machine (MacBook Pro 13 pouces 2019 avec puce graphique intégrée), le temps de traitement est multiplié par 8 entre HQ et DeepPrime, allant de 15 secondes à environ 2 minutes pour une seule image (Prime se situant au milieu avec environ 1 minute). Le choix de la méthode dépendra donc de la puissance de votre ordinateur et du temps que vous avez devant vous, même s’il est conseillé d’opter pour DeepPrime pour le meilleur résultat peu importe l’image.

Ensuite, vous choisissez le format de sortie, entre JPEG (qualité de 10 à 100) pour un usage immédiat, ou DNG (un format RAW ouvert) pour un traitement plus poussé dans un logiciel d’édition photo. Vous pouvez enregistrer les photos optimisées dans un dossier « DxO » à l’emplacement initial de l’image, ou bien choisir un dossier personnalisé. DxO PureRAW prend bien entendu en charge le traitement par lots.

Optimisation dans DxO PureRaw

Après optimisation, une petite étoile turquoise se trouve au-dessus de l’image pour la reconnaître. L’interface permet de sélectionner les photos optimisées ou non optimisées pour affiner votre optimisation.

Une fois le traitement terminé, vous pouvez facilement exporter vos fichiers RAW optimisés vers un logiciel photo compatible présent sur votre ordinateur. Dans la version 1.0 que nous avons testée, malgré la présence de Capture One ou Luminar AI sur notre ordinateur, DxO PureRAW ne nous proposait que Lightroom, Lightroom Classic, Photoshop et Photoshop Elements d’Adobe.

Le logiciel peut utiliser votre GPU (carte graphique) si cette dernière est compatible, afin d’accélérer le temps de traitement des RAW. A noter que PureRAW, comme PhotoLab, n’est malheureusement pas (encore ?) compatible avec les RAW des capteurs X-Trans Fujifilm.

Dématriçage et débruitage optimisés pour la qualité d’image

Tout logiciel photo traitant du RAW passe par la case du dématriçage, qui constitue à transformer le signal brut issu du capteur de l’appareil afin d’obtenir une image en couleurs. Alors que la majorité des logiciels gèrent le dématriçage en premier puis la réduction du bruit, entrainant une perte de qualité, DxO PureRAW adopte une approche différente selon son éditeur. Ainsi, l’IA DeepPrime combine le dématriçage et la réduction du bruit dans une même étape, ce qui a pour effet de réduire la quantité de bruit et conserver des détails, notamment en basse lumière et dans les transitions de couleurs.

DxO PureRaw
Processus d’optimisation de l’image dans DxO PureRAW

Ce logiciel devrait ainsi plaire aux photographes disposant de RAW réalisés avec des boîtiers où les hautes valeurs ISO engendraient beaucoup de bruit.

Voici par exemple le détail 100% d’un fichier RAW à haut ISO après optimisation avec PureRAW :

Comme on peut le voir sur ce RAW pris à 51 200 ISO, sur la partie droite de l’image, le bruit numérique a complètement disparu. Restera ensuite la balance des blancs à corriger dans Lightroom pour obtenir le rendu final.

Sur cette seconde photo, prise en 2013 dans la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes avec un Sony RX100 à 800 ISO, on voit également le travail effectué dans la réduction du bruit numérique sur le DNG optimisé. C’est notamment visible en arrière-plan sur les écritures floues, où le bruit a complètement disparu. On notera également que la surface de la statue est également plus lisse et plus nette.

DxO PureRaw

Le logiciel applique également un traitement différent selon la zone de netteté, permettant de conserver un bokeh doux et propre tout en augmentant la netteté sur les zones où s’est faite la mise au point.

Correction optique : fastoche

DxO PureRAW permet également de corriger les principaux défauts optiques présents à l’image, et ce grâce à ses modules optiques disponibles pour quasiment l’ensemble des objectifs du marché. Cela permet d’appliquer des corrections optiques personnalisées selon le duo boîtier + objectif.

DxO PureRaw

Une fois les modules optiques téléchargés pour les images à optimiser, DxO PureRAW peut venir corriger les distorsions optiques et autres aberrations.

RAW original
DNG optimisé : la distorsion optique a été corrigée

À la clé, une excellente correction de la distorsion, du vignetage, des aberrations chromatiques ainsi qu’une amélioration du piqué. DxO PhotoLab et ViewPoint étaient déjà connus pour cela, et l’éditeur apporte désormais cela à n’importe quel fichier RAW, peu importe le logiciel que vous utilisez.

En parlant du piqué, la correction est particulièrement visible pour une raison simple : les fichiers RAW sont généralement peu piqués et nécessitent une dose de sharpening après le dématriçage. En passant par DxO PureRAW puis Lightroom Classic, le DNG est très piqué dès l’importation et il faudra veuillez à ne pas suraccentuer la netteté lors de l’exportation finale.

Donner une seconde vie à vos anciens RAW

Après Adobe et la Super Resolution pour agrandir vos anciennes photos réalisées avec de petits capteurs, place à DxO et à l’amélioration de vos anciens RAW, grâce à PureRAW et la puissance de DeepPrime.

Comme vous le savez, le format RAW est un fichier négatif qu’il n’est pas possible d’altérer, contrairement au JPEG qui se dégrade à chaque enregistrement (et compression) du fichier. Pour appliquer ses corrections, DxO PureRAW enregistre ainsi le nouveau RAW corrigé au sein d’un DNG, qui sera lisible dans la plupart des logiciels photo, notamment ceux d’Adobe. À noter que le format DNG peut ajouter de l’embonpoint à vos images. Durant notre test, PureRAW a souvent transformé notre RAW de 20 Mo en DNG de 60 Mo.

