Dans ce cinquième opus de la série From Desert, Léo Coulongeat nous fait découvrir les déserts péruviens.


Je continue mon voyage dans les déserts autour du monde vers le Pérou, terre inca. Cela fait 8 mois que je suis parti, déjà.

Bienvenido – ©Léo Coulongeat

À partir d’aujourd’hui, les déserts d’Amérique du Sud vont être un défi pour moi. Contrairement à ce que j’ai pu faire jusque là, les routes dans ces régions sont toutes tracées et la seule manière d’y accéder sans me ruiner est de passer par des agences de voyages. Dans ce cadre, rencontrer des personnes intéressantes et produire des images différentes, originales, est plus difficile.

Salinas de Maras – ©Léo Coulongeat

Sel de rivière, unique au monde – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Ma première rencontre aride se situe entre une mer agitée, une oasis et une haute dune. À la recherche d’un endroit calme pour me recueillir, j’ai trouvé ce lieu sur internet, associé aux mots “méditation” et “temple”. Globalement, je n’ai aucune idée d’où je vais mettre les pieds. J’arrive tôt le matin après avoir longé la côte désertique péruvienne.

©Léo Coulongeat

Le lieu me surprend par son activité à sept heures du matin : une dizaine de personnes travaille déjà entre le jardin et la cuisine. Mon oeil est immédiatement attiré par leurs pagnes et le symbole dessiné entre leurs yeux.

Je me trouve en fait dans le centre péruvien dédié à Krishna, la divinité la plus vénérée de la religion hindouiste, une des plus vieilles au monde. Les dévots viennent de toute l’Amérique pour séjourner dans ce lieu. Sa particularité est qu’il a été construit avec une architecture dite de Truly. Ces monticules semblables aux premières constructions humaines sont le résultat d’un travail économique, spirituel, écologique et qui reste en harmonie avec la Pachamama, la terre mère, la déesse la plus importante des Incas.

Eco Truly Lodge – ©Léo Coulongeat

Architectural Mandala – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Le lieu prêche la non-violence, l’écologie, l’art et la nourriture végétarienne. En plus de ce temple dédié à Krishna, il possède un centre d’artisanat, une salle de yoga, et des hectares de terres dédiées à l’autosuffisance et aux principes de la permaculture. La zone désertique reculée l’accueille particulièrement bien.

“Une vie simple à la spiritualité élevée”

Garuda – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Je passe quelques jours dans ce petit paradis loin des touristes à me ressourcer et à méditer.
J’y découvre aussi la cuisine végétarienne avec une chef péruvienne formidable. Au total, je goûterai 11 types de pommes de terre différentes sur les 4000 variétés qui existent au Pérou.
Pour les pauses digestion, c’est un paysage de dunes et de mer que j’explore avec Laurin, un Danois de passage dans ce lieu comme moi.

On découvre « el serpentin », une route magnifique qui longe la dune.

©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Cette pause est un voyage introspectif intéressant. Un retour aux modes de vie basiques de l’homme, où l’on peut par exemple observer ses addictions. Je me surprends à ressentir un besoin de café.

« Il n’y a rien de plus beau et de bon augure que la vérité. »

Swami B. A. Paramadvaiti

Vision – ©Léo Coulongeat

Truly – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Je continue la descente de la côte désertique péruvienne, rythmée par d’énormes dunes. Les trajets en bus sont frustrants. J’ai envie de m’arrêter à chacune d’entre elles, de courir tout en haut et de profiter des superbes couchers de soleil souvent tamisés d’une légère brume. La plus grande dune du monde ne se trouve pas loin : 2080m … la dune du Pilat peut aller se rhabiller.

©Léo Coulongeat

J’arpente le désert de Paracas à VTT. La température à cette saison est parfaite et la solitude dans un lieu pareil, une joie. Encore un panneau m’indiquant comme dans tous les déserts qu’il est l’un des plus arides sur Terre.

Les paysages désertiques me nourrissent, m’emportent, me donnent une énergie étonnante sur mon vélo et me font crier, seul, le bonheur d’être ici.

Énergie du désert – ©Léo Coulongeat

Courant d’air – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

La particularité ici est le bord de mer et ses habitants : principalement des lions de mer et des petits pingouins.

En fin de journée, après une descente de dune à haute vitesse, je les vois : les dauphins. Éloigné des touristes avec mon deux roues, je savoure la beauté de leurs mouvements dans l’eau. Mon drone n’ira pas assez vite ; c’est sûrement un signe qu’ils devaient rester tranquilles et que je devais garder ce souvenir pour moi. Venez les voir vous-mêmes !

Golden coast – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Je continue à m’enfoncer dans les champs de dunes, dans les terres. Je n’aurais jamais imaginé en rencontrer autant en Amérique latine. J’arrive dans une oasis très similaire au Maroc. Salam aleykoum. Au loin, j’entends même un guide parler avec un haut-parleur comme un imam appelant à la prière depuis son minaret.

Comme un mauvais présage maghrébin, l’oasis est entourée d’hôtels et de voitures des sables. Inch Allah le Maroc ne deviendra pas comme ça.

Puissance du vent – ©Léo Coulongeat

Dune étoile, synonyme de vents multidirectionnels – ©Léo Coulongeat

J’ignore comment je vais échapper à la masse et faire des rencontres intéressantes. Je monte sur la dune à l’opposé des touristes. C’est un spectacle similaire au Paris-Dakar que je vois au loin. Le souffle du vent se mélange aux bruits de ces machines de l’enfer. Mon écoeurement qui arrive très vite d’habitude ne vient pas. Les dunes sont tellement hautes et la vue tellement époustouflante que mon coeur se calme.

©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

En fin de journée, je vois une demi-douzaine de personnes dans les dunes ramasser les déchets, chose très exceptionnelle pour un lieu dominé par le tourisme de masse. La joie et la surprise me font accepter la réalité – je dois vous parler des nouveaux voyageurs des déserts que j’évite systématiquement : les touristes. La vue finit même par m’amuser avec cette autre activité improbable : des skieurs des sables.

Belle âme – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Les monos de surf se baladent dans la rue, après-ski aux pieds. « what’s up broooooo ». On est au Val Thorens du désert quoi. Je rencontre Rodrigo qui vit en Suisse, revenu ici pour monter son business de Sandboard. Il me parle de son école primaire devant laquelle on boit une bière et qui est maintenant une pizzeria « dos por uno ». À part la pollution que ça engendre, cette oasis est tout de même une région bonne ambiance.

©Léo Coulongeat

Je finis la côte désertique en m’envoyant en l’air avec un touk touk à hélice. On survole les lignes de Nazca, ces lignes formées il y a plus de 1500 ans par la civilisation nazca probablement pour communiquer avec les dieux. L’intérêt particulier ici est l’absence de vent toute l’année, ce qui est remarquable dans un désert et qui a permis de conserver ces vestiges.

Astronaute – ©Léo Coulongeat

Colibri – ©Léo Coulongeat

Gringo Antonio – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

Le désert péruvien se termine avec mon activité préférée : panorama désertique au coucher de soleil, et bières …

Jesus nuestro salvador – otra vez – ©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

©Léo Coulongeat

C’est maintenant l’heure de descendre vers les hauteurs désertiques de Bolivie, Chili et d’Argentine.