Cette semaine, Maximilien Charlier, un lecteur de Phototrend, partage dans ce Mercredi Pratique une enquête qu’il a menée sur les piles Eneloop Pro et qui intéressera sûrement les photographes utilisant des piles AA pour leurs shootings.


Les piles Eneloop, le Graal des photographes

Les piles AA rechargeables Eneloop de Panasonic sont très prisées par les photographes strobist. Elles se distinguent des autres piles rechargeables par trois caractéristiques. Premièrement, elles sont dites LSD pour « Low Self Discharge », autrement dit quand celles-ci ne sont pas utilisées elles ne se déchargent que très faiblement (comparées à la concurrence). Leur deuxième caractéristique est leur durée de vie : celles-ci ont une faible perte de capacité au fil des recharges, ce qui permet de les garder plus longtemps. Enfin, elles sont conçues pour être utilisées dans le froid sans que cela pose de perte (très forte) de capacité.

Pour ces diverses raisons, elles sont extrêmement appréciées par les photographes. Les piles Eneloop sont disponibles en 3 catégories Eneloop Lite / Eneloop et Eneloop Pro détaillées dans le tableau ci-dessous. Eneloop recommande d’utiliser les piles de la gamme Pro pour les flashs, du fait qu’elles permettent plus d’éclairs et que les flashs consomment à chaque déclenchement une grande quantité d’énergie. Cela oblige donc le photographe à s’équiper de piles très qualitatives et relativement chères. Heureusement, il existe des alternatives moins chères et de qualité équivalente.

AAEneloop Lite
EneloopLITE_battery_AA
Eneloop
Eneloop_battery_AA
Eneloop Pro
EneloopPRO_battery_AA
Capacité minimum (mAh)100019002450
Cycle de vie30002100500
Tension (Volt)1.21.21.2
PréchargéOui (Energie solaire)Oui (Energie solaire)Oui (Energie solaire)
Lieu de fabricationChineJapon (FDK)Japon (FDK)
Auto décharge70% (5 ans)70% (10 ans)85% (1 an)
Prix pour 412 €14 €17 €

Quelles alternatives aux piles Eneloop ?

En 2005, Panasonic a montré son intention de racheter Sanyo, entreprise ayant inventé les Eneloop et qui se chargeait de leur production. Avant le rachat effectif de Sanyo par Panasonic en 2010, Sanyo a dû revendre l’usine de production à FDK (une sous-filiale de Fujistu) afin d’éviter un monopole dans la production des piles Ni-Mh. Il en résulte que Panasonic est le détenteur de la marque Eneloop, mais que leur production est effectuée par FDK. Depuis cet arrangement, d’autres entreprises peuvent acheter des piles ayant la même formule que les Eneloop.

Parmi celles-ci on retrouve Fujistu et Amazon. Les piles Ikea LADDA semblent elles aussi être produites suivant la recette Eneloop, cependant celles-ci ne coûtent que 6,99 euros contre 17€ pour des Eneloop Pro ! Si l’on regarde le tableau ci-dessous, on remarque aisément les points communs de ces piles. De plus, le site spécialisé en analyse de pile et chargeur lygte-info indique que ces 3 piles ont un profil de charge et décharge identique, ce qui conforte l’idée qu’elles sont produites de la même façon.

Pour cette raison, les piles rechargeables LADDA 2450 d’Ikea, bien moins chères, sont une très bonne alternative aux piles Eneloop Pro.

AAEneloop Pro
EneloopPRO_battery_AA
LADDA 2450
ladda-pile-rechargeable2
AmazonBasics
Amazon_battery_2500
Capacité minimum (mAh)245024502500
Cycle de vie500500500
Tension (Volt)1.21.21.2
PréchargéOui (Energie solaire)OuiOui (Energie solaire)
Utilisable dans le froidOui?Oui
Lieu de fabricationJapon (FDK)JaponJapon (FDK)
Auto décharge85% (1 an)80% (1 an)75% (1 an)
Masse (g)30.430.330.1
Prix pour 4 (en €)17 €6,99 € 11,29 €

Comment conserver et recharger vos piles ?

Avant de terminer cet article, voici quelques conseils sur comment conserver et recharger vos piles.

Utiliser des boites de rangement

L’utilisation de boite de rangement permet d’éviter de court-circuiter vos piles, mais aussi de les mélanger. Il faut savoir que lorsque l’on utilise des piles pour ses flashs, il est préférable de les garder par lots de quatre dès l’achat. Ceci pour plusieurs raisons :

  • Afin qu’elles s’usent de la même façon.
  • Afin d’avoir un temps de recharge similaire pour les quatre piles.
  • Car les flashs ont besoin d’utiliser 4 piles du même type et de même capacité (donc de même usure).

