Du 10 au 25 mars 2018, onze femmes photographes exposent leurs travaux à Dissidence au château de Courcelles à Montigny-lès-Metz en Moselle (57). Au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, elles se rassemblent pour revendiquer une plus grande place et une visibilité plus large.

Amateures ou professionnelles, les photographes faisant partie du projet Dissidence souhaitent symboliser le dynamisme culturel et artistique de l’Est de la France avec une touche de féminité. Organisée par l’association Photo-Forum, cette exposition rassemble des femmes de différents horizons, aussi bien françaises que luxembourgeoises, belges ou sud-américaines. Plus largement, Photo Forum aide 230 membres à développer leur projet pour qu’ils soient reconnus dans le domaine de la photographie.

Entre nostalgie, émotions, voyages et expériences artistiques, les photographes nous font découvrir leurs différents univers au travers des installations sophistiquées et originales. Volontairement montée sans thème, l’exposition aborde les problématiques de la photographie contemporaine comme nous l’explique Pauline Cavion, photographe faisant partie du noyau du projet : « Dans nos différents projets nous questionnons la photographie : qu’est ce qu’une photographie ? Jusque quand peut-on parler de photographie ? »

Ce sont quelques femmes photographes membres de l’association Photo Forum qui ont eu l’idée de réaliser une exposition exclusivement féminine l’an passé. Grâce à une bonne audience auprès du public, elles ont décidé de recréer et d’améliorer l’exposition cette année.

Brièvement, nous allons présenter les onze artistes présentent ainsi que leur travail.

Pauline Cavion Dissidence

Elle plongea la main dans le sable humide © Pauline Cavion

Pauline Cavion est photographe et community manager pour la ville de Metz. Au détour des rues, elle capture l’énergie de la commune souvent en noir et blanc à la manière de Robert Doisneau à Paris. Pour l’exposition Dissidence, Pauline a néanmoins décidé de composer une série plus personnelle. Intitulée Elle plongea la main dans le sable humide, les photographies ont un air de nostalgie douce mais trouble, comme si les souvenirs s’effaçaient au fur et à mesure pour laisser place à d’autres. C’est sur cette question que travaille Pauline : la photographie peut-elle sauvegarder nos souvenirs ? Les reproduit-elle à l’identique ?

Inès Cordel Dissidence

Photo-Croquis © Inès Cordel

Inès Cordel entreprend un projet de photo-croquis original et innovant, rompant avec les autres séries photographiques. C’est après un long voyage en Italie que l’artiste se rend compte que même avec 2 000 photographies, aucune ne représente réellement ce qu’elle a ressenti. Inès décide alors de redessiner ses photos de voyage pour les imprégner des sensations vécues.

Claire Jolin

Fensch © Claire Jolin

Photographe professionnelle, Claire Jolin a choisi d’aborder le souvenir sous un angle plus abstrait dans sa série Fensch. « Enfant, je pensais que le monde n’existait pas, que je l’inventais au fur et à mesure », décrit Claire. Beaucoup de personnes doivent se reconnaitre dans cette description puisqu’en étant enfant, la conception du monde, des autres et de soi-même est totalement différente et tellement plus imaginaire. Diplômée des Beaux Arts après une formation en France et en Norvège, Claire aime mélanger ces deux univers, entre le rêve et le réel, entre les sensations et les idées, l’image et l’esprit…

Véronique L'Hoste Dissidence

Stigmates © Véronique L’Hoste

A partir du journal intime de son grand père paternel, Véronique L’Hoste a souhaité aborder son souvenir de la Seconde Guerre mondiale. Les côtes normandes et picardes lui servent de décor pour sa série Stigmates. Ce morceau d’histoire est encore très présent dans nos mémoires même si la plupart d’entre nous n’avons pas connu cette guerre. Entre morceau du journal et paysage blanc, Véronique nous transporte dans ce souvenir douloureux qu’a vécu cet homme pendant la guerre.

