Autant le dire tout de suite, cet article n’est pas un dossier technique d’expert sur l’imprimante Canon imagePROGRAF PRO-1000.

L’essentiel à retenir, pour les gens pressés

Cette PRO-1000 a presque tout bon. Elle est relativement simple d’accès malgré son énorme manuel, elle imprime de façon très fidèle jusqu’en A2 et surtout elle s’en sort vraiment très bien sans calibrage, ni optimisation, juste en cliquant sur le bouton « imprimer ». Dingue. Impensable il y a encore quelque temps. Il s’agit là certainement du principal avantage de cette imprimante. Mais elle a des défauts… Si son coût à l’achat est raisonnable en comparaison de la qualité fournie et du format (environ 1300 € sans encre), son coût à l’usage est en revanche plutôt élevé en encre comme en papier. Ceci dit, le résultat est tellement bluffant en qualité, le format A2 est tellement valorisant, il semble que le jeu en vaille la chandelle.

L’imprimante Canon imagePROGRAF Pro-1000 a remporté le prix EISA 2016-2017 de meilleure imprimante photo européenne 2016-2017.

Une histoire d’imprimante et de photo, pas un test en laboratoire

Si vous êtes comme moi, ce que vous aimez dans la photographie c’est la photographie. Vous aimez prendre une belle photo, capter un instant décisif et le magnifier ensuite avec vos outils habituels : un laboratoire pour certains, un logiciel pour d’autres (si vous le voulez bien, restons ici dans la sphère digitale). Une fois que vous êtes satisfait du résultat, vous souhaitez que votre imprimante reproduise fidèlement les choix opérés sur votre écran. Et c’est là que le bât blesse. Car c’est loin d’être aussi simple. Il faut CA-LI-BRER !

En ce qui me concerne, il y a un tout petit problème : je ne suis ni un imprimeur ni un fabricant d’écran donc, comme une grande majorité de photographe, le calibrage de ma chaîne graphique m’ennuie au plus haut point ; d’autant que la manipulation est loin d’être aisée et peut se révéler très coûteuse si l’on veut bien faire. J’ai donc tout simplement choisi de ne rien calibrer et de voir comment s’en sortirait la PRO-1000 dans ce contexte, puisqu’il s’agit-là d’un des arguments de vente de Canon. Elle saurait se débrouiller sans calibrage… C’est ce que nous allons vérifier.

Canon imagePROGRAF PRO-1000

Photos de Sylvain « Vuzz » Olivri

Si vous vouliez lire un test type labo, passez votre chemin. Si vous voulez partager avec moi l’expérience de cette nouvelle imprimante : soyez le bienvenu.

Prix de la Canon imagePROGRAF PRO-1000

L’imprimante PRO-1000 est vendue à un prix public de 1299€. On la trouve à ce tarif dans les magasins photo spécialisés, et un peu moins cher en ligne, notamment sur la marketplace d’Amazon.

Il était une fois… Une imprimante dans un flight case qui ne passait pas la porte d’entrée

La Canon imagePROGRAF Pro-1000 et son flight case

La Canon imagePROGRAF Pro-1000 et son flight case

Tout a commencé un lundi matin quand un livreur sonna à ma porte. Il n’avait pas juste un colis pour moi, mais carrément un « flight case » de 65 kilos sur un mètre de large. Vous savez, ces grosses boîtes noires rigides et ultra-solides qu’on trouve généralement en coulisse d’un concert ou sur un plateau télé. « J’vous la mets où ? », me demande le livreur de chez Canon, me montrant le gros colis au fond de son camion. Oups…

« Ça ne passera jamais la porte », me suis-je dit instantanément. Je savais que l’imprimante serait volumineuse, mais pas à ce point-là. Obligé de sortir la machine de sa boîte puis de dissocier les deux éléments du flight case avant de rentrer tout ça chez moi et monter l’ensemble en trois fois, à quatre bras, dans mon bureau au premier étage. Ouf. La bête était en place.

