Depuis peu, Sigma propose certaines de ses focales fixes en monture Sony E. Il s’agit, pour l’instant uniquement, de certains objectifs de la gamme ART. L’objectif ultra grand-angle Sigma 14 mm f/1.8 DG HSM Art en fait partie. Cette optique, annoncé à l’occasion du CP+ 2017 (Salon de la photo japonais) a initialement été développé pour une utilisation avec des reflex 24 x 36 mm Canon et Nikon ou hybrides APS-C en monture Sigma. Elle a donc dû être adaptée (allonge de la base de l’objectif, nouvelle baïonnette et connecteurs, nouveaux algorithmes de contrôle) pour tenir compte du plus faible tirage des hybrides Sony en monture E.

Nous avons testé cet objectif afin de voir si ce 14mm f/1.8 offre une solution grand angle agréable pour les possesseurs d’hybrides plein format Sony.

Sigma 14 mm f/1.8 DG HSM Art (monture Sony E)

Ce n’est pas l’unique focale fixe grand-angle proposée par Sigma. En effet, on trouve au catalogue et en monture E un 20 mm f/1.4, un 24 mm f/1.4 et prochainement un 28 mm f/1.4. Ce 14 mm est la focale la plus large et la seule, à l’heure actuelle, à proposer une aussi grande ouverture maximale f/1.8 (toutes marques confondues).

Présentation du Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM

Ce 14 mm est une focale fixe ultra grand-angle conçue en partie pour les férus de paysage, d’architecture et dans une certaine mesure de reportage. Elle dispose d’une très grande ouverture f/1.8 associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles (ouverture minimale f/16) qui permettra de jouer un peu avec la profondeur de champ (pas facile en ultra grand-angle, même avec des objectifs très lumineux) et d’être très à l’aise dans de faibles conditions lumineuses. Cette optique appartient à la collection Art de Sigma : c’est donc un objectif orienté très haut de gamme.

1/30 s. – f/8 – 400 ISO

Sa formule optique est complexe et composée de pas moins de 16 lentilles différentes organisées en 11 groupes. Parmi elle, on retrouve quatre lentilles asphériques (dont une lentille frontale de 8 cm de diamètre pour limiter les distorsions), trois verres FLD (faible dispersion) et quatre verres SLD (très faible dispersion) afin de limiter les aberrations chromatiques.

La mise au point est assurée par une motorisation HSM. La distance minimale de mise au point est de 27 cm. L’objectif qui mesure 12,6 cm de long, 9,4 cm de diamètre et pèse 1,12 kg est protégé contre les intempéries au niveau de la baïonnette.

Formule optique du Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM

Cet objectif a donc été initialement développé pour les reflex Canon et Nikon 24×36 mm et les hybrides APS-C Sigma. Il est donc naturellement disponible dans ces trois montures : Canon EF, Nikon F, Sigma SA. Puis Sigma a décidé de l’adapter (en natif) à la monture E de Sony. En monture E, il est capable de couvrir le format 24×36 mm et donc d’être utilisé avec les hybrides Sony A7/9 24×36 mm et les modèles APS-C. Dans ce cas, ce 14 mm équivaut alors à un 21 mm (coefficient de conversion de 1,5X). Notons aussi, que Sigma propose une déclinaison de cet objectif pour le cinéma (en monture Canon EF, Sony E ou PL) : 14 mm T2 FF.

Il est préférable de préciser que des personnes ayant déjà cet objectif (version photo) en monture Canon EF, Nikon F et Sigma SA peuvent demander (moyennant finance) un changement de monture auprès de Sigma (programme MCS) pour les passer en version Sony E. Les utilisateurs de la version Canon EF peuvent aussi utiliser la bague d’adaptation MC-11 pour Sony E.