Prix et disponibilité de DxO PureRAW

DxO PureRAW est disponible dès aujourd’hui pour Windows et macOS au tarif de 129 €.

Une version d’essai gratuite de 30 jours est également disponible sur le site de DxO.

DxO PureRAW, au service de vos fichiers RAW

Nous avons pu tester DxO PureRAW sur de nombreux RAW récents et anciens, et nous pouvons dire que nous sommes surpris par les très bonnes performances du logiciel.

DxO réussit avec PureRAW à améliorer la qualité d’image de nos fichiers RAW, offrant davantage encore de latitude au moment du traitement fin de l’image dans un logiciel comme Lightroom. La réduction de bruit, l’amélioration des détails ainsi que les corrections optiques sont très bonnes et l’intelligence artificielle DeepPrime semble vraiment aboutie.

DxO PureRaw

Par contre, il faudra être patient pour le traitement de vos images, et anticiper ce passage à la moulinette, tant en termes de temps de traitement que de stockage supplémentaire, le DNG étant souvent 3 fois plus lourds que le RAW original avec DeepPrime. Gageons que les prochains processeurs – notamment les SoC d’Apple – offriront une plus grande célérité à l’ensemble, surtout sur ordinateur portable. Pour le moment, DxO PureRAW sur macOS n’est pas optimisé pour Apple Silicon. 

On notera toutefois que DxO PureRAW souffre d’une ergonomie un peu brouillon. L’interface, bien que minimaliste, mériterait davantage d’attention, et DxO rate là une occasion d’allier optimisation des RAW avec un prétri efficace – même basique – de ses images, afin d’accélérer le flux de travail du photographe. Des options de tri – pour faire ressortir les photos qui méritent le plus une optimisation, selon la sensibilité ISO par exemple – seraient bienvenues.

On notera aussi que le logiciel, proposé à 129 €, pourra paraître un peu onéreux pour les photographes qui ne sont pas habitués à payer pour un service d’optimisation de leur RAW. Malgré tout, PureRAW réussit son pari d’offrir les meilleures performances à partir de vos fichiers RAW, avec un niveau de qualité vraiment exceptionnel – sans exagération – qui permettra d’obtenir une très bonne base pour le développement RAW dans votre logiciel photo préféré.

Test DxO PureRAW, l’outil pour améliorer vos fichiers RAW en un clic
Ergonomie / Facilité d'utilisation
7.5
Fonctionnalités
7.5
Performances
9
Qualité du résultat
9
Points forts
intégration au flux de travail du photographe
qualité de la dérawtisation et du débruitage
corrections efficace des distorsions et aberrations optiques
IA DeepPrime très performante
Permet de redonner vie à d'anciens RAWs qui manquent de piqué
Points faibles
interface un peu brute
options de tri et classement – même basiques – absentes dans la v1
ordinateur rapide nécessaire pour le traitement par lots
DNG optimisés jusqu'à 3x plus lourds
Pas de support pour les RAW X-Trans Fujifilm
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  1. Bsr,
    enfin c’est peut être valable pour ceux qui n’ont pas DXO 4, et tous les
    fichiers n’ont pas besoin de passer par DeepPrime, du moins pour moi.
    Je vois mal dépenser 129€ pour ce logiciel !
    Mais j’ai peut être tord !!!

  2. Dommage, comme pour PhotoLab, PureRaw ne prend pas en charge les RAW des appareils Fujifilm à capteurs Xtrans 😓

  3. Poids des fichiers, nécessité d’avoir une configuration matériel musclée quand bien même on peut l’intégrer à un flux de travail…. je ne vois pas l’intérêt d’investir si c’est pour gagner un peu de qualité dans le dématrissage des RAW (le débruitage n’est plus un argument aujourd’hui + la correction optique est très bien gérée par les logiciels concurrents) et perdre un temps fou et de l’espace de stockage = BOF BOF !

  4. Je viens d’essayer un raw dans les 2 logiciels, j’ai préféré celui rentré de DXO PL4
    plutôt que celui de DXO PR mais faut approfondir !
    129€ (-30%) pour juste quelques fonctions c’est pas donné… mais cela peut éviter
    de mettre 150€…
    Pour celui qui n’a pas DXO PL4 et qui veut le super DeepPrime, c’est une solution !
    Je dois utiliser DeepPrime pour environ 10% de mes raw…

  5. J’ai testé, en préparation des RAWs d’un A7RIII, traités ensuite dans Capture One.
    J’ai utilisé uniquemement DeepPrime.

    Quelques feedbacks :
    – les résultats sur les hauts ISO sont super impressionnants. Des images à 32000 iso semble être à 6400 avec C1.
    – même sur des niveaux d’ISO bas, j’ai globalement j’ai préféré le rendu de PureRaw+C1 que C1 tout seul. (Meilleur rendu des détails normalement, sur des tailles d’impression/affichage courantes)

    Concernant quelques réserves:
    – Pureraw a parfois un impact important sur les couleurs.
    C’est assez aléatoire : parfois identique à C1, et parfois des teintes super prononcés qui rende le ciel verdâtre.
    – effectivement le poid des RAW devient énorme, et celui des JPG qui en résulte après traitement C1 aussi. (en gros x2,5)
    – à 100% l’image peut parfois sembler trop accentué / trop de microcontraste. (J’imagine que c’est ce qui contribue à la hausse du poids des images).
    Bon, sur un A7RIII je n’imprime presque jamais à 100%, mais à voir si un jour j’ai un gros besoin de recadrage.

    à suivre…