Afin d’éviter de mélanger les piles, quand j’ai plusieurs lots identiques je prends soin de noter un numéro sur chaque pile pour bien identifier le lot. Vous trouverez facilement les boites présentes sur la photographie ci-dessous sur Amazon. Elles coûtent environ 0,30€ pièce.

flash-piles

Recharger ses piles

Il est préférable d’utiliser un chargeur lent afin de conserver ses piles plus longtemps. Plus la charge est lente, moins les piles ne chauffent durant la charge et plus la réaction chimique dans la pile se fait de façon optimale (ce qui contribue à sa longévité).

Il est aussi préférable d’utiliser un chargeur dit « Smart » qui charge chaque pile indépendamment. Cela permet de stopper la charge de chaque pile au bon moment. Avec un chargeur standard, si vous avez une pile qui est moins chargée que les autres, le chargeur va la recharger jusqu’au bout, mais il va aussi surcharger les autres piles (ce qui va inévitablement les abimer).

Pour ma part j’utilise un chargeur Opus BT-C700, celui-ci permet une charge indépendante de chaque pile et donc de charger des piles de différentes capacités/lots en même temps. Il permet aussi de choisir la capacité de charge (200/400/800 mAh), plus la valeur est faible, plus la charge est lente et mieux c’est. Enfin, il permet de faire une charge « test » qui décharge puis charge la pile afin de connaitre sa capacité réelle (et de tester si elle est encore utilisable). Ce chargeur possède un mode « refresh » qui permet de compléter une charge pour les piles étant restées entreposées longtemps.

Pour résumer : évitez les chargeurs rapides et privilégiez un chargeur lent ayant une intensité de 200 ou 300 mAh. Utilisez un chargeur Smart (une lampe par pile) qui permettra de finir la charge de chaque pile au bon moment. Enfin, ne mélangez pas vos piles et chargez toujours les piles d’un même lot ensemble.

  • Guy Plotton

    Merci beaucoup pour ces informations précieuses.
    Il y a par ailleurs une autre caractéristique importante pour les piles rechargeables, c’est leur résistance interne. Je l’ai constaté en utilisant une poignée grip Pentax qui peut fonctionner aussi bien avec batterie constructeur qu’avec des piles AA grâce à deux supports différents. Avec certaines piles AA rechargeables, la puissance consommée avec certaines fonctions (Liveview particulièrement) fait chuter la tension et ne permet pas un fonctionnement normal. Avez vous des éléments sur le sujet?

    • Elles sont à 40 milliohms (comme les Eneloop pro) d’après le site
      http://lygte-info.dk 🙂 Pour celle que j’ai, c’est entre 50 et 60 (avec 20% de
      marge d’erreur), mais elles n’ont pas encore eu leurs 3 cycles de rodage. Mon
      chargeur affiche 3200miliohms pour les piles GP que j’utilisais
      couramment…
      C’est pour ça que dans la fin de l’article je conseille de les
      recharger et de les utiliser en lot de 4 pour garder l’usure (l’augmentation de
      la résistance interne) identique/proche. Si une des piles à une résistance plus
      grande que les autres elle va être le « maillon faible » et discriminer tout le
      jeu de pile.
      ==> c’est ce qui se passe dans une batterie de PC portable
      (composé de 6 à 10 cellules (batteries)), si une des cellules « meurt » toute la
      batterie est corrompue, mais on peut toujours la démonter et utiliser la majeure
      partie des cellules pour faire des bricolages :p

      Pour les informations
      sur la résistance interne (d’après le mode d’emploi du chargeur):
      – Une bonne
      batterie à une résistance interne très basse de l’ordre de 20 à 80
      milliohms.
      – Si une batterie à une résistance interne de plus de 500
      milliohms, elle n’est plus conseillée pour une utilisation demandant une grande
      quantité d’énergie en un court laps de temps (pour un flash ce n’est pas
      recommandé donc), mais elle peut-être utilisée pour une utilisation demandant
      peu d’énergie comme une horloge, une télécommande.

    • Guy Plotton

      Merci pour ces infos complémentaires qui confirment ce que j’ai pu constater. Effectivement une batterie à forte résistance interne est déconseillée pour des appareils forts consommateurs d’énergie comme les flashs, mais dans ce cas l’utilisation reste possible à condition d’être plus patient pendant le temps de la recharge.
      Pour l’exemple que je cite avec un boitier, l’utilisation est par contre impossible car si le voltage délivré baisse en dessous du minimum toléré par le boitier, il se met hors service.
      Si le chargeur Opus BT.C700 permet de mesurer la résistance interne des batteries, cela fait une très bonne raison de plus pour l’acquérir, ce que je ferai sans tarder si vous me le confirmez.

    • Bonjour, OUI il permet de mesurer la résistance interne 😀
      Il a 5 modes: Charge, Décharge, Test, Test Rapide, Rafraîchir
      – CHARGE : mode standard de charge d’une pile: on peut choisir le mode 200, 300, 400, 500, 700 et 1000 mA (le mode 1A n’est disponible que sur les slots 1 et 4 si les slots deux et 3 sont vides), il y a un algorithme pour stopper la charge au bon moment et aussi pour réduire la vitesse de la charge en fin de charge.
      – Décharge: Décharge la pile, réglable: 100, 200, 300 (par défaut), 400 et 500mA
      – Test: Charge, puis décharge, puis charge la pile et affiche la capacité totale de la pile.

