Dans la série Le dessous des images, nous souhaitons raconter l’histoire qui se cache derrière certaines photos ou images emblématiques, connues ou moins connues, qui ont marqué notre société ou notre regard sur le monde.

En 1936, quelques semaines après le début de la guerre civile espagnole qui opposait les nationalistes de Franco aux républicains, Robert Capa, alors âgé de 22 ans capture l’image qui sera une des plus célèbres de tous les temps.

Pendant 3 mois, Robert Capa va suivre le quotidien des soldats républicains et le 5 septembre 1936, les troupes de Franco ouvrirent le feu avec une mitrailleuse à Cerro Muriano. Capa se retrouve alors dans les tranchés avec une vingtaine de soldats qui visèrent la mitrailleuse. Après 5 minutes, un des soldats cria « Allons-y ! » et une poignée d’hommes avancèrent vers la mitrailleuse qui les faucha les uns après les autres. Ceux qui étaient resté dans les tranché réitérèrent l’opération quelques minutes après.

Robert eu l’idée de mettre son appareil sur sa tête et pris la prochaine attaque en photo sans même regarder ce qu’il photographiait. Il envoya les photos à l’agence sans les voir et à son retour, il était déjà célèbre pour la photo qui avait été publié le 23 septembre dans le magazine Vu. Lucien Vogel, créateur et directeur de Vu, sera d’ailleurs licencié pour l’orientation pro-républicaine du journal.

Mort d'un soldat républicain, Robert Capa, 5 septembre 1936, Espagne

Mort d’un soldat républicain, Robert Capa, 5 septembre 1936, Espagne

Dans les années soixante-dix, deux journalistes anglais ont mis en doute l’authenticité de ce cliché, soupçonnant Robert Capa d’avoir procédé à une mise en scène ou à un montage. Le débat reste ouvert, le négatif ayant été perdu. Le combattant serait Federico Borell Garcia, un anarchiste combattant dans les rangs républicains durant la guerre d’Espagne. Des publications récentes établissent que la photo n’aurait pas été prise sur le champ de bataille de Cerro Muriano, mais à proximité d’Espejo, un autre jour. Véritable instantané ou simple montage, cela n’enlève pas la réputation et la force de cette image, parmi les premières photos de reportage de guerre qui marqueront le 20ème siècle.