J’ai ouvert la boîte réalisée sur-mesure et j’ai découvert l’imprimante, finalement pas si grosse en comparaison du flight case : 72 x 43 x 28 cm pour 32 kg . Pour information, sachez que ce flight case n’existe que pour les imprimantes de prêt. N’espérez pas pouvoir troquer votre carton pour cet emballage de rockeur. Elle était accompagnée de ses 12 cartouches d’encre d’origine : de l’encre Lucia Pro de 80 ml par cartouche (des gros réservoirs). Le lendemain je recevais, par coursier, un lot de 25 feuilles A2 (de la série « Luster » en 260 g/m²) pour réaliser mes tests. J’étais paré. Un peu à l’étroit dans mon bureau, mais décidé à en découdre avec ces photographes affirmant haut et fort que l’impression à domicile ne vaut pas le coup (ou le coût) face aux tarifs très concurrentiels des labos et imprimeurs en ligne.

Est-ce que cette imprimante de haut vol, destinée à un public de photographes amateurs, mais avertis (ou de professionnels pas vraiment déterminés à investir plus dans une imprimante que dans une optique L), allait changer la donne ?

Le design d’une imprimante a-t-il un intérêt quelconque ?

Pour moi : non. Pour vous peut-être. Si ça ne tenait qu’à moi, je n’aurais même pas évoqué le sujet, mais je sais que l’esthétique est une valeur de plus en plus forte pour les consommateurs. Je préfère vous prévenir tout de suite : si votre imprimante est jolie, vos impressions n’en seront pas meilleures. Bref, trêve d’ironie… Oui la PRO-1000 est belle. Son noir mat un peu granuleux, le liseré rouge façon série L (les fans de Canon apprécieront), censé dire « Je suis un produit professionnel réservé à une élite », sa relative compacité pour une A2 (tout est relatif, parait-il). Oui c’est une jolie imprimante.

Canon imagePROGRAF PRO-1000

Photo made in Canon

Cependant, personnellement, plutôt que de plancher sur l’esthétique j’aurais préféré que Canon planche sur la solidité. Un peu moins de plastique et pourquoi pas un peu de métal (on n’est plus à quelques kilos près), des charnières vraiment solides, des boutons plus sérieux (oui, ils sont beaux, mais en plastique)… Si la PRO-1000 ne semble pas moins bien dotée ou fiable mécaniquement qu’une autre, il y a clairement matière à rendre les imprimantes moins jetables qu’elles ne sont. En même temps si personne ne le fait, il y a certainement une raison. Espérons qu’elle ne soit pas seulement de l’ordre du marketing.

Les encres de la Canon imagePROGRAF PRO-1000

Photo made in Canon

Petit détail plus ergonomique qu’esthétique : les cartouches et leur processus de remplacement sont très bien conçus. Il est très facile de les changer sans se tacher les doigts ni risquer une quelconque erreur. Un jeu d’enfant. Idem pour le chargement du papier.

Mise en route de la Canon imagePROGRAF PRO-1000

Cette imprimante de prêt était livrée avec un CD-ROM (quand les fabricants de matériels comprendront-ils que les lecteurs de CD-ROM se font rares de nos jours ?) et un câble secteur. Point barre. A priori il en sera de même à l’achat. Pas de manuel d’utilisation, pas de câble USB. Dans le CD-ROM, des utilitaires Canon (classement, traitement…), mais pas de driver (ou alors bien cachés). Il a fallu aller les récupérer (facilement ceci dit) sur le site Canon, tout comme le manuel d’utilisation, en anglais et en PDF, de 858 pages. Et là je me suis dit : ça ne sent pas très bon.

En effet, la PRO-1000 est présentée par Canon comme étant une imprimante professionnelle facile à configurer et à calibrer. J’avais de sérieux doutes là-dessus, mais je ne demandais qu’à être convaincu du contraire. Je me suis donc lancé dans une lecture (en diagonale) du manuel.

