Les Rencontres Photographiques d’Arles reviennent pour leur 48ème édition avec un programme mettant à l’honneur l’Amérique latine et le Moyen-Orient. Du 3 juillet jusqu’au 24 septembre 2017 (semaine d’ouverture du 3 au 9 juillet), cet événement photo annuel propose une quarantaine d’expositions à visiter dans 25 lieux et présentant 250 artistes au total.

Fort de son succès en 2016 qui a vu plus de 100 000 visiteurs fouler les itinéraires arlésiens, le festival ajoute ainsi 2 nouveaux espaces et fait participer artistes, photographes, commissaires, éditeurs, collectionneurs et galeristes. Aux côtés du thème principal dévoué à l’Amérique latine, les Rencontres incluent d’autres sous-thèmes qui vous mèneront jusqu’à « la Perse, des rives de Bosphore à la frontière syrienne, du château d’Avignon aux caravanes arlésiennes » comme l’explique Sam Stourdzé, directeur des Rencontres depuis 3 ans.

© Gideon Mendel – « Un monde qui se noie »

Latina !

Cette année, c’est l’Amérique latine, et en particulier la Colombie, que les Rencontres d’Arles mettent en avant. Pour l’occasion plus d’un trentaine de photographes sud-américains sont exposés, dont 28 artistes colombiens dans le cadre de l’exposition « La Vuelta » : les projets explorent autant le conflit armé du pays qui a duré 60 ans, que ses mutations sociales, économiques, politiques, les changements culturels et identitaires.

Parmi les exposants, on trouve la photographe Paz Errázuriz qui documente en noir et blanc le Chili de la dictature de Pinochet à travers 150 tirages des années 1970 à nos jours.

© Paz Errázuriz

L’expérience du territoire

A travers ce sous-thème, plus que d’actualité aujourd’hui, le festival cherche à interroger l’impact et l’influence des changements de frontières, des aménagements, des créations d’espaces sur la culture du paysage. Plus d’une vingtaine d’artistes, français et internationaux, partagent leur vision.

Ainsi, l’espagnole Marie Bovo qui vit aujourd’hui en France s’est penchée sur les parcours des trains longue distance de l’Europe orientale et de la Russie. Durant ces voyages qui durent parfois plusieurs jours, la photographe ne capture que la scène encadrée par les portes ouvertes à chaque arrêt du train.

© Marie Bovo

Désordres du monde

Les « désordres du monde » présentent des projets photo consacrés aux bouleversements politiques contemporains, aux problèmes climatiques, aux luttes environnementales et sociales… et donc aux possibles scénarios de notre futur commun.

Ainsi quand Gideon Mendel, avec « Un monde qui se noie », s’est penché sur les inondations dans 13 pays symbolisant les conséquences humaines du changement climatique, le français Mathieu Asselin a livré son « enquête photographique » sur le géant agro-alimentaire Monsanto qui commercialise les OGM depuis maintenant 20 ans, sans tenir compte des risques environnementaux.

© Mathieu Asselin – « Monsanto, enquête photographique »

Les plateformes du visible

Cet ensemble d’expositions est dédié au genre de la photo-documentaire et à son renouvellement constant. On peut alors croiser, au détour de la Maison des peintres, un nouvel espace d’exposition pour les Rencontres, le travail de Mathieu Pernot. Après sa rencontre en 1995 avec la famille Gorgan, issue de la communauté rom, il décide de vivre en leur compagnie et réalise un corpus d’images en noir et blanc relatant le quotidien de cette famille installée dans le pays depuis plus d’un siècle.

© Mathieu Pernot

Je vous écris d’un pays lointain

Cette année, ce sont les histoires de deux pays bien différents qui sont placés sous les projecteurs : l’Iran et l’Espagne. Avec « Iran, année 38 », 66 photographes iraniens présentent leur vision de leur pays depuis la révolution islamique en 1979 qui a renversé des siècles de tradition et d’histoire.

© Sina Shiri, « Iran, année 38 »

L’exposition de  « Blank Paper », un collectif de photographes établi à Madrid, rassemble le travail du groupe qui a su se développer indépendamment des moments de crise économique et des bouleversements sociaux.

Mise en scène

Ici ce sont plusieurs travaux photo, jouant sur une mise en scène travaillée, qui sont mis en avant, et parmi lesquels on peut découvrir notamment les autoportraits de l’actrice Audrey Tautou.

