Les habitués le savent : lorsque l’on réalise des photos de nuit en ville ou à proximité d’activités humaines, on remarque qu’il y a très souvent une dominante de couleur jaune sur l’ensemble de l’image.

Cette dominante est due à la présence importante de lumière provenant de l’éclairage public et des enseignes, qui renvoient une longueur d’onde importante sur ces couleurs. Il est bien entendu possible de les supprimer partiellement après la prise de vue, mais cela demande de passer beaucoup de temps en postproduction et de trouver le bon équilibre en balance des blancs pour obtenir un résultat réaliste.

Pour résoudre ce problème, le fabricant Nisi a lancé le filtre Nisi Natural Night permettant d’éliminer la pollution lumineuse lors de prises de vue nocturnes en milieu urbain.

Nous avons réalisé un test terrain de ce filtre en version 100x100mm durant les nuits d’été à Paris, et voici notre avis.Test Nisi Natural Night

Nisi Natural Night, un filtre photo pour éliminer la pollution lumineuse en ville

Le rôle du filtre Nisi Natural Night est d’éliminer la longueur d’onde d’émission de la vapeur de sodium, qui est à l’origine de cette pollution lumineuse.

Ce filtre, au format carré 100x100mm, s’adapte aux porte-filtres classiques comme le Nisi V5 Pro ou la version V2 que nous avons déjà testée.

Test Nisi Natural NightTest Nisi Natural NightDans les exemples ci-dessous, nous avons réalisé deux prises de vue, une sans le filtre et l’autre avec, en gardant les mêmes réglages : même exposition, ouverture et sensibilité identique et la balance des blancs en auto.

Elles ont ensuite été exportées depuis Lightroom en JPEG, sans avoir subi de retouches.

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 24-70mm f/2.8 – 24mm – 1/13s @ f/3.5 sans Nisi Natural Night

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 24-70mm f/2.8 – 24mm – 1/13s @ f/3.5 avec Nisi Natural Night

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 24-70mm f/2.8 – 32mm – 1.3s @ f/5 sans Nisi Natural Night

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 24-70mm f/2.8 – 32mm – 1.3s @ f/5 avec Nisi Natural Night

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 Sigma 35mm f/1.4 Art – 35mm – 6s @ f/6.3 sans Nisi Natural Night – Fichier RAW

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 Sigma 35mm f/1.4 Art – 35mm – 6s @ f/6.3 avec Nisi Natural Night – Fichier RAW

Des photos moins jaunes et plus réalistes

Sur les photos ci-dessus prises avec le filtre Nisi Natural Night, on constate que la dominante des jaunes est bien éliminée et le rendu est plus proche de ce que l’on peut voir à l’oeil nu.

Test Nisi Natural Night

Crop à 100%

Voici une version de la photo ci-dessus sans filtre Nisi Natural Night mais retouchée sur Lightroom pour essayer de supprimer la dominante jaune en modifiant la balance des blancs, le contraste et la saturation.

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 Sigma 35mm f/1.4 Art – 35mm – 6s @ f/6.3 sans Nisi Natural Night

En postproduction, il n’est pas évident de réussir à supprimer cette dominante jaune sans toucher au rendu général de l’image, à moins de réaliser les retouches partiellement grâce à la retouche locale. Cela demande du temps et le résultat n’est pas garanti. Le rendu est ainsi nettement plus fidèle avec le filtre, dès la sortie du boitier.

Natural Night, un allié pour l’astrophotographie

Le Natural Night est aussi très utile pour l’astrophotographie, lorsque vous n’êtes pas suffisamment éloigné d’une zone urbaine. Il vous permettra ainsi d’éliminer la lumière jaune parasite à l’horizon, mais également de faire ressortir certaines étoiles qui ne sont pas (ou peu) visibles, sans le filtre.

Cette photo a été réalisée en bord de mer, à proximité d’une petite ville.

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 24-70mm f/2.8 – 24mm – 10s @ f/4 sans Nisi Natural Night

Test Nisi Natural Night

Nikon D800 24-70mm f/2.8 – 24mm – 10s @ f/4 avec Nisi Natural Night

Bien sûr, ne vous attendez pas à découvrir la Voie lactée avec ce filtre ! Mais son emploi permet tout de même de « nettoyer » le ciel et de mettre en avant les étoiles et le bleu du ciel.

Test Nisi Natural Night

Crop à 100%

Qualité de fabrication

Le Natural Night 100×100 est fabriqué en verre optique de haute qualité et dispose d’un traitement Nano Coating réduisant au maximum les reflets tout en assurant une très bonne netteté. Le revêtement hydro-déperlant facilite l’entretien du filtre et évite que les gouttes de pluie ne restent dessus.

Comme l’ensemble des filtres Nisi, le Natural Night est livré dans sa pochette individuelle en similicuir.