Canon imagePROGRAF PRO-1000 - Brossage du papierUne des premières choses que j’ai pu lire était une recommandation un peu surprenante pour un amateur en matière d’impression professionnelle. Il est recommandé de brosser le papier avec un pinceau (ou équivalent) avant tout tirage sur du papier d’art. Un schéma visuel est même proposé pour nous apprendre à bien brosser (voir ci-contre : une première fois dans un sens et une seconde fois dans l’autre sens)… OK. Soit. Nous sommes donc bien dans une démarche à la fois élitiste et qualitative. C’est plutôt positif.

Bon allez… J’allume ! On verra bien ce qui se passe. Boum ! « Code erreur 1340 : l’imprimante n’est pas disposée sur une surface plane. Veuillez la disposer autrement et cliquer sur OK ». Ce n’est quand même pas ma faute si le flight case livré avec l’imprimante, pourtant diablement stable et rectiligne, n’est pas plat ? Après plusieurs essais infructueux, je décide de placer l’imprimante par terre. Dommage…

Ensuite c’est une longue procédure de type « Traitement en cours / Patientez un instant » qui se met en place pendant de loooongues minutes (je dirais de 5 à 10 minutes à peu près). Patientons donc…

Le menu d’accueil apparaît enfin. Je cherche alors à configurer la connexion en wi-fi, mais je galère… C’est peut-être dû à la configuration de mon PC. Je ne souhaite pas insister et passe directement en connexion filaire avec le câble USB de ma vieille Canon Pixma IP 4000. La PRO-1000 est reconnue directement et la configuration de l’impression via le logiciel, depuis Photoshop, se passe sans encombre. Je ne suis pas dépaysé par rapport à l’utilitaire de ma vieille imprimante.

Lançons donc un premier test avec une photographie en A4 sur du papier photo brillant de qualité moyenne.

La première impression

Je clique sur « Lancer l’impression » et la machine se met en branle. C’est sûr que c’est bruyant. Mais on entend finalement plus la soufflerie du système que les têtes d’impression fonctionner. Le bruit est sourd et pas si gênant que ça dans le fond. Ceci dit, il est vrai que lorsque l’impression est finalisée, le calme revenant quelques secondes après, on se rend compte du volume ambiant et on apprécie la mise en veille. Bref…

4 minutes après avoir lancé mon impression… Wow ! Je vois la photographie de mon fils à la naissance apparaître et je ne suis pas loin de laisser échapper une larme. Ça a l’air méchamment beau. Les noirs sont profonds, les couleurs sont douces et justes (contrairement à mon imprimante grand public qui avait tendance à se laisser aller dans les rouges). J’attends que ça sèche avant de regarder les résultats de plus près.

Impression A4 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000

Impression A4 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000

C’est confirmé. Ce premier essai est un succès. Je ne vois même pas ce que je pourrais optimiser sur cette image. Je compare visuellement l’impression avec l’image sur mon écran et ça colle plutôt bien, à quelques détails près que je vais exposer un peu plus loin.

Pour être précis, parlons d’abord de mon écran et de mes réglages. Mon compagnon rectangulaire de tous les jours est un Asus PB238Q calibré automatiquement avec un profil téléchargé sur le web puis ajusté à mon propre environnement de lumière et au confort visuel recherché, manuellement, au jugé. En gros, j’ai fait un peu n’importe quoi en me basant sur une source standardisée, censée correspondre aux besoins du grand public. Ceci dit, en règle général, les couleurs affichées sur mon écran me semblent plutôt justes et réalistes, mais on ne peut pas dire que j’aie cherché la petite bête.

Donc, si je compare ma première impression sur la PRO-1000 et la photo sur mon écran, voici les petites différences que j’aie pu noter :

  • L’impression est moins contrastée
  • Les couleurs sont un tout petit peu moins saturées
  • Les couleurs tirent un peu plus sur le rouge là on mon image présentait une légère tendance vers le jaune
  • Les blancs sont moins éclatants
  • Les dégradés sont un peu moins doux et progressifs
  • Le piqué (impression de netteté) de l’image semble un peu moins flagrant
  • Le noir sort plus profond à l’impression qu’à l’écran

En analysant de très près l’image et en la comparant avec le rendu écran, on décèle donc quelques différences. Mais très honnêtement c’est très léger et absolument pas gênant à mon niveau de connaissances et de perfectionnisme. J’irais même jusqu’à dire que j’ai un petit faible pour la version imprimée qui me semble plus harmonieuse et équilibrée.

