Depuis plus de 10 ans, le biologiste Alexander Semenov photographie les fonds-marins en Russie. Chef de l’équipe de plongée scientifique de l’Université d’État Lomonossov de Moscou, il s’est spécialisé dans la faune d’eau froide, au cœur de la Mer Blanche, tout au Nord de la Russie. Il en ressort des images spectaculaires, aux couleurs vibrantes. Son travail a notamment été publié par le National Geographic ou le Time Magazine.

© Alexander Semenov

Le photographe d’une vie cachée

Aujourd’hui, on connaît mieux la surface de la planète Mars que nos océans. Les mers qui touchent les pôles de notre planète restent peu explorés. Alexander Semenov cumule chaque année des semaines de plongée sous la glace polaire de la mer Blanche. Il documente la vie animale qui regorge dans ces eaux. « C’est un univers entièrement différent. Rien de tel que la vie que nous avons sur terre : pendant que certains rêvent de formes de vie extraterrestres, je photographie un autre univers ici bien plus proche », explique-t-il.

© Alexander Semenov

Cette faune, cachée sous la banquise six mois par an, est particulièrement difficile à atteindre. « L’étude de la faune des eaux froides est très difficile car les conditions sont extrêmes à la fois dans et hors de l’eau », explique-il à PetaPixel. « Les températures glaciales, la banquise, les courants et le fait que le travail sur le terrain n’est possible que pendant quelques mois chaque année rend l’exploration compliquée », ajoute le photographe.

© Alexander Semenov

Documentariste d’une faune abondante

Ainsi, Alexander Semenov attend une période précise où les conditions sont optimales pour l’étude et la photographie de cette « faune d’eau froide« . « En hiver, l’eau de la mer Blanche est incroyablement claire. Lors des nuits polaires, il n’y a pas de soleil – donc pas de photosynthèse. Par conséquent, l’eau aura moins d’organisme microscopique pouvant troubler l’eau », explique le photographe. « La présence de glace à la surface empêche la formation de vagues, donc l’eau est le plus souvent limpide. C’est très important car cela permet d’avoir une visibilité allant jusqu’à 40 à 60 mètres, tandis que pendant plus de six mois, la visibilité dépasse rarement 6 à 8 mètres » conclût-t-il.

© Alexander Semenov

C’est lors de ces expéditions que le scientifique remonte à la surface ces incroyables clichés de cette faune sous-marine. De la même manière que des territoires comme la forêt amazonienne, des dizaines de nouvelles espèces sont découvertes chaque année. « Chaque mètre carré de ces fonds marins abrite des milliers de créatures différentes. Ce n’est qu’une vaste forêt colorée de vie : des « anges de la mer » (des mollusques de la famille des ptéropodes) aux méduses à crinière de lion d’une beauté étonnante, scintillant comme de petits arcs-en-ciel », raconte-t-il.

© Alexander Semenov

Un univers hors du temps

Les fonds marins où l’obscurité domine créent un décor photographique spectaculaire. Les créatures qu’Alexander Semenov nous révèle semblent provenir d’une autre planète, et sont l’unique trace de lumière colorée dans cet espace hors du temps. Après près de 13 ans en tant que photographe sous-marin, sa source d’inspiration semble bel et bien inépuisable.

© Alexander Semenov

Retrouvez le travail évasif d’Alexander Semenov sur son site Internet. Regardez son film documentaire sur Youtube.