Le sténopé fait-maison, c’est quelque chose de connu chez les amateurs de photo et ceux qui aiment bien expérimenter avec la lumière et le développement. Mais les deux artistes et techniciens en photographie Michael Farrell et Cliff Haynes sont allés encore plus loin que la simple boîte percée d’un trou d’aiguille avec leur « appareil photo de paille » (Straw Camera).

C’est en effet par intérêt commun pour la création « d’images de la manière la plus directe possible » que le duo d’artistes s’est penché sur les appareils photo sténopés, en transformant d’abord un Polaroïd en l’un des ces appareils faits-maison.

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera - Voici leur dispositif avec 32 000 pailles

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera – Voici leur dispositif avec 32 000 pailles

Le sténopé est un trou, percé dans une boîte noire hermétique, qui remplace l’objectif d’un appareil en laissant passer la lumière. Sur la surface opposée à ce trou s’imprime une image inversée de la réalité sur un papier photographique par exemple. Avec cette méthode, l’image développée par la suite est en négatif, il est donc nécessaire de superposer ce négatif sur un autre papier photo pour en tirer une image positive.

Bien que leur « appareil photo de paille » se fonde sur ce même principe, son résultat est bien différent. En effet, il ne produit pas une image à partir d’une seule et même perspective comme pour un sténopé traditionnel, mais à partir d’une perception multiple puisque la lumière traverse chaque paille de manière individuelle : l’image créée est donc constituée ici de 32 000 cercles… ce qui donne cet effet pointilliste caractéristique !

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

Après avoir commencé à construire leur appareil à partir d’un caisson en bois et de 23 000 pailles de couleur noire, Michael Farrell et Cliff Haynes ont progressivement augmenté le nombre de pailles pour arriver jusqu’à 32 000. Chaque paille mesure 25,4 centimètres de long avec un diamètre de 2 millimètres, offrant ainsi une ouverture de f/127, ce qui ne permet aucune profondeur de champ.

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera

Avec ce dispositif, les deux créateurs se sont d’abord amusés avec des natures mortes et des objets, « qui ne bougent pas ou ne finissent pas par s’ennuyer », puis sont rapidement passés aux portraits « plus intéressants et plus intrigants » selon Michael. Ils ont demandé à leur modèle de choisir une pose, qu’il devait maintenir jusqu’à ce que la lumière de leur flash soit déclenchée et qu’elle ait le temps de traverser les pailles pour s’imprimer en négatif sur le papier.

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Nature morte

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Nature morte

Après avoir expérimenté avec du papier photo pour tirage noir et blanc, ils sont passés à la couleur, en imprimant le négatif produit avec leur appareil à paille sur une autre feuille de papier photo couleur.

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Straw Camera, Portrait

Mais les deux artistes britanniques ne se sont pas arrêtés là et continue d’améliorer leur projet lancé depuis 2007. Afin de corriger l’irrégularité des pailles qui sont toutes uniques et ne donnent donc pas un résultat égal, ils ont remplacé leur dispositif de pailles avec un revêtement de sol en plastique noir ondulé.

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Nouveau dispositif

© Michael Farrell & Cliff Haynes, Nouveau dispositif

Si vous souhaitez en connaître un peu plus sur leur projet « Straw Camera », n’hésitez pas à lire la petite explication de Cliff Haynes (écrite en anglais) sur leur site.