J’imagine déjà le pro du calibrage bondir sur sa chaise… Il est en effet complètement vain de chercher à comparer une image imprimée avec une image affichée à l’écran. Rien à voir. Surtout s’il n’y a pas eu de véritable calibrage avec une sonde. Mais dans les faits, est-ce que tous les photographes, même les plus pros, sont motivés pour se lancer dans le monde merveilleux du calibrage et des profils couleur ? Pas sûr.

Et en grand format ?

Bon… Il était grand temps de passer aux choses sérieuses. Le grand format. Une lettre et un chiffre, collés serré, qui font grande impression en exposition ou sur le mur de son salon : A2. Les imprimantes photo permettant d’atteindre ce format sont rares et chères. La imagePROGRAF PRO-1000 (je vais bientôt me fatiguer de ce nom à rallonge) est une des premières imprimantes à proposer ce format dans un tarif « abordable » (1300 € sans encre). Seule l’Epson SC-P800 s’en sort un peu mieux que la Canon avec un tarif autour des 1000 €. Les autres atteignent des stratosphères financières (plus de 6000 € par exemple pour l’Epson SC-P9000, véritable spécialiste du grand format en imprimante).

Ça tombait bien, on m’avait proposé récemment d’exposer « mes oeuvres » (un bien grand mot pour un amateur comme moi) lors d’une petite exposition dans un village normand à l’occasion du Tour de France qui passait par-là. Le thème de l’expo : « le vélo ». Et ça tombait d’autant mieux que j’avais fait une belle image de vélo il y a quelques années. Ce fut donc mon premier travail d’impression en A2. Il a fallu déposer de l’encre pendant 13 minutes sur le papier photo pro lustré pour en arriver au bout. Est-ce que ça valait la peine d’attendre ?

Bien sûr ! Le résultat est superbe. La lumière, capitale dans cette image, et les couleurs, volontairement très chaudes et plutôt saturées, sont fidèles au poste. Je ne trouve pas grand-chose à redire. Moins que sur mon premier test d’ailleurs. Cette impression est clairement fidèle à mon travail sur écran. La déception ne vient finalement pas de l’imprimante, mais de ma photo. Et oui… En 60 x 40 cm les défauts sont très visibles. Même si j’aime beaucoup cette image, il persiste un flou de mouvement, léger, mais visible de près, sur la cycliste et le vélo. Le temps de pose est un poil trop long. Il aurait fallu soit l’allonger un peu pour amplifier le flou (et faire en sorte qu’il devienne esthétique) ou alors le supprimer complètement ; l’intermédiaire n’est pas vraiment intéressant. Une bonne leçon à retenir : le grand format sublime vos images, cependant il met aussi en valeur leurs imperfections. Logique, mais il faut en faire l’expérience pour bien le réaliser.

Malheureusement je n’ai pas pensé à imprimer cette image en double (ou la prendre en photo une fois imprimée) et elle s’exhibe actuellement dans un petit village normand. Je ne peux donc pas vous montrer ici un aperçu du rendu (juste le fichier original, pour les curieux). Je me rattraperai donc plus loin.

La balade à Vélo (photo de Sylvain "Vuzz" Olivri)

La balade à Vélo (photo de Sylvain « Vuzz » Olivri)

Quelques tirages A2 en couleur

POUR INFO : compter 7 minutes pour un tirage A2 couleur, en qualité « Haute » et 12 minutes pour le même format, en qualité « Plus haute ».