Voici les caractéristiques techniques complètes de l’objectif Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM :

  • type d’objectif : focale fixe
  • monture : canon EF, Nikon F, Sony E-mount, Sigma SA
  • format couvert : 24×36 mm
  • focale ou plage de focales : 14 mm
  • équivalent APS-C : 21 mm
  • construction : 16 éléments répartis en 11 groupes
  • éléments spécifiques : 4 lentilles asphériques, 3 verres FLD, 4 verres SLD
  • ouverture maximale : f/1.8
  • ouverture minimale : f/16
  • nombre de lamelles du diaphragme : 9
  • autofocus : oui, moteur HSM
  • distance minimale de mise au point : 27 cm
  • rapport de grossissement maximal : nc
  • stabilisation optique : non
  • diamètre filtre : non applicable
  • tropicalisation : oui au niveau de la baïonnette
  • poids : 1,12 kg
  • dimensions : 9,4 x 12,6 cm (DxL)
  • pare-soleil : oui, fixe
  • étui de protection : oui, semi-rigide

Prise en main du Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM sur le Sony A7 III

Le Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM est un très bel objet. L’objectif imposant, massif et dense fait de l’effet. Le design est très soigné et particulièrement bien réussi. Au programme, du noir, du blanc (pour les inscriptions de rigueur) et de beaux matériaux que ce soit à l’oeil ou au toucher. L’objectif est dans l’ensemble assez discret et très élégant. Son corps est réalisé avec plusieurs matériaux : du métal et différents plastiques mats légèrement texturés. La baïonnette est réalisée en laiton et est protégée contre les intempéries.

La qualité de fabrication est irréprochable et le niveau des finitions très élevé. Sur son fût, on retrouve les informations de rigueur assez rudimentaires : caractéristiques de base (14 mm 1:1.8 DG), logo de la marque et pastille argentée pour la collection Art, année de la formule optique (017 pour 2017), repère de montage de baïonnette (E-mount) et la mention Made In Japan.

On retrouve sur la frontale une belle lentille bombée protégée par la présence d’un pare-soleil en corole fixe (il permet, entre autres, de poser l’objectif tête en bas sur une table). C’est donc un objectif à encombrement constant et ce quelque soit la distance de mise au point (mise au point interne ici).

Bien que très valorisante à l’oeil, cette lentille frontale bombée rend impossible l’utilisation de filtres pourtant si chères aux photographes de paysage. Sur la version Canon EF, il sera possible de demander à Sigma, moyennant finances, d’installer un porte filtre à l’arrière de l’objectif. Cette option n’est pas proposée pour les autres montures.

Sigma 14 mm f/1.8 DG HSM Art (monture Sony E)

Cet objectif est lourd et imposant, tout du moins comparé au calibre “minimaliste” des hybrides Sony 24×36 mm série A7. Sur la balance, il faut compter 1,12 kg. C’est donc près du double du poids d’un A7 III (650 grammes) ! En longueur, il mesure 12,6 cm de long et en diamètre (au plus large et au plus éloigné du boîtier) 9,4 cm.

Avec un A7, la prise en main est donc loin d’être agréable. L’ensemble est lourd (près de 1,8 kg) et très mal équilibré avec un centre de gravité très en avant sur l’objectif. Résultat, en mains, l’ensemble a tendance à plonger vers l’avant et il faut donc forcer au niveau du poignet pour le maintenir à niveau. Sur de très courtes séances de prises de vues, ce n’est pas un problème, mais sur de longs moments à main levée, cela devient vite très désagréable.

Sigma 14 mm f/1.8 DG HSM Art (monture Sony E)

La bague de mise au point manuelle est positionnée sur la partie la plus large de l’objectif juste avant le pare-soleil. Elle est assez large et confortable à utiliser. Son grip est parfait. Elle a l’avantage de disposer de repères de butée dès que l’on atteint la distance minimale de mise au point et l’infini. Le mécanisme de cette bague est directement relié au bloc de mise au point optique. Son maniement permet de directement déplacer ce bloc contrairement à d’autres technologies qui passent par l’intermédiaire d’un moteur.

Cette bague a une belle fluidité (ni trop souple, ni trop dure) ce qui confère une bonne précision. Sa course est assez faible. Enfin, on dispose, sur le dessus de l’objectif, d’un indicateur de distance de mise au point dynamique associé aux repères d’ouverture pour estimer la profondeur de champ.

Sigma 14 mm f/1.8 DG HSM Art (monture Sony E)

Enfin, sur le côté de l’objectif, on retrouve un interrupteur qui permet la bascule totale en mise au point manuelle (notons que la retouche manuelle du point est aussi possible en autofocus).