Nous recommandons cependant de faire attention lors de la manipulation de cette pochette qui s’ouvre facilement et peut laisser s’échapper le filtre qu’elle contient. Les aimants de fermeture ne sont pas très puissants et une simple pression sur le haut de la pochette suffit à l’ouvrir. N’hésitez pas à investir dans une housse prévue pour accueillir ce type de filtre comme la FilterPouch de Lowepro.

Le filtre Nisi Natural Night 100x100mm est disponible à 180€ et existe également en tailles 150x150mm ainsi qu’en version filtre circulaire 77mm et 82mm.

Nisi Natural Night, un accessoire pour certains, un must-have pour d’autres

Le Nisi Natural Night n’est pas forcément le premier filtre à posséder lorsque l’on s’équipe d’un système porte-filtres. À 180€, il reste destiné aux photographes pratiquant la photo urbaine de nuit, et à ceux qui souhaitent faire un premier pas dans l’astrophotographie.

Il n’en demeure pas moins que le Natural Night est un excellent filtre qui vous fera gagner beaucoup de temps en post-production pour supprimer la pollution lumineuse. La version en verre 100×100, plus polyvalente que la version circulaire, vous permettra également d’utiliser un filtre dégradé superposé au Natural Night.

Test du filtre Nisi Natural Night pour supprimer la pollution lumineuse
Qualité du verreRendu fidèle des couleursGain de temps en post-productionProtection anti reflets
Ce type de filtre reste fragilePrix élevé
8Note finale
  • Thierry Dehesdin

    J’aurais dit que la pollution lumineuse modifiait le bleu du ciel, mais pas le paysage urbain. D’ailleurs si l’on regarde l’arrivée sur la Défense :
    sans le filtre, on a une grande richesse, avec beaucoup de nuances et de subtilité dans les couleurs, sur la route et (de façon moins probante) sur les façades des immeubles. Ce qui est normal. Les lampes de l’éclairage publique ne sont pas homogènes et leur IRC peut varier considérablement.
    Avec le filtre, on a une dominante rose qui écrase toutes les nuances et qui ne me semble pas plus « réaliste », et photographiquement nettement moins intéressante. (Je ne peux pas juger du « réalisme » de la façade de l’église, mais dans l’expérience directe vous la perceviez avec cette couleur vinasse?)
    Ce qui me surprend le plus c’est que le mode « Auto » du boîtier n’est pas éliminé cette dominante. Est-ce que vous avez-fait des essais en Raw en utilisant le mode « Auto » de Lightroom?
    (Pour Paris, c’est plus difficile de se prononcer en raison de l’exposition.)

    C’est difficile de se prononcer sans avoir essayer l’objet, 🙂 mais son utilité me semble limité aux amateurs de ciels nocturnes. (Encore que, dans la mesure où de nombreuses lampes aux caractéristiques différentes sont utilisées pour l’éclairage urbain, est-ce que la dominante est constante?)

    • Bonjour Thierry,

      En effet, la photo avec filtre mérite peut-être un petit redressement de balance des blancs mais nous voulions illustrer avec un fichier brut sorti de boitier. Certaines nuances pourraient aussi être ressorties. Mais l’utilisation du filtre permet de correctement supprimer « l’excès » de jaunes, qu’il n’est pas possible d’effectuer via un logiciel.

      À bientôt

  • Antoine

    Je suis assez d’accord avec Thierry Dehesdin concernant la teinte légèrement violette.
    Finalement ce filtre corrige le « surplus »de jaune mais c’est la teinte violine qu’il faudra finalement traiter en PT. Pour moi l’intérêt de ce filtre est principalement pour l’astrophoto.

  • Patrick Boussuge

    Je viens de regarder les fichiers Raw du test mis à disposition et je partage globalement l’avis de Thierry et Antoine.
    L’image avec filtre ressemble à une image avec une Bdb plus froide et surtout une dominante Magenta pas du tout esthétique à mon gout. Bien sur il s’agit d’un fichier brut qui pourra être retraité mais tel quel le fichier n’est pas satisfaisant.
    Pour la forme, j’ai fait l’exercice de post-traiter le fichier sans filtre dans LightRoom et en 3 modifications basiques (BdB, haute lumière) j’ai obtenu un fichier assez correct … (bien évidemment je l’ai traité à mon gout et chacun pourra avoir une volonté de traitement différent).
    Bref, dans la mesure ou avec ou sans filtre il faudra passer un peu de temps en post-traitement j’avoue que je reste dubitatif sur ce filtre pour la photo urbaine. Je ne me prononce pas sur la photo astro n’ayant pas d’image pour effectuer une comparaison.
    Je précise pour la forme que je suis par ailleurs un utilisateur très satisfait des filtres NISI ND/GND ! https://uploads.disquscdn.com/images/d854df158ba58d5c37d16b8ef6112649935c0cfe29e63385aa07a8b0cc2cbb10.jpg

    P.S. : on a failli se croiser le jour des tests …. j’étais personnellement sur le spot de la Défense 2 jours avant vos tests du filtre …. 🙂
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1582934751736752&set=gm.873141569493873&type=3&theater