J’ai ensuite lancé une nouvelle impression A2. Cette fois-ci avec une marge de 5mm après avoir compris que le résultat serait meilleur en évitant l’option « sans bordures » que propose l’imprimante, ayant tendance à diminuer la qualité d’impression sur les bords. J’avoue ne pas avoir noté de défaut sur l’essai précédent, mais, dans le doute, je préfère éviter de tenter le diable. Pour ce second test en grand format, j’ai choisi une de mes photos préférées prise l’année dernière à Théoule-sur-Mer dans le port de la Figueirette, de nuit. Le résultat est bluffant dans la précision, mais un peu décevant quant aux couleurs en comparaison écran/papier. Le bleu profond que j’ai passé des heures à optimiser dans Photoshop (en réalité, dans mon esprit, il était vraiment proche de cette teinte) ne ressort pas suffisamment saturé à l’impression. Ça manque de vivacité. Peut-être une histoire de profil couleur ou de calibrage cette fois-ci. Imprimer avec la PRO-1000 ne serait peut-être pas aussi simpliste que ça finalement

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Théoule-sur-Mer

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Théoule-sur-Mer – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Au cours d’une discussion avec un ami photographe (amateur également), mais aussi et surtout graphiste de profession et habitué des laboratoires et imprimeurs photo parisiens (Picto et Négatif+, entre autres), celui-ci m’a simplement expliqué que, sur les images très colorées et saturées, il était simplement impossible de reproduire le ressenti d’un écran. Même parfaitement calibré et réglé en luminosité pour se rapprocher au maximum du papier ciblé, un écran donnera toujours plus d’éclat et de vivacité aux couleurs qu’une impression sur papier. C’est dans son fonctionnement génétique en quelque sorte. Autant lorsqu’on travaille avec des professionnels, le résultat imprimé s’avère souvent très proche de l’original sur écran, autant sur un travail amateur tel que j’ai pu le pratiquer de mon côté (sans calibrage ni optimisation), la déception est réelle.

Pour éviter ça, un bon tuyau tout simple, utiliser la fonction d’aperçu de votre logiciel de traitement photo préféré. Pour moi il s’agit de Photoshop. Il suffit de sélectionner l’imprimante utilisée et le papier ciblé pour ensuite cliquer sur la fonction d’aperçu (intitulée ici « Couleurs d’épreuve ») censée afficher ce que donnera votre photo une fois imprimée. Évidemment, la différence, sans être flagrante, est tout à fait probante. Avec mes paramètres (Canon PRO-1000 + PhotoPaper Pro Luster + Colorimétrie relative + Compensation du point noir + Simuler la teinte du papier), l’image épreuvée est plus terne, moins contrastée, les couleurs sont moins vives et les blancs sont plus gris (voire légèrement bleuté, mais, sur cette image en particulier, rien d’étonnant). Reste donc à corriger tout ça en prévision du décalage réalité/épreuve.

Epreuvage dans Photoshop

Epreuvage dans Photoshop

Test d'épreuvage dans Photoshop : version originale sans aperçu de l'épreuvage

Test d’épreuvage dans Photoshop : version originale sans aperçu de l’épreuvage

Test d'épreuvage dans Photoshop avec le profil ICC Canon imagePROGRAF PRO-1000 + Papier Pro Luster

Test d’épreuvage dans Photoshop avec le profil ICC Canon imagePROGRAF PRO-1000 + Papier Pro Luster

Alors c’est vrai que là tout de suite, en comparant une photo d’un tirage photo (ce qui est déjà un peu bancal pour espérer en déduire quoi que ce soit en termes de rendu lumière/couleur), et les captures écran du fichier original dans Photoshop, on dirait que c’est tout l’inverse. On pourrait croire que l’image imprimée (un peu plus haut dans l’article) est nettement plus contrastée et colorée que l’image à l’écran. Mais en réalité c’est l’inverse. À croire que le soleil (j’ai pris ces photographies devant une fenêtre) et l’orientation de l’image changent complètement la donne… C’est pourquoi je me suis refusé à essayer de faire des comparaisons visuelles papier/écran dans cet article : trop compliqué. J’ai ajouté les captures d’écran juste pour se rendre compte de la différence entre l’image originale et l’image épreuvée.

