Pour sa 15e édition, le Festival Photo La Gacilly invite 25 photographes professionnels sur le thème La Terre en Questions. De l’engagement, des nouveautés et du talent sont au programme de cette nouvelle édition du festival breton.

Olaf Otto Becker

Une lecture du paysage © Olaf Otto Becker

Le festival a vu le jour pour la première fois en 2003 dans ce petit village du Morbihan. Son maire n’est autre que le fils d’Yves Rocher, Jacques Rocher. Son père avait choisi en 1959 de construire son usine précisément à la Gacilly. Préoccupée depuis toujours par l’environnement, la marque crée en 1991 la Fondation Yves Rocher pour la protection de la nature. Son directeur actuel est Jacques Rocher, également à la direction du Développement Durable et de l’Environnement au sein du groupe de cosmétique.

Claudia Andujar

Complainte amazonienne © Claudia Andujar (Brésil)

C’est dans ce petit coin paisible que toutes les photographies sont exposées. En effet, pas de salles d’exposition ni de musées, les clichés sont directement exposés dans tout le village pour que tout le monde puisse en profiter, de jour comme de nuit, la semaine comme le week-end.

Et le concept séduit. Avec plus de 3,3 millions de visiteurs, environ 7 000 photographies et 300 artistes depuis 15 ans, le festival a su attirer les visiteurs de la France entière et au-delà.

Karen Knorr

Nouvelles Fables © Karen Knorr (États-Unis)

En plus d’être une exposition mettant en avant la photographie, le festival donne aussi de la voie aux préoccupations environnementales d’aujourd’hui et de demain. En effet, les grands enjeux climatiques et sociaux sont abordés artistiquement par le prisme de la photographie dans le but de sensibiliser le plus de monde possible et de mobiliser le changement.

Emil Gataullin

Towards The Horizon, Russie © Emil Gataullin (Russie)

Cette année, les organisateurs veulent dire au monde entier qu’il n’est pas trop tard pour agir. Cyril Drouhet, commissaire des expositions et Florence Drouhet directrice artistique du Festival nous l’explique parfaitement : « Las, le temps s’est accéléré, les premiers lanceurs d’alerte se sont manifestés, les états n’en finissent pas de se réunir au chevet d’un monde malade et, si nous savons tous qu’il est urgent d’agir pour ne pas assister à notre propre ruine, nous nous rapprochons inexorablement et nous avons regardé la nature sans la voir. Nous n’avons pas cherché à l’aimer, mais à la dompter. »

Chris Jord

Intolérable beauté © Chris Jordan (États-Unis)

Loin d’être pessimistes, les organisateurs appellent à l’action et affirment que tout n’est pas perdu. Les photographies exposées montrent la beauté de notre planète, la diversité de sa faune et de sa flore, mais également l’engagement humain et la dérive de nos sociétés mondialisées. Jonglant entre des paysages à couper le souffle et des univers irréels apaisants et intrigants, cette palette d’artistes venus du monde entier ne laisse pas le visiteur sur sa faim.

Thomas Pesquet

© Thomas Pesquet / ESA / NASA

Quatre catégories rythment la balade des promeneurs de La Gacilly. La première est un Hymne à la Terre, où l’on retrouve notamment les clichés de l’espace de Thomas Pesquet ou encore ceux du moine tibétain Matthieu Ricard. Ensuite, le festival nous propose une Poésie de la Nature, avec notamment des photomontages surréalistes qui nous amènent à réfléchir sur nos actes et sur notre rapport à la Terre.

Emanuele Scorcelletti

L’esprit de l’arbre, Inde © Emanuele Scorcelletti (Italie)

Dans un troisième temps, ce sont les Territoires des Hommes qui nous promènent dans ce portfolio environnemental. Entre les tribus africaines, les paysans, les adolescents et les peuples en développement, l’humain est au cœur des sujets environnementaux, que ses actes soient bons ou mauvais. Enfin, comme pour conclure par une idée forte, la dernière catégorie se concentre sur la Planète Surexploitée. Des métropoles surpeuplées aux décharges débordantes en passant par l’industrie, les photographies nous montrent le gâchis engagé par l’Homme depuis des centaines d’années.

Spike Walker

Plus Grand que la Vie © Spike Walker (Royaume-Uni)

De nombreux partenaires sont également présents pour le festival. Le collectif international des photographes Image Sans Frontière expose 20 photos soigneusement sélectionnées pour mettre en valeur la diversité et la beauté de tous les êtres vivants sur Terre.

Des photographes émergents sont aussi mis à l’honneur et certains seront récompensés pour leur travail et leur engagement pour le développement durable. Sur 400 dossiers reçus, le jury sélectionne quelques travaux pour les exposer dans le village La Gacilly, mais également dans la galerie Fisheye et aux Rencontres photographiques d’Arles. Pour finir, les collégiens du Morbihan en parcours photo, soit 350 élèves, sont exposés pour le festival sur le thème de « l’Empreinte(s) ».

Shana & Robert Parkeharrison

Un monde irréel © Shana & Robert Parkeharrison (États-Unis)

Si par hasard vous souhaitez vous rendre dans un futur proche dans la ville de Baden en Autriche, vous pouvez faire un tour à la première édition du festival Photo La Gacilly – Baden qui reprend l’intégralité de l’exposition 2017 axée sur l’Homme et l’Animal. Ce tout nouveau partenariat ravit le comité d’organisation du festival qui souhaite s’étendre en Europe et dans le monde pour pouvoir répandre son message écologique au plus grand nombre. Cette ville est un symbole fort pour le festival puisque c’est ici que Beethoven a séjourné de nombreuses années et a composé la 9e Symphonie dont l’Ode à la Joie devenue l’Hymne européen.

Matthieu Ricard

Un demi-siècle dans l’Himalaya © Matthieu Ricard

Pour avoir des informations supplémentaires au sujet du festival et de son organisation, n’hésitez pas à regarder nos informations pratiques si dessous et à visiter le site de l’évènement.

Info pratiques
Le Festival Photo La Gacilly
Dans le village de La Gacilly dans le Morbihan (56) en Bretagne
Du 2 juin au 30 septembre
Ouvert tous les jours sans interruption
Entrée libre
Exposition en plein air