À l’occasion du CVPR 2017, une conférence sur l’intelligence artificielle à Hawaï, une équipe de chercheurs chez Google a démontré qu’il était possible de supprimer facilement les filigranes (watermarks) utilisés par les photographes ou banques d’image pour protéger leurs droits d’auteur.

Tali Dekel, Michael Rubinstein, Ce Liu et Bill Freeman ont analysé des centaines de photos avec watermarks et en ont déduit que ces derniers sont souvent identiques. En prenant une photo seule, il est difficile de retirer complètement un watermark complexe sans risquer de la dégrader, surtout quand le filigrane est sur l’ensemble de l’image. Mais lorsque les photos sont analysées en lot, grâce à la vision par ordinateur, un algorithme est capable de détecter le motif du watermark et peut facilement recréer une photo propre, sans watermark.

Cette découverte, dans les mains de Google, pourrait sonner le glas de la protection des photos par watermark (une bonne chose pour nos yeux, une mauvaise pour les détendeurs des droits d’auteur). Mais cette recherche souhaite plutôt indiquer une vulnérabilité pour les banques d’images et les photographes.

L’équipe de chercheurs propose même une solution pour rendre les filigranes plus efficaces. Plutôt que de déplacer le filigrane ou changer son opacité, deux options inefficaces face à l’algorithme, ils proposent un changement aléatoire mineur dans la forme du filigrane ou son texte. Dans le jargon technique, on parle de « perturbations géométriques aléatoires », qui engendreront des marques sur les photos une fois l’algorithme passé, car ce dernier n’est pas (encore) capable d’anticiper ces changements aléatoires.

Voici la vidéo de la présentation donnée au CVPR 2017 « On the Effectiveness of Visible Watermarks » :

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