L’association artistique 60ADADA organise une exposition photo, “Interstices”, sur le travail de 10 photographes qui se sont consacrés à l’exploration urbaine, notamment autour de Paris, du 24 février au 12 mars 2017. Avec cette exposition ce sont donc les “interstices” de la ville, ces lieux urbains dissimulés, interdits, abandonnés si fascinants, que l’association décide de mettre en avant.

© Diane Dufraisy

© Diane Dufraisy

Le 60ADADA, spécialiste des expérimentations artistiques et sociales

Créée en 1985, l’association 60ADADA s’installe à Saint-Denis (93) avec pour ambition de confronter l’espace public et citoyen à des expériences créatives originales afin de devenir “le petit peuple de l’art contemporain”. Regroupant une cinquantaine d’artistes et étant animé par une collégiale de 8 co-présidents, l’association finit par ouvrir en 2003 un espace commun artistique et d’expositions, le 60.

Depuis plusieurs années, le collectif organise expositions, manifestations, conférences et débats, ateliers et cours de pratique artistique, résidences d’artistes, tout en s’adressant à tous les arts : arts plastiques, danse, photo, vidéo, poésie, théâtre, etc. Il cherche à associer la création artistique avec le partage social afin de créer un espace citoyen et artistique. C’est pourquoi le 60ADADA est aussi membre de la FRAAP (Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens) et est soutenu par la ville de Saint-Denis.

© Olivier Dexheimer

© Olivier Dexheimer

Un thème qui donne à voir la ville autrement

La ville est un lieu historique ancien bâti par la main de l’Homme dans le but de créer des réseaux d’intérêt commun rendant la vie en société plus adaptée. Progressivement la ville s’organise autour de structures de rues, d’approvisionnement en eau, de systèmes d’égouts, de réseaux téléphoniques, électriques, de transports en commun, etc. C’est au cours du 19ème siècle et du 20ème siècle qu’elle connaît de nombreux bouleversements avec la hausse et le regroupement des populations, des activités et le développement des technologies.

Mais avec cette expansion des infrastructures et la transformation de l’espace urbain, des lieux auparavant fonctionnels finissent par devenir inutiles et se retrouvent cachés, abandonnés, réduits. L’espace de la ville, tout en se construisant, se morcelle et accumule des ruines… Que le 60ADADA a pour vocation de mettre au jour !

Avec son thème d’expo urbex, “Interstices”, le collectif a proposé aux 10 participants de s’intéresser à ces lieux cachés et d’en offrir au public une interprétation personnelle, à la fois documentaire et onirique. En suivant leurs parcours, vous découvrirez les lieux non balisés de la ville, les espaces immenses dissimulés derrière d’étroits passages, les endroits mystérieux réinvestis par la nature même.

© Diane Dufraisy

© Diane Dufraisy

10 artistes-photographes à l’honneur

Parmi les 10 artistes-photographes exposés, beaucoup se sont intéressés à la ville souterraine, mais pas seulement : paysages industriels, lieux abandonnés, bâtiments transformés et réinterprétés ont aussi leur place.

Parmi eux, Zul, touche-à-tout, et Herèm, l’autodidacte, concentrent leurs projets sur les Catacombes de Paris, de leurs galeries et de leurs murs encore bien vivants. Jean Roulin, “photographe de l’obscurité”, met en lumière les carrières abandonnées, quand Lotus intègre ses modèles dans un décor brut de souterrains et galeries abandonnés et que François K. vous donne accès à des lieux inaccessibles “dont le but premier n’est pas nécessairement d’être beau mais simplement fonctionnel”.

© François Knox

© François K.

Maxime Rouge et Diane Dufraisy interprètent les espaces souterrains et abandonnés avec une vision artistique : le premier, photographe de rue, a immortalisé les oeuvres du street artist Nobad, explorateur des dessous parisiens, et la seconde mêle reportage documentaire sur le patrimoine oublié et mises en scène dans ces décors particuliers. La photographe-vidéaste Lenaj partage aussi une sélection de ces nus photographiés dans l’environnement urbain.

Enfin, Caroline Crête explore “la valse du bâti”, mettant en lumière les transformations des architectures, les constructions et destructions, quand Olivier Dexheimer s’intéresse aux bouleversements qu’ont connu les sites industriels du fer au fur et à mesure du développement des sociétés.

© Lenaj - Nu

© Lenaj – Nu

N’hésitez pas à aller découvrir les facettes cachées de la ville et à aller jeter un oeil sur le site du 60ADADA.

Informations pratiques
Exposition photo “Interstices”
Du 24 février au 12 mars 2017
Vernissage le 24 février dès 18h
Le SoiXante, AdaDa, 60, rue Gabriel Péri 93200 Saint-Denis
Du mardi au vendredi de 14h à 21h. Du samedi au dimanche de 12h à 20h.