Les gratte-ciels de Hong Kong représentent une source d’inspiration notable pour les photographes. Pourtant, le travail d’Alexey Kozhenkov se distingue par son approche minimaliste et utopique, qui met en lumière les lignes géométriques de l’architecture brutaliste de ces bâtiments, comme figés dans le temps dans une atmosphère aux couleurs pastel.

© Alexey Kozhenkov

Ambient Metropolis light : rêveries brutalistes

Lorsque l’on évoque Hong Kong se déploie presque immédiatement un imaginaire fait de gratte-ciels futuristes. Façades scintillantes, néons criards, marée confuse de couleurs, de sons et de lumières. De fait, la démarche d’Alexey Kozhenkov est d’un grand intérêt. En effet, elle offre une représentation à contre-pied des immeubles d’habitations de la mégalopole.

Dans une ambiance pastel, les bâtiments s’offrent au photographe qui y appose son style, éminemment minimaliste. Alors que Hong Kong fait partie des villes les plus densément peuplées au monde, Alexey Kozhenkov choisit de la vider de ses habitants. Les immenses immeubles en béton, construits dans les années 1980, semblent ainsi hors du temps, enchevêtrement complexe de formes géométriques.

© Alexey Kozhenkov

Simple témoignage ou nostalgie d’une époque révolue ?

L’architecture de ces immeubles s’inscrit dans la mouvance brutaliste. Ils sont ainsi le reflet d’une ère de changements majeurs pour Hong Kong. Au cours des années 1980, la ville débute une phase de densification sans précédent, donnant naissance à ces immenses constructions verticales. Ces constructions se voulaient modernes à leur époque de construction, mais ont considérablement vieilli. Ils sont donc un témoignage direct de ce qu’étaient les années 80 à Hong Kong, explique Alexey Kozhenkov.

© Alexey Kozhenkov

 » En me promenant dans la ville, j’ai été complètement captivé par l’atmosphère magique des quartiers de la ville construits dans les années 80. J’ai passé presque tout mon voyage à errer parmi ces immenses bâtiments décrépis. Un léger smog devant le soleil brûlant de Hong Kong, des couleurs pastel, d’immenses complexes résidentiels aux teintes patinées, de vieilles enseignes au néon, des retraités écoutant une radio portable dans les cours et jouant à des jeux de société… et quelque chose qui ne peut pas être exprimé par des mots », décrit le photographe, qui s’est formé en autodidacte. « Pour moi qui viens de Russie, c’était vraiment une expérience visuelle formidable », résume-t-il.

© Alexey Kozhenkov

Ambient Metropolis light : restituer l’atmosphère particulière de ces lieux

Pour Alexey Kozhenkov, l’enjeu de cette série était également de témoigner de l’atmosphère réelle de ces immenses complexes. « J’ai vraiment limité au maximum mon post-traitement sur mes images », explique le photographe, qui indique simplement avoir réduit le niveau de contraste et corrigé les distorsions de ses images.

« Pendant longtemps, je n’arrivais pas à construire un ensemble cohérent à partir de mes photos. C’est seulement 6 mois plus tard, en revoyant de temps à autre mes clichés, que j’ai réalisé en une nuit comment construire un récit cohérent à partir de mes nombreuses photos. J’ai ainsi construit une sélection de 15 images, que j’ai ensuite ramenée à 10 clichés« , explique le photographe.

© Alexey Kozhenkov

Il en résulte une série de photos particulièrement intéressante, tant dans le choix du sujet que dans sa restitution. L’atmosphère pastel, la présence humaine quasiment écartée, la gestion subtile des couleurs et des contrastes contribue à créer un style visuel pertinent et esthétique.

Retrouvez le travail d’Alexey Kozhenkov sur Instagram et sur Behance.