Kodak Alaris aurait vendu son activité papier et chimie argentique au chinois Sino Promise Holdings. L’information provient du média australien Inside Imaging qui indique qu’une annonce interne aurait été faite début juillet chez Kodak Alaris.

Kodak Alaris a été créé suite à la faillite de Eastman Kodak en 2012 et à la restructuration de ses activités, après notamment plusieurs ventes de brevets à de grandes sociétés technologiques comme Apple et Google.

Face à une réclamation de 2,8 milliards de dollars du fonds de pension britannique Kodak (Kodak Pension Plan, ou KPP2), ce dernier a racheté Kodak Alaris pour 325 millions de dollars en cash, car il était certain que Eastman Kodak n’était plus capable d’honorer ses obligations en matière de pension retraite à l’égard des employés actuels et anciens au Royaume-Uni. Kodak Alaris dispose alors des droits pour la marque Kodak sur les activités d’imagerie personnelle et d’imagerie documentaire.

Les divisions actuelles de Kodak Alaris sont les suivantes :

  • Kodak Moments : l’activité imagerie grand public qui regroupe les services photo en ligne, les bornes photo, etc.
  • PPF (papier, chimie photo et film)
  • les scanners de documents Alaris
  • les logiciels professionnels AI Foundry

Depuis 2018, Kodak Alaris cherche à revendre les activités de la division PPF (papier, chimie photo et film) à un acteur avec des synergies plus importantes. L’activité, valorisée de manière conservative à 34 millions de dollars en 2019, était proche de trouver un acquéreur mi 2019, mais il semblerait que le processus ait été retardé. Eastman Kodak était même prête à racheter cette activité avant l’offre de Sino Promise.

La société chinoise Sino Promise Holdings (SPH), qui devrait racheter une partie des activités argentiques de Kodak Alaris, n’est pas nouvelle dans ce monde. Créé en 1993, Sino Promise Holdings se présente comme « le plus grand distributeur de produits Kodak Alaris au monde » et fabrique de nombreux produits Kodak (papier et chimie) dans ses usines localisées en Chine.

Si SPH n’a pas encore confirmé ce rachat, ce dernier a du sens : SPH fournit déjà les papiers et la chimie Kodak à plus de 8 000 revendeurs dans les zones Asie Pacifique et Russie. SPH a également racheté dans le passé une usine à Kodak pour la fabrication de papiers, films et chimie sous la marque Kodak. Ici, le distributeur – qui fabrique également certains produits – pourrait racheter le fabricant et ses droits d’exploitation, ce qui semble cohérent.

Sur le stand de SPH au salon PHOTO & IMAGING SHANGHAI 2020

Selon Inside Imaging, l’activité papier et chimie représente environ 56 % des activités PPF, tandis que les films en représentent 36 %. L’activité de films argentiques, qui n’est pas concernée par la vente, devrait être transférée à Kodak Moments.