Laure Mersch Dissidence

Thirteen © Laure Mersch

La série Thirteen de Laure Mesh explore le quotidien de la jeunesse d’aujourd’hui. En trainant dans les squares et les terrains de jeu des petits villages, ces ados nous rappellent à tous notre jeunesse et nos moments vagabonds entre amis. Cette période de la vie si délicate nous a fait vaciller entre la solitude et la complicité, entre les amis qu’on aimerait avoir et les amis qu’on mérite vraiment, entre l’enfance et la maturité. En rupture avec les autres séries, Laure souhaite travailler le souvenir à travers la nouvelle génération.

Delphine Forestier Dissidence

Flos Totem © Delphine Forestier

Flos totem est la série nostalgique de Delphine Forestier. Cette jeune photographe prépare parallèlement à ses projets photo personnels un doctorat d’art à l’université Paul Verlaine. Sa thèse, axée sur la transmission et la conservation de la mémoire collective et personnelle, fait directement écho à son travail présenté à Dissidence. En effet, les photos qui seront présentées sont celles de sa grand-mère mais également de ses affaires qui ont été accumulées depuis longtemps et qui représentent un bout d’histoire, aussi bien familiale qu’institutionnelle.

Fabienne Muggeo Dissidence

Teorema © Fabienne Muggéo

Chargée de projets et d’affaires pour une imprimerie, Fabienne Muggéo est diplômée des Beaux Arts de Metz. A l’occasion de l’exposition Dissidence, l’artiste propose trois photographies sur le thème Teorema (théorème en italien), symbolisant son vécu, son intimité et son corps meurtri.

Octavia Romero Nunez Dissidence

De perder la vida o de perder la razon © Octavia Romero Nunez

Octavia Romero Nunez est une photographe franco-péruvienne arrivée sur le Vieux Continent à 22 ans seulement. La transition n’est jamais facile. Garder le lien avec sa famille là-bas et en même temps s’intégrer dans une société et une culture différente est un long chemin parsemé d’embuches. C’est en partie ce qu’Olivia a voulu représenter dans sa série De perder la vida o de perder la razon. Ce sont les mots de sa mère qu’elle a voulus mettre en avant, signifiant en français « Perdre la vie ou perdre la raison ». Ces photographies s’interrogent sur la peur, sur l’effet qu’elle a sur différentes personnes, sur notre interprétation…

Irène Scacciatella Dissidence

Essere © Irène Scacciatella

Changement d’ambiance avec la poétique Irène Scacciatella et sa série Essere. Ses portraits sont encadrés dans un décor printanier féérique qui nous transporte dans un univers fantastique. Grâce au portrait de dos, le spectateur peut s’identifier au modèle et s’immerger un peu plus dans l’œuvre.

Morgane Wax Dissidence

Postures © Morgane Wax

Blogueuse, professionnelle de la communication et photographe, Morgane Wax est une artiste qui ne manque pas d’inspiration ! Pour sa série Postures, elle s’interroge sur la place du photographe dans le monde et dans ses créations. Notre signature n’est-elle pas tout simplement un bout de nous ? Le métier de photographe n’est-il pas d’oser explorer le monde ?

Julia Vogelweith Dissidence

You remember my name ? © Julia Vogelweith

La série You remember my name ? De Julia Vogelweith est en réalité une commande faite par le Centre National de l’Audiovisuel et l’APEMH, l’Association des Parents d’Enfants Mentalement Handicapés. A travers les photographies, l’artiste ne voulait pas faire un énième reportage photo sur le sujet mais au contraire de les capturer dans leurs univers sur les différents sites de l’association.

Pour en savoir plus sur l’évènement, vous pouvez vous rendre sur le site Photo Forum, sur la page Facebook de Dissidence et sur leur compte Instagram.

Infos pratiques
Dissidence, 11 femmes photographes du Grand Est
Du 10 au 25 mars 2018
Samedis et dimanche de 14h à 18h – entrée libre
Vernissage le samedi 10 mars 2018 à 11h
Château de Courcelles
73 rue de Pont-à-Mousson, 57950 Montigny-lès-Metz