J’ai ensuite tenté quelque chose de compliqué : imprimer, sans calibrage ni optimisation quelconque, une photo en couleur (mais presque monochrome), très contrastée, dans laquelle les petits détails cachés dans les ombres sont à la fois importants et délicats à imprimer. Il s’agit de la photo des musiciens de rue ci-dessous. Notez comme les détails du violoncelle ressortent suffisamment pour distinguer la composition du bois. Impossible à faire convenablement avec mon ancienne Canon Pixma 4000 même après 5 ou 6 essais. Sauf en dégradant nettement les pixels. Idem pour cette teinte dorée à laquelle je tiens vraiment. Avec la Pixma 4000 je tirais toujours vers le jaune/orangé. Ici, dès la première tentative, le résultat était tout à fait satisfaisant. Bon, il s’agit d’une vieille photo prise au Nikon D70 avec un capteur 6 mégapixels (ça ne nous rajeunit pas) alors c’est sûr que ça coince un peu en A2. Mais avec une distance suffisante, on n’y voit que du feu.

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Jazzmen

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Jazzmen – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Jazzmen (détails)

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Jazzmen (détails) – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Photo suivante : un cliché très coloré d’un distributeur de bonbons à l’ancienne, dans un magasin vintage de New York City. Beaucoup de rouge et de couleurs particulièrement saturées. Je me suis dit : « Tiens, si j’essayais d’imprimer dans une qualité moindre ? ». Au lieu de choisir, comme d’habitude, la qualité « Plus haute », j’ai choisi l’intermédiaire très finement nommé « Haut ». En dessous, reste la qualité « Standard » que je n’oserai jamais sélectionner. À quoi bon posséder une PRO-1000 pour imprimer en standard ? Je vous le demande ?

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Hard Candies

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Hard Candies – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Et là je dois dire que je fus surpris. Je n’ai tout simplement pas vu la différence avec la qualité supérieure. Pour moi, c’est encore parfait. Les couleurs sont très très proches de mon travail à l’écran, la luminosité et les contrastes aussi. Faudrait-il que je sorte une loupe pour vérifier la finesse des bulles d’encre sur le papier ? Je n’ai pas envie de chercher la petite bête et je prends ce tirage tel quel : bon à encadrer. Je ferai quand même un test de comparaison sur les options de qualité lors d’un prochain tirage. Histoire d’en avoir le coeur net…

Un petit couac sinon rien

Un petit couac à signaler tout de même sur cette impression… Erreur humaine (au chargement du papier) ou erreur machine ? Difficile à savoir. Toujours est-il que sur cette impression le papier s’est chargé légèrement de travers (mais suffisamment pour que ça ne soit pas exploitable) et j’ai dû interrompre l’impression. Au prix de la feuille A2 (voir plus bas), prions pour que ce genre d’accident ne se reproduise pas trop souvent. Et encore, heureusement que je ne suis pas parti soulager ma vessie pendant l’impression, j’ai pu ainsi économiser quelques centilitres d’encre précieuse.

Et en noir et blanc, ça donne quoi ?

POUR INFO : il faut compter une bonne dizaine de minutes pour imprimer un A2, en noir et blanc, en qualité « Plus haute ».

À ce stade de l’expérimentation, il fallait que je teste l’engin en noir et blanc. Justement, je voyais très bien quelles photos j’allais imprimer pour vérifier ses capacités en la matière.

Dans le pilote de l’imprimante, il existe un mode « impression photo noir et blanc ». Ça a l’air bête à dire comme ça, mais il ne faut pas hésiter à le cocher quand on souhaite imprimer en noir et blanc. Oui. Des réglages automatiques (peut-être désagréables pour les pros) se mettent alors en place et tentent d’optimiser au mieux vos images. Une option pensée pour moi, donc. Cette option va alors utiliser les 2 cartouches d’encre grise et les deux d’encre noire, mais aussi les encres de couleur pour produire un cliché noir et blanc optimal.