Cet objectif Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM devrait théoriquement être compatible avec le Dock USB Sigma, une fois que celui-ci sera proposé en monture Sony E, afin de pouvoir effectuer, entres autres, des mises à jour de firmware. L’objectif est livré dans une belle housse de transport semi-rigide munie d’une lanière.

Qualité d’image du Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM

Voyons désormais ce que 14 mm a dans le ventre sur le terrain. Beaucoup de facteurs influent sur la qualité d’une image. Pour ce test, nous avons opté pour le dernier né de la gamme hybride A7 de Sony : l’A7 III. Cet appareil embarque un capteur 24×36 mm de 24 millions de pixels.

Vous pouvez cliquer sur chaque image pour la voir en plus grande, selon la taille de votre écran.

Qu’est ce que l’on va juger ? Le piqué bien entendu mais aussi et peut être même plus son homogénéité (aux différentes ouvertures) et son comportement général. Puis viendra dans un second temps la gestion des aberrations chromatiques, les éventuelles distorsions et le vignetage.

Le 14 mm embarque une formule optique composée de pas moins de 16 lentilles dont 4 lentilles asphériques, 3 verre FLD, 4 verres SLD. Les verres FLD et SLD sont là pour limiter les aberrations chromatiques et les lentilles asphériques pour optimiser, entres autres, le niveau et l’homogénéité du piqué (limiter le phénomène de courbure de champ sur un grand-angle) et les distorsions (pour la frontale de 8 cm).

1/250 s. – f/4 – 100 ISO

1/30 s. – f/4 – 100 ISO

1/8000 – f/1.8 – 100 ISO

La qualité est dans l’ensemble très bonne. Bien entendu, grand-angle oblige, tout n’est pas parfait mais pour le type d’images auquel il est destiné c’est très bon.

Commençons par le piqué. Il est élevé dès la plus grande ouverture f/1.8 : un bon point. Aux plus grandes ouvertures, c’est avant tout au centre des images que l’objectif est le plus performant. En s’en éloignant, le piqué baisse légèrement et progressivement. Difficile d’obtenir une image parfaitement homogène. Dans notre cas, le mieux que nous ayons obtenu se situe à f/8. Cependant, bon point également, à f/1.8, cet objectif n’a pas dit son dernier mot et le piqué général a tendance à s’améliorer à mesure que l’on ferme le diaphragme.

Il en va de même niveau homogénéité, bien que c’est aux ouvertures moyennes que l’on voit les bords des images commencer à réellement s’améliorer. Cet objectif a un très bon et cohérent comportement général. Compte tenu de sa très large focale et de sa très grande ouverture, les performances optiques sont assez impressionnantes.

1/400 s. – f/2 – 100 ISO

1/6400 s. – f/1.8 – 100 ISO

1/40 s. – f/5,6 – 100 ISO

Comme promis par le constructeur et grâce aux nombreux verres à faibles dispersions, les aberrations chromatiques sont plus que discrètes. C’est très simple, nous n’avons pas réussi à les mettre clairement en évidence sur nos photos de terrain. Le flare est aussi très bien contrôlé !

Niveau vignetage, avec une très large focale et de très grandes ouvertures, difficile de faire sans. Le phénomène se ressent uniquement aux plus grandes ouvertures. Il est très discret, peu “entrant” et assez doux. Il ne représente donc pas du tout un problème et dans certains cas, il permettra de “refermer” légèrement les images.

Chapeau pour ce qui est de la gestion des distorsions avec un ultra grand-angle. Le phénomène ne se ressent que très légèrement. Un excellent point donc qui devrait ravir les amateurs de paysages.

Un ultra grand-angle n’est, par définition, pas très bien armé pour réaliser des effets de profondeur de champ très marqués. Cependant, grâce à la très généreuse ouverture maximale de f/1.8, il est tout à fait possible de détacher un sujet principal de son environnement pour peu que l’on favorise une faible distance de mise au point. L’arrière plan n’est évidemment pas noyé dans un impressionnant flou ultra diffus mais on peut tout de même donner un peu de relief et de profondeur aux images, cf la photo de babyboot plus bas dans notre test. De plus, cet effet étant assez rare sur des focales de ce type, l’oeil est donc souvent surpris.