Mais les Rencontres d’Arles lancent surtout la première grande rétrospective de l’artiste japonaise Masahisa Fukase en Europe. L’ensemble de son travail, depuis les années 1960, est présenté à travers des tirages originaux, des oeuvres graphiques et des archives de magazines, abordant les thèmes qui lui sont chers tels que la famille, l’amour, l’amitié, la solitude et la mortalité.

© Masahisa Fukase

Relectures

Les « relectures » permettent de retrouver des fonds photographiques et/ou des photographes reconnus à travers des expositions inédites proposées pour l’occasion. Dans ce cadre, les Rencontres s’associent avec d’importants lieux culturels comme le centre George Pompidou.

Pour le 40ème anniversaire du centre cette année, un expositions consacrée au « Spectre du surréalisme » est organisée : elle montre à quel point la photographie surréaliste a inspiré les artistes de l’après 1945 et les a amenés à jouer sur les codes artistiques contemporains avec l’absurde tout en interrogeant les enjeux politiques.

Etranges collectionneurs

Arles donne toujours la part belle aux collectionneurs et nous offre l’occasion de découvrir des collections et fonds photographiques privés. Cette année, c’est la collection Claude Ribouillault qui dévoile ses bizarreries : elle donne à voir une impressionnante variété d’images et portraits tirés de la vie privée où « gnomes ou ogres, lilliputiens ou costauds, vrais ou faux Pygmées, nains ou colosses de spectacle ou de la rue » se côtoient.

© Collection Claude Ribouillault

Emergences

C’est la nouveauté de cette année ! Les rencontres d’Arles font évoluer leur prix Découverte, qui a permis à de nombreux jeunes talents de sortir de l’ombre, en y associant les galeries. Ainsi, ce sont les galeristes qui ont pu proposer un artiste qu’ils défendent.

Parmi les 200 candidatures reçues, 10 projets ont été retenus et sont exposés aux Rencontres. Lors de la semaine d’ouverture, l’un de ces projets sélectionnés, ainsi que sa galerie associée, seront récompensés par le Nouveau Prix Découverte et une acquisition des oeuvres par les Rencontres la somme de 20 000 euros.

Parmi ces talents dénichés, Ester Vonplon nous livre la dernière et troisième partie de son projet consacré à la glace et à la neige, afin de mettre en avant les effets du réchauffement climatique aujourd’hui. De son expédition dans l’océan Arctique, il rapporte des images évanescentes, blanches, graphiques des glaciers.

© Ester Vonplon

Semaine d’ouverture : du 3 au 9 juillet 2017

Au programme de la semaine d’ouverture, des projections, des lectures et conférences, et une soirée d’ouverture le lundi 3 juillet à Croisière. Du 4 au 8 juillet ont lieu les rencontres Olympus, partenaire de l’événement qui appelle les exposants, professionnels et jeunes talents à s’exprimer. Par ailleurs, la 4ème édition de la « Conversation photographique d’Olympus » met en relation deux diplômés de l’ENSP, Guillaume Herbaut et Eléonore Lubna, afin qu’ils croisent leur regard sur l’Ukraine contemporaine.

Entre le 3 et le 7 juillet 2017, des stages courts, accessibles sur inscription, se déroulent à la Maison des Stages, et les visiteurs peuvent obtenir des dédicaces pendant toute la semaine, au Cosmos-Arles Book qui rassemble un grand nombre de livres des photographes exposés. Le VR Arles Festival, un ensemble de projections en réalité virtuel, est aussi de retour pour sa seconde édition.

© Rencontres d’Arles – VR Arles Festival

Pour plus d’informations sur l’ensemble du programme de l’édition 2017 des Rencontres d’Arles, rendez-vous sur le site de l’événement.

Informations pratiques
Rencontres Photographiques d’Arles 2017
Du 3 juillet au 24 septembre 2017
Tous les jours de 10h à 19h30
Forfait toutes expositions : juillet/août 36€ en ligne (40€ sur place) ; tarif réduit 28€ en ligne (32€ sur place), septembre 30€ (34€ sur place), tarif réduit 25€ en ligne (29€ sur place)
Forfait journée : juillet/août 29€ en ligne (33€ sur place), tarif réduit 24€ en ligne (28€ sur place) ; septembre 27€ en ligne (31€ sur place), tarif réduit 22€ en ligne (26€ sur place)
Forfait semaine d’ouverture : 49€ en ligne (53€ sur place)