Il est toutefois fortement recommandé d’optimiser vos images, toujours dans le pilote d’impression, en paramétrant manuellement les couleurs pour jouer sur la tonalité générale de l’image (les spécialistes vous diront que, pour bien faire, il faut gérer ça par zones) et ainsi compenser une légère « dérive » de tonalité induite par le choix du papier. On peut donc orienter l’image vers une tonalité froide, chaude ou neutre et optimiser plus finement les contrastes, la luminosité et les couleurs, voire jouer avec des filtres préformatés (comme ceux qu’on dispose devant un objectif).

Mes premiers tirages noir et blanc en tout automatique

Suite au tirage précédent, en couleur, m’ayant laissé l’impression que la qualité « haute » et « plus haute » étaient très similaires pour un novice, j’ai décidé cette fois de faire le test, en noir et blanc, et ainsi comparer les deux, quitte à sortir ma loupe. Si la consommation en encre était plus avantageuse dans ce mode, il deviendrait d’un coup nettement plus intéressant. Malheureusement je n’ai pas l’information sur ce point, Canon n’ayant pas pu me fournir de chiffres concernant la consommation d’encre en fonction de la qualité d’impression. Dommage…

Pour information, il n’existe donc que trois modes de qualité (j’ai lu quelque part qu’il en existait en réalité 5, mais où sont donc passés les 2 autres que je n’ai jamais croisé sur mon chemin ?), mais certains sont désactivés en fonction du papier sélectionné. Impossible d’imprimer en « Plus haut » sur du papier normal ou en « Standard » sur du papier « Beaux arts » par exemple.

Sur la photo suivante, j’ai donc testé les deux qualités les plus hautes. Clairement je n’ai vu aucune différence ; ou alors disons une différence minime, même de très près et, si je m’amusais à les mélanger comme on mélange des cartes, je pense que je serais incapable de dire laquelle a été imprimée dans la meilleure qualité. Mais peut-être n’ai-je pas l’oeil assez aiguisé.

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Moto GP

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Moto GP – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Je ne suis pas certain que les images ci-dessous soient vraiment parlantes (il s’agit de captures d’écran réalisées dans Photoshop avec un zoom à 300% de deux photographies prises de chacune des deux impressions en deux qualités différentes, le tout exporté en JPEG à 50% de compression pour ne pas trop alourdir la page). Si la qualité visible ici n’a clairement rien à voir avec ce qu’a vu mon oeil en observant le papier, on peut néanmoins en conclure que les deux images sont très proches. Mouais… J’atteins les limites techniques de mon test. Un test en labo serait bien plus parlant à ce niveau de détail.

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Qualité "plus haute" / Zoom à 300%

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Qualité « plus haute » / Zoom à 300%

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Qualité "haute" / Zoom à 300%

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Qualité « haute » / Zoom à 300%

J’ai ensuite réalisé plusieurs impressions en noir et blanc, toujours en automatique et en qualité « plus haute » (au cas où mon oeil devienne un jour plus exigeant), sans calibrer ni optimiser quoi que ce soit. Voici ci-dessous quelques résultats une fois imprimés. Pour chaque tirage je fus, encore une fois, très satisfait du résultat. Je crois que cette imprimante m’a d’ailleurs plus bluffé en noir et blanc qu’en couleur. Peut-être parce que dans le cas d’une impression monochrome on ne peut pas juger la correspondance des couleurs (quoi que un peu quand même : un noir et blanc peut être plus ou moins chaud ou froid). Sur chacun de ces tirages, je n’ai même pas ressenti le besoin de recommencer en optimisant mieux. Pour moi tout était parfait.

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Brume

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Brume – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Gotham

Impression A2 sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Gotham – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Et en optimisant un peu mieux…

Pour comparer, j’ai décidé de produire une image noir et blanc sans réglages, ni optimisation, ni calibrage puis d’utiliser un profil générique livré avec l’imprimante (correspondant à l’imprimante et au papier ciblé) pour ensuite prévisualiser une épreuve et ainsi optimiser mon image à la fois dans Photoshop et dans le pilote d’impression.