Autofocus du Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM

Nous n’avons pas spécialement été éblouis par les performances en termes de mise au point avec ce 14 mm et notre A7 III de test. Cela fonctionne sans aucun doute mais dans certaines situations, cela manque de caractère : manque de réactivité et temps pour trouver le point.

Au finale nous n’obtenons pas les mêmes sensations avec une version par exemple Canon EOS comparée à celle pour Sony E. Sur des sujets peu contrastés, il faut parfois s’y reprendre à plusieurs reprises avant que le système trouve le point. Bien entendu, cela n’a rien de rédhibitoire mais il faut en avoir conscience si on a l’intention de faire des photos dans l’action.

Quelles sont les alternatives au Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM pour Sony ?

En monture native Sony E, les focales fixes ultra grand-angle modernes se font très rares. C’est simple, Sony n’en a même pas encore à son catalogue. Ce qu’il y a de plus large chez Sony à l’heure actuelle c’est un 24 mm f/1.4 en collection G Master (annoncé pour l’occasion de la dernière Photokina). Chez Sigma par contre, il y a du choix ! 14 mm f/1.8 Art, 20 mm f/1.4 Art, 24 mm f/1.4 Art ou 28 mm f/1.4 Art : c’est comme vous préférez !

De gauche à droite : les Sigma Art 14 mm f/1.8 et 24 mm f/1.4 et enfin le Sony 24 mm f/1.4 GM

Cependant, et depuis peu, il faut aussi compter avec la firme coréenne Samyang qui propose une gamme d’objectifs en monture Sony E capables de couvrir le format 24×36 mm et disposant d’un système autofocus. Chez Samyang, il existe un 14 mm f/2.8 qui propose donc la même focale que notre objectif test mais est moins lumineux de plus d’1 IL.

Enfin, chez Zeiss, il y aussi le Batis 18 mm f/2.8 équipé d’un autofocus : moins lumineux (plus d’1 IL) et un peu moins large (4 mm) que notre 14 mm f/1.8 Sigma.

Alors c’est vrai que ce deux objectifs Samyang et Zeiss ne sont pas tout à fait comparables (pas forcément la même focale ni la même ouverture maximale) mais force est de constater qu’ils sont clairement plus conçus dans l’idée de base des appareils hybrides à savoir la compacité et la légèreté. Ainsi, le Zeiss Batis pèse 330 grammes et mesure 9,5 cm de long pour 8 cm de diamètre. Le Samyang pour sa part pèse 450 grammes et mesure 9,8 cm de long pour 8,6 cm de diamètre. On est donc très loins des 1,12 kg du modèle Sigma ainsi que de ses 12,6 cm de long et 9,4 cm de diamètre.

De gauche à droite : le Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM (en monture Sony E), le Samyang 14 mm f/2.8 FE et le Zeiss Batis 18 mm f/2.8

Même si l’univers des focales fixes ultra grand-angle est encore un peu restreint, ce n’est pas le cas dans l’univers des zooms avec trois solutions en gamme Sony : 16-35 mm f/2.8 GM, 12-24 mm f/4 G et 16-35 mm f/4 Zeiss.

De gauche à droite, les trois zooms grands-angles Sony : 16-35 mm f/2.8 GM, 12-24 mm f/4 et 16-35 mm f/4 Zeiss

Si on sort de la monture native Sony E et que l’on imagine utiliser une bague d’adaptation (le plus couramment depuis la monture Canon), on peut étudier également les ultras grands-angles fixes Canon en monture EF comme le 14 mm f/2.8L II USM, le 20 mm f/2.8 USM, le 28 mm f/2.8 IS USM, le 24 mm F/1,4L II USM, le 28 mm f/1.8 USM et le 24 mm f/2.8 IS USM.

À qui s’adresse le Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM ?

Contrairement à ce que l’on peut penser, un ultra grand-angle est une focale assez polyvalente qui peut répondre présente dans de nombreuses situations. La première et la plus évident est pour le paysage et les champs larges. Les faibles distorsions aideront pour obtenir des horizons bien droits et équipé d’une rotule adéquate on pourra s’essayer aux panoramiques sur 180 ou 360 degrés.

