Dans le cadre de l’évènement Engagement, le Centre d’art et de photographie de Lectoure expose du 19 octobre au 9 décembre 2019 les travaux de Laetitia Tura et Carlos Aires.

Engagement, 21 expositions sur 10 régions en France

Entamé le 28 septembre dernier pour une durée de cinq mois, l’évènement Engagement est une occasion pour le Réseau Diagonal et le Centre national des arts plastiques (Cnap) de questionner la photographie, ses sujets, ses productions et ses acteurs.

Laetitia Tura, série Ils me laissent l’exil – Les Républicains espagnols © Laetitia Tura / Marie-Olga Rovira et ses amies au camp de Rivesaltes, photographie prise par son mari Louis Rovira en 1942 (archives familiales) Ruines du camp de Rivesaltes, 2011, Louis Rovira, 2011

Au travers de quelques 21 expositions réparties sur 10 régions françaises, le public est ainsi appelé à découvrir ce dont les images elles-mêmes ne rendent pas toujours compte : quels sont les sacrifices de celui qui les a réalisées ? Quels sont les engagements et les combats de ceux qui font l’objet de la photographie elle-même ? Qui sont les chevilles ouvrières du monde de la culture et comment se mobilisent elles pour produire, montrer, projeter et conserver ces instantanés que le photographe capture.

Pour Michaël Houlette, Secrétaire du réseau Diagonal et Directeur de la Maison de la Photographie Robert Doisneau, Engagement a vocation à « porter les parcours et les paroles parfois militantes de toutes les figures qui incarnent les images photographiques, derrière le viseur ou devant l’objectif ».

Wolfgang Tillmans, Smoker chemistry, septembre 1992, FNAC 94105 (7), Centre national des arts plastiques, © Wolfgang Tillmans / Cnap

Exposition photo Paysage d’exil à Lectoure

Fort de cette dynamique, le Centre d’art et de photographie de Lectoure ouvrira au public les portes d’une nouvelle exposition du 19 octobre au 8 décembre 2019 : Paysage d’exil. Au travers de 4 œuvres de Carlos Aires et d’une série photographique de Laetitia Tura, le Centre d’art fait ainsi le pont entre le propos d’Engagement et le 80ème anniversaire de la Retirada, exode des réfugiés espagnols ayant fait suite à la chute de la Seconde République espagnole et de la victoire du général Franco.

« A une époque où les problématiques migratoires et identitaires sont particulièrement actives, se souvenir de la Retirada en 2019 c’est aussi engager les habitants d’un pays, d’un territoire à une vigilance républicaine quant à la défense de nos idéaux démocratiques, de liberté et de progrès social » expliquent Marie-Frédérique Hallin et Valentin Rodriguez, tous deux commissaires de l’exposition.

Laetitia Tura, série Ils me laissent l’exil – Les Républicains espagnols © Laetitia Tura / Dolorès Tejado – Montendre, 2013 Passage par le col d’Arès, 2013 Le dernier billet de 100 pesetas de Dolorès, 2016

Artiste française, Laetitia Tura vit et travaille aujourd’hui en Espagne. Réalisée à partir de collectes de photographies, d’entretiens et de prises de vue, sa série « Ils me laissent l’exil – Les Républicains espagnols » (2009 – 2013) questionne nos mythologies politiques et participe d’une déconstruction de ce vaste objet que sont les « frontières ». Convaincue de la nécessité d’allier le son à l’image, Laetitia Tura a notamment co-réalisé avec Hélène Crouzillat son premier long métrage documentaire, Les Messagers. Sorti en salle en 2015 et sélectionné dans de nombreux festivals, ce dernier traite de la disparition des exilés aux frontières de l’Europe.

Espagnol, Carlos Aires, se consacre, lui aussi, aux déterminants de notre perception et à la thématique de l’exil. Qu’il s’agisse de la manière dont les évènements historiques sont documentés ou de nos stéréotypes et clichés, ce premier prix des jeunes artistes andalous tente de lever le voile que nous (im)posons sur le réel. 4 œuvres dont la vidéo Sweet Dreams are made of this (2016) et la série photographique Long Play (2011) sont présentées au public. Relatives à l’exil ou réalisées dans le cadre de celui de l’artiste en Belgique, ces travaux élargissent le champ de la photographie à ceux du film, de la sculpture ou de la danse.

Carlos Aires, Sweet Dreams (are made of this), 2016, vidéo, 4’21 ; photographie courtoisie Carlos Aires © Adagp, Paris, 2019

Infos pratiques :
Exposition Paysage d’exil
Du 19 octobre 2019 au 8 décembre 2019
Centre d’art et de photographie de Lectoure – 8 Cours Gambetta 32700 Lectoure
Du mercredi à dimanche, de 14h à 18h
Tarifs : entrée libre
centre-photo-lectoure.fr