A l’occasion de la publication de sa première (et imposante) monographie, Generation Wealth, chez Phaidon, la photographe et réalisatrice américaine Lauren Greenfield anime une rencontre-dédicace le mercredi 17 mai 2017 à 19h au MK2 Grand Palais à Paris. Une occasion de découvrir cet ouvrage complet de 504 pages rassemblant 672 photographies (couleur et noir et blanc) et 150 « auto-interviews » consacrés à son projet documentaire ambitieux et de long-terme sur la population américaine et internationale obsédée par la richesse.

Pour résumer, selon le New-York Times, « Generation Wealth est une enquête sociologique sur les mesures extrêmes entreprises pour obtenir et dépenser (beaucoup) d’argent, ce que Greenfield appelle ‘l’influence de l’aisance’« . Car c’est bien là-dessus que se concentre toute l’oeuvre photographique de Lauren Greenfield qui l’a amenée à traverser les Etats-Unis, et même les frontières, pendant 25 ans. Elle cherche à documenter ceux qui cherchent à devenir riches en se concentrant beaucoup (mais pas seulement) sur cette jeunesse qui rêve de fortune et de célébrité et vit purement et inconsciemment (ou non) selon les lois du consumérisme et du narcissisme.

© Lauren Greenfield - Generation Wealth

© Lauren Greenfield – Generation Wealth

Cependant, la photographe l’indique elle-même, ce n’est pas un livre sur la richesse mais sur l’apparence, l’illusion et surtout le désir inconsidéré de la richesse : « it is more about wanting than having » (« c’est plus sur le vouloir que l’avoir »). Car tous ceux qu’elle photographie ne sont pas riches mais aspirent à l’être et finissent par tomber dans le « piège de la fortune », celui du tape-à-l’oeil, du « toujours-plus ». Elle dévoile en fait les travers de nos sociétés occidentales bercées par l’idée du « fake it ’til you make it » (« fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives »). Ici c’est de donner l’apparence de rouler sur l’or jusqu’à ce que ce soit vrai.

© Lauren Greenfield - Generation Wealth

© Lauren Greenfield – Generation Wealth

Organisé en sections chronologiques, étalées sur 25 ans de travail, le livre de Lauren Greenfield commence avec la genèse innocente du projet qui se demandait comment grandissait la jeunesse de Los Angeles, la ville d’enfance de la photographe. C’est en s’intéressant à ces jeunes que Lauren Greenfield est confrontée à leur intérêt pour l’argent : « dans beaucoup de mes interviews, quand je demande aux enfants ce qu’ils veulent faire quand ils deviennent grands, ils disent riches et célèbres« . Billets de $100 exhibés par des gamins de 13 ans, concours de beauté pour des petites filles de 6 ans sur-maquillées et sûres d’elles, corps standardisés à la chirurgie esthétique, manoirs de faux aristocrates et de nouveaux riches… Ces images s’enchaînent et laissent un arrière-goût de matérialisme.

Mais la dernière partie du livre révèle l’envers du décor via les effets inéluctables de la crise de 2008 : les étudiants fauchés et les personnes ayant perdu leur emploi côtoient les maisons à moitié construites. Cette obsession avec la richesse dévoile en fait la réalité des inégalités aujourd’hui : le manque de mobilité sociale, plus marqué qu’avant encore, est remplacé par une fausse mobilité fondée sur le paraître et le faux-semblant.

© Lauren Greenfield - Generation Wealth

© Lauren Greenfield – Generation Wealth

Cette monographie se dessine en véritable portrait de société, alors n’hésitez plus à pré-réserver votre place sur le site du MK2 en choisissant l’un des deux tarifs proposés (avec ou sans livre inclus). Organisée par Phaidon et animée par la rédactrice en chef de Télérama, Yasmine Youssi, cette conférence permet à l’artiste de revenir sur ce projet titanesque et de dédicacer ses livres pour les participants !

Informations pratiques
Mercredi 17 mai 2017 – 19h
MK2 Grand Palais
3 avenue Winston Churchill 75008 Paris
Entrée par la Rotonde Alexandre III, en face du restaurant Mini Palais
Tarif 1 : 69,95€ (entrée incluant le livre « Generation Wealth » dédicacé à hauteur du prix public du livre de 69,95€)
Tarif 2 : 9,95€ (entrée sans livre)