DxO Labs, éditeur français de logiciels photo et créateur du DxO One, a été placé en redressement judiciaire le 7 mars dernier. Cette procédure intervient généralement lorsqu’une entreprise est en cessation de paiement, lui permettant de poursuivre ses activités afin de redresser la barre, voire trouver de potentiels repreneurs si une restructuration n’est pas possible.

DxO Labs, éditeur de logiciels photo

DxO Labs, basé à Boulogne-Billancourt en région parisienne, a été fondé en 2006. En 2017, l’éditeur français a racheté à Google la Nik Collection pour poursuivre son développement. Google avait lui-même racheté cette suite de logiciels à Nik Software et n’a continué à développer que Snapseed, son logiciel de traitement photo sur mobile.

La Nik Collection est actuellement composée de Analog Efex Pro, Color Efex Pro, Dfine, HDR Efex Pro, Sharpener Pro, Silver Efex Pro et Viveza. La suite est disponible gratuitement sur un site dédié et DxO Labs indiquait « travailler activement à sortir une nouvelle version en 2018 ».

Avant ce rachat, l’éditeur boulonnais est également connu pour son logiciel de correction et traitement d’image DxO OpticsPro. Plébiscité pour ses algorithmes de corrections automatiques et d’optimisation d’images, DxO OpticsPro a également tiré parti du rachat de la Nik Collection en intégrant dans une nouvelle version la technologie U Point de Nik Software. Celle-ci permet enfin d’offrir des outils de retouche locale (points de contrôles, filtre gradué, pinceau de retouche et réparation), utile pour permettre à DxO Labs de fourbir ses armes contre des acteurs comme Lightroom d’Adobe.

Pour marquer cette évolution, DxO Labs a décidé de renommer DxO Optics Pro en DxO PhotoLab, une façon de montrer que son logiciel n’est plus cantonné à la correction optique, mais intègre une panoplie d’outils capable de servir de « laboratoire » de la photo numérique.

DxO édite également les logiciels ViewPoint et FilmPack.

DxO One, l’appareil photo pour smartphone

L’autre grand projet de DxO Labs, né en 2015, est le DxO One, le premier appareil photo de l’éditeur devenu ainsi constructeur. Compagnon d’un smartphone iOS (et également Android), le DxO One intègre un capteur 1 pouce rétroéclairé de 20,2 Mpx dans un form factor très compact et se contrôle en duo avec un smartphone, même s’il peut également être utilisé seul.

Nous ignorons si ce produit remporte un succès commercial, mais la concurrence directe des smartphones haut de gamme dont le double appareil photo et l’intelligence logicielle s’améliorent d’année en année menacent l’appareil photo situé entre deux mondes. Finalement, il ne s’agit ni plus ni moins que du capteur du Sony RX100 Mark II, un compact comparé aux hybrides et reflex dotés de capteurs APS-C ou plein format.

DxO Labs et DxOMark, deux entités désormais distinctes

La troisième activité historique de DxO Labs, c’est le laboratoire d’image DxOMark, connu pour son fameux score qui permet de jauger les performances et capacités des appareils photo, objectifs et smartphones.

© DxOMark

Fin 2017, DxO Labs indiquait que DxOMark devenait DxOMark Image Labs, une société indépendante qui propose toujours de comparer les appareils avec DxOMark.com ainsi que du conseil auprès des géants de l’imagerie numérique (appareils photo, smartphones, drones, action cams, caméras de surveillance, marché automobile, etc.)

Une restructuration nécessaire pour DxO Labs

Ce changement, intervenu en septembre 2017, est peut-être la cause (ou la conséquence) du placement en redressement judiciaire de DxO Labs. Sans avoir de données chiffrées, il est fort probable que DxOMark Image Labs soit l’activité la plus solide (et en croissance). Le laboratoire a en effet de nombreux contrats avec des entreprises industrielles pour les aider à développer les meilleurs systèmes d’appareils d’imagerie. Parmi elles, les fabricants de smartphones comme HTC, Google ou OnePlus.

DxO Labs, qui développe le DxO One au succès commercial incertain, et la suite de logiciels Nik Collection et DxO PhotoLab, qui se bat contre le colosse Adobe Lightroom, semble en plus grande difficulté actuellement.

Malgré tout, ce placement en redressement judiciaire ne signifie pas inexorablement la fin de l’histoire pour DxO Labs, comme le montre cette réponse reçue par un client de DxO Labs et membre du forum Chasseur d’images

« Effectivement la société a dû récemment se placer sous un régime d’administration judiciaire, le temps de se réorganiser. Bien que nous ne puissions pas commenter cette situation, nous pouvons néanmoins vous assurer que la société n’est absolument pas en liquidation et que nous sommes confiants que nos clients ne seront aucunement affectés par cette procédure. »

Nous avons essayé de joindre DxO Labs pour tenter d’avoir plus de détails et mettrons à jour l’article en cas de réponse de leur part.

Mise à jour : DxO Labs a publié un communiqué de presse pour s’expliquer sur la situation : 

Le 7 mars 2018, la société DxO Labs a choisi de se placer sous un régime d’administration judiciaire, le temps pour elle de procéder à une réorganisation interne.

Nous sommes tout à fait confiants que cette procédure, qui devrait encore durer quelques semaines, n’affectera en rien nos clients.

Ainsi, nous avons le plaisir d’annoncer la sortie prochaine de plusieurs produits :

  • Au mois de juin, nous publierons une mise à jour gratuite (version 1.2) de notre logiciel phare, DxO PhotoLab. Récemment primé par le TIPA 2018 du Meilleur logiciel de traitement d’image, DxO PhotoLab s’enrichira de fonctionnalités de corrections locales améliorées, et ajoutera le support de 7 boîtiers, dont le Canon EOS 2000D et le Sony A7 III. Cette sortie sera aussi l’occasion pour nous de rappeler notre attachement au modèle de la « licence perpétuelle » (par opposition au modèle « sur abonnement ») afin de permettre à nos clients de procéder à leurs mises à jour en fonction de leurs besoins, et non de façon contrainte.
  • Au mois de juin sortira la nouvelle version de la Nik Software Collection, que DxO avait acquise auprès de Google fin 2017. Très attendue par la communauté des utilisateurs des logiciels Nik, cette première version « by DxO » se focalise sur la correction des bugs, qui perturbent aujourd’hui l’expérience utilisateur, ainsi que le retour de la pleine compatibilité avec les derniers OS Mac et plateformes PC. 

En vous remerciant de votre confiance.

Photographiquement vôtre,

 L’équipe DxO