      – Test rapide: injecte du courant de la pile et teste sa résistance interne (à faire sur des piles chargées, marge d’erreur de 10 à 20 % d’après le mode d’emploi)

      – enfin, Rafaichir: « Charge, puis décharge, puis charge la pile » et cela 3 fois afin de la remettre en service si elle est restée longtemps sans être utilisée. => peut prendre une semaine haha

      Enfin: on peut choisir le mode pour chaque slot indépendamment (on règle le chargeur quand on insert une pile). Pendant la charge on peut afficher plusieurs choses: la durée de charge, le nombre de mAh injecté dans la pile (il peut être beaucoup plus faible que la valeur attendue => si la résistance interne est grande elle bouffe de l’énergie à la charge. Enfin, de base sa affiche la puissance de charge en mA (elle varie, vers la fin de charge le chargeur diminue la puissance envoyée dans la pile pour garantir sa durée de vie).

      Bref, dans l’article j’ai donné le lien vers une annonce pour le trouver pour presque rien (moins de 20€ (livraison en 1mois et demi, ça vient de chine)) après il y a des équivalents sur amazon mais ça casque à presque 50 euros.

      Pour plus d’info sur le chargeur tu peux lire le test sur lygte-info.dk:
      http://lygte-info.dk/review/Review%20Charger%20Opus%20BT-C700%20UK.html

      Au début j’ai eu du mal, mais après lecture du mode d’emploi (qui ne fait que 4 pages) j’ai su l’utiliser et j’en suis super satisfait 🙂

    • Guy Plotton

      Merci beaucoup, c’est très précis, je commande. Peut être à une prochaine fois pour d’autres infos intéressantes.

  • Dominique Levesque

    Merci pour ces informations, j’avais eu connaissance il y a longtemps sur un forum des piles Eneloop et des piles Uniross Hybrio que j’avais, à l’époque, choisi. Je dispose aujourd’hui de plusieurs jeux de piles AA et AAA et d’un chargeur Uniross. Les piles Eneloop seront-elles compatibles avec ce chargeur ?

    • Il s’agit de pile NiMh donc oui. Après à savoir si le chargeur est bien adapté: bon algorithme de fin de charge, « smart » et si il charge le pile « lentement » ça je ne sais pas dire (il faudrait la référence complète du chargeur).

  • Excellent article et bien détaillé Maximilien ! J’utilise les piles Eneloop depuis plusieurs années et effectivement je ne saurais plus faire sans ! Les économies et le confort d’utilisation sont top. Tes conseils sont bons concernant les boîtes et l’utilisation, car j’ai fait cette erreur de ne pas les marquer et je les ai un peu mélangées … J’en rachète chaque année donc j’ai des « générations » différentes, et les premières commençant à faiblir cette année, j’ai un regret de ne pas avoir une identification plus sûre que l’aspect visuel. Je vais de ce pas acheter des boîtes ! 😉

    • Merci! 🙂 Tu peux aussi noter un numéro sur les piles, par exemple sur la photo de couverture de l’article, j’ai noté « 1 » sur un jeu et « 2 » sur un autre jeu de piles Ikea… bon après faut avoir un bic à CD ou un indélébile.

    • Oui tu as raison ! J’avais aussi pensé à des petites gommettes de couleur (notamment pour les piles pro qui sont noires 😀 ) mais je l’ai pas fait par manque de temps au moment de la première utilisation … 🙁 Je pense que les boîtes c’est pas mal, ça permet aussi d’éviter les courts circuits comme indiqué dans ton article ! J’ai eu le cas cette saison d’une pièce de monnaie qui s’est glissée dans la poche de mon sac, où je place mes piles « déchargées » pour les identifier en cours de reportage : il y a eu une surchauffe par contact … j’aurais pas pensé ! Les piles sont devenues vraiment bouillantes et se sont ouvertes. Je pense même que ça aurait pû être plus dangereux ! ^^

  • Cyril Charpin

    Commandées… on verra bien 🙂

  • RedOne

    Salut la team,
    Merci pour cet article complet.
    Concernant les accus Ladda 2450, je viens d’investir et j’ai eu l’occasion de les tester…mais pas dans le domaine de la photographie. Cela dit, ça va venir….
    En effet, période de fêtes obligé, je les ai utilisés pour alimenter des guirlandes à led extérieures.
    À raison de 6h/jour (une tempo est incluse dans le boîtier d’alimentation de la guirlande), avec le froid que l’on connaît ces dernières semaines, je n’ai eu besoin de les recharger qu’une seule fois en 15 jours. Il est vrai que le led consomme peu, mais les accus restant dans le froid H24, on peut dire qu’ils ont rempli le contrat en ce qui concerne la bonne tenue de la charge à basse température !!!
    Maintenant que les fêtes sont finies, j’aurai d’ici peu l’occasion de les tester avec mon speedlite.
    À suivre donc…