L’artiste britannique Nick Veasey nous présente son travail exclusivement créé à partir des rayons X. Un travail original à la frontière entre la photographie et le laboratoire d’analyse médical.

Inspiré du Dr. Albert G. Richards, un photographe et dentiste qui scannait des fleurs aux rayons X, Nick se penche sur ce concept depuis maintenant 25 ans. Il a déjà scanné des centaines d’objets, allant de la paire de chaussures à la voiture en passant par des personnes et des avions. « Mon travail est une déclaration contre la superficialité et le mercantilisme », nous explique le photographe.

Nick Veasey

Iris Silverado, inspirée du Dr. Albert G. Richards © Nick Veasey

Le but est de décortiquer les choses du quotidien pour comprendre comment elles sont faites, mais également pour voir ce qu’elles ont à nous offrir à l’intérieur : « La beauté est partout, mais parfois nous devons chercher plus loin pour la trouver. Ce n’est pas ce que nous portons ou à quoi nous ressemblons, c’est ce à quoi nous ressemblons à l’intérieur qui compte vraiment. »

Nick Veasey

Mini Driver © Nick Veasey

Pour Nick Veasey, cette technique des rayons X est une façon honnête et réaliste de voir ces objets comme ils sont vraiment. Il y a des choses que la plupart des utilisateurs ne perçoivent pas, en particulier les mécanismes qui articulent les voitures, les motos, un appareil photo, un pistolet ou encore d’une poupée. « La chose la plus étonnante que j’ai trouvée dans la radiographie est la beauté inhérente et l’unicité de la nature. »

Nick Veasey

Skull & Camera © Nick Veasey

Ici, pas d’appareil photo du tout, seul un système de radiologie : « J’utilise rarement un appareil photo, ils m’ennuient pour être honnête. Je suis fan de la photographie sans appareil photo comme Sugimoto et Adam Fuss. »

ick Veasey

Dolls © Nick Veasey

Cependant, est-ce que cette pratique de la radioactivité régulière présente des risques pour la santé de Nick et de ses partenaires ? Il nous explique en effet que « cela peut être dangereux, très dangereux. »

Le photo-radiographe maitrise les risques en prenant toutes les précautions nécessaires. En effet, toutes les machines sont placées dans des bâtiments en béton qui permettent de contenir les rayonnements. Lui-même préfère souvent commander les machines depuis l’extérieur des dépendances pour ne pas être affecté par l’irradiation.

Nick Veasey

James Bond © Nick Veasey

Malgré le danger, Nick continue de scanner toujours plus d’objets. Il détient même le record de la plus grande radiographie du monde en ayant passé aux rayons X un Boeing 777. Une distinction dont il est très fier : « Comme n’importe quel bon photographe ou artiste, nous avons amélioré notre technique au fil des années et nous nous sommes poussés à produire un travail de meilleure qualité. Avec les rayons X, plus l’objet est grand, plus il est difficile de l’imager. »

Nick Veasey

Boeing 777 © Nick Veasey

Mais alors comment a-t-il pu faire pour scanner un avion de cette taille en intégralité ? Y a-t-il une machine assez grande pour faire passer un Boeing ? Pas du tout, la réponse peut être dans tous nos ordinateurs : Photoshop. « Il y a beaucoup de limites au processus et sans Photoshop beaucoup de mes radiographies ne seraient pas possibles. Nous l’utilisons seulement pour assembler les images des rayons X séparées et retoucher les rayures. »

Il a utilisé le même procédé pour les objets volumineux comme les voitures ou les motos. Le photographe souhaite maintenant se lancer dans le domaine de la mode avec ses rayons X mais également incorporer des peintures dans ses radiophotographies.

Nick Veasey

Marilyn © Nick Veasey

Précédemment en exposition en Suède, Nick Veasey est partant pour amener ses œuvres en France si une galerie souhaite lui ouvrir ses portes. Alors, n’hésitez pas à le contacter ! Vous trouverez ses coordonnées ainsi que ses autres œuvres sur son site Internet.