DLSP est une rubrique qui vous permet de découvrir les « setups » photo de photographes, professionnels ou amateurs, connus ou anonymes, afin de dévoiler ce qu’il se cache dans leurs sacs photo.

Aujourd’hui, nous découvrons le sac photo reporter de Didier Bizet.


Après de longues années en direction artistique, je suis devenu photographe pro. Je travaille pour la presse, des maisons d’édition et parfois pour la pub. Je part du principe que la curiosité et le recul sont des outils de travail extrêmement importants. Le métier de la publicité m’a appris que les premières idées ne sont pas forcément les meilleures, « creuser » et persévérer est une nécessité absolue. Je règle mes cadrages comme des mises en page.

Il est devenu difficile pour moi de photographier sans y glisser une légende derrière chaque image. À l’heure de la surproduction d’images, le sens des images est primordial. Je documente avec un certain recul, l’idée n’étant pas de faire du photo journalisme, mais d’apporter une vraie direction documentaire afin d’orienter mon travail parfois vers un travail d’auteur.

Voici le matériel photo que j’utilise :

  • Sac photo : c’est un vieux sac acheté au monop du coin, je l’ai rembourré de mousse.
  • Nikon D750 : j’utilise ce plein format, car il est léger, compact et le menu est extrêmement pratique et logique. Le diaph, la vitesse, les ISO et la MAP sont les essentiels, le reste ne m’intéresse pas. Le plein format reste aujourd’hui pour moi le format de qualité.
  • Nikkor AF-S 50 mm f/1.4G : toujours un 50mm, car c’est l’outil à tout faire.
  • Nikkor AF-S 35 mm f/1.8G : l’objectif obligatoire pour couvrir des plans plus dynamiques.
  • Fuji X-T2 + Fujinon XF 23 mm f/2 R WR : puisqu’il est important d’avoir un second boitier léger et compact, séduisant et de qualité, j’ai opté pour un Fuji X-T2 silencieux ce qui fait de lui un boitier indispensable dans certaines conditions.
  • Enregistreur Zoom H1 : efficace pour les interviews.
  • Un bouquin : la littérature est parfois mon moteur, mon booster, c’est elle qui m’enivre de photographie, la poésie de voyage que je retrouve dans les bouquins de Sylvain Tesson m’est très utile. Un seul paragraphe de l’auteur, et c’est 4 tubes de vitamine C ingurgités en une seule prise.
  • Un carnet et un stylo : mon carnet de notes est le meilleur ami de mon boitier, les mots permettent « de tracer » mes photographies, une image sans mot c’est un peu comme un roman sans titre, l’essence même de la photographie doit-être signifiante, dirigée, la photographie n’est pas qu’un plaisir, mais un travail qui provoque du plaisir.
  • Mon passeport : j’aime bien l’idée du passeport, de ce petit carnet insignifiant et moche, qui vous crédibilise d’une certaine liberté.

Je n’ai aucun souci avec le bruit de certains boitiers ni avec leur poids, la discrétion d’un photographe est avant tout une attitude à respecter envers les sujets photographiés.

Les sacs photo sont moches, sauf certains qui valent une blinde. L’idée est d’être discret et de ne pas ressembler à un photographe.

A camel in the winter steppes © Didier Bizet

© Didier Bizet

Palace Lenina © Didier Bizet

Vous pouvez retrouver Didier Bizet sur son site et sur Facebook.