Les faibles distorsion seront aussi un atout pour des photos d’architecture pour peu que l’on puisse garder une certaines distance avec les bâtiments photographiés pour éviter de trop forcer les perspectives. Les agents immobiliers seront aussi séduits pour transformer un petit studio en loft majestueux. Enfin, un ultra grand-angle sera aussi percutant en reportage mais nécessitera, selon les cas, d’être au plus près de l’action.

1/500 – f/1.8 – 100 ISO

Attention, le cadrage avec un ultra grand-angle n’est pas forcément ce qu’il y a de plus facile. L’immensité du champ couvert nécessite de bien travailler ses compositions pour ne pas se retrouver avec de grandes zones uniformes et sans intérêt (des ciels trop présents par exemple). Dans certains cas, il faudra aussi se méfier du soleil et des ombres. Dans de nombreuses situations, l’ombre du photographe peut faire irruption dans la composition. Pour toutes ces raisons, l’utilisation d’une focale un peu moins large, comme un 24 mm, peut être beaucoup plus facile pour débuter mais produira des images plus “standardisées”.

1/100 s. – f/4 – 100 ISO

La très grande ouverture f/1.8 est sans conteste un avantage. Elle permet dans un premier temps d’être très à l’aise dans de faibles conditions lumineuses et de ne pas devoir trop pousser les ISO. Associée à la stabilisation capteur de certains hybrides Sony 24×36 mm, il sera même possible d’user de longs temps de pose à main levée.

Cette ouverture ouvre aussi la voix aux effets de profondeur de champ, particulièrement difficile à obtenir en grand-angle. Pour mettre toute les chances de ce côté il faudra en plus d’utiliser l’ouverture maximale, essayer d’avoir une faible distance de mise au point (27 cm au minimum) et, dans la mesure du possible, une bonne distance entre le sujet principal et son environnement.

1/2000 s. – f/1.8 – 100 ISO

Conclusion

Au final, le Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM nous frustre quelque peu.

Est ce que c’est une bonne optique ? Oui, sans aucun doute ! Cette focale fixe délivre une très bonne qualité d’image avec un piqué fort au centre dès la plus grande ouverture. En fermant le diaphragme, l’homogénéité est au rendez-vous et le niveau de détails restitués très impressionnant sur toutes les zones des images. Les aberrations chromatiques sont très bien maîtrisées ainsi que les distorsions. Seul très léger bémol, un vignetage marqué (mais rien de grave) aux plus grandes ouvertures. Est ce que c’est une focale facile à utiliser ? Non pas forcément ! Un ultra grand-angle de 14 mm peut s’avérer délicat à manier au niveau du cadrage (grandes zones vides de loin, très proche du sujet en plan serré).

Au-delà de ces considérations de qualité d’image et d’usage, ce qui nous frustre le plus c’est la prise en main. Cet objectif est trop encombrant et trop lourd pour être agréable à utiliser avec des boîtiers du calibre des Sony A7/9 à main levée. La faute à une adaptation à la monture Sony E de la version reflex, en ajoutant une bague d’allonge et sans repenser l’optique dans son ensemble. Puis vient l’autofocus qui fonctionne sans aucun doute mais qui manque de réactivité et d’accroche sur les sujets peu contrastés. Maintenant, force est de constater que cette optique est unique et n’a pas, à l’heure actuelle, d’alternative équivalente (focale et ouverture maximale). Le modèle Samyang 14 mm f/2.8 est ce qui s’en rapproche le plus mais un lourd compromis doit être fait au niveau de l’ouverture maximale. Par contre niveau « praticité », son poids de 450 grammes devrait faire une grosse différence.

Le Sigma Art 14 mm f/1.8 DG HSM en monture Sony FE se trouve à partir de 1550€, soit le même tarif que les versions Canon, Nikon ou Sigma.

Test du grand-angle Sigma Art 14 mm f/1,8 DG HSM en monture Sony E
Qualité de fabrication et finitionsQualité d'image généraleTrès faibles distorsions
Poids et encombrementLéger vignetagePerformances de l'AF en demi-teintes
7.3Note finale
Fabrication / Finitions9
Qualité d'image8
Ergonomie générale / Praticité5