Le fichier avant impression :

Comparaison de deux images (une optimisée selon épreuvage et l'autre non) / NYC view

Comparaison de deux images (une optimisée selon épreuvage et l’autre non) / NYC view – © Sylvain « Vuzz » Olivri

Autant le paramètre de qualité d’impression me parait superflu entre les 2 options les plus hautes, autant le fait d’optimiser ses images en prévisualisant le rendu imprimé via les options d’épreuvage me parait vraiment important. Après m’être contenté de cliquer sur le bouton « impression » (à peu de choses près), ceci avec un résultat largement satisfaisant, je me suis donc mis à optimiser mes images pour la PRO-1000 et le papier utilisé. Clairement : c’est mieux. Et c’est sans doute encore mieux avec un calibrage fait maison, une sonde et un logiciel dédié. Peut-être une prochaine fois…

J’ai donc utilisé la méthode exposée plus haut sur la photographie de Théoule-sur-Mer, mais cette fois en corrigeant mon image dans Photoshop tout en prévisualisant le résultat en tant qu’épreuve (couple papier/imprimante). En gros, la plupart du temps j’ai accentué légèrement les contrastes, approfondi les noirs et corrigé une légère tendance bleue sur les gris. Pas plus.

Comparaison de deux images (une optimisée selon épreuvage et l'autre non) après impression sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / NYC view

Comparaison de deux images (une optimisée selon épreuvage et l’autre non) après impression sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / NYC view – © Sylvain « Vuzz » Olivri

L’image optimisée est plus contrastée, les noirs plus profonds, les nuages ressortent mieux, le jean au premier plan aussi. Globalement l’image est aussi plus chaude : elle tire un peu plus vers le rouge et un peu moins vers le bleu. En revanche, le bruit est plus visible, surtout dans le ciel. Certains préféreront l’original ; de mon côté, sur cette image, je préfère afficher un peu de bruit et donner plus de pêche à la ville et au ciel. J’aime également que les vêtements soient très noirs. Tout ceci n’est qu’affaire de goût.

Canon imagePROGRAF PRO-1000 : générateur d’enthousiasme

Ça sonne un peu comme un slogan publicitaire (Canon si tu m’entends, je te fais un bon prix sur mes « punch-lines »), mais ce n’est pourtant pas de la publicité, c’est la réalité : la PRO-1000 produit des images qui ont suscité l’enthousiasme autour de moi. Comment ? Pourquoi ? Très simplement en fait. La qualité irréprochable des impressions cumulée à l’impression grand format (à laquelle les gens ne sont pas habitués en règle générale) déclenche immanquablement un léger effet « waouh » à la vue d’un tirage fraîchement imprimé.

S’en suivent quelques commandes personnelles, des demandes de visite à la maison émanant d’amis photographes (équipés de leur clé USB) pour venir sortir quelques clichés, la famille qui ordonne d’imprimer la photo du petit à son anniversaire, etc. Un grand n’importe quoi qui fait plaisir à voir. Les photos imprimées ont cette force d’impact que n’auront jamais nos JPEG échangés par e-mail ou affichés sur Flickr, Instagram, Picasa ou 500PX. C’est d’abord l’effet papier, là dans ta main, mais c’est surtout l’effet grand format ; à moins de projeter sur une TV ou un projecteur vidéo, mais c’est une autre histoire.

La peur du vide

Étrangement, au bout d’une dizaine d’impressions grand format, après plusieurs jours sans l’utiliser, le lancement d’une nouvelle impression prit de très longues minutes. Des opérations inconnues s’étaient en effet mises en marche (sans aucun affichage de quoi que ce soit, juste un message du type « impression en cours »), de façon très bruyante. À tel point que je finis par abandonner l’impression, au bout d’une bonne dizaine de minutes, dans l’idée de redémarrer la machine. Celle-ci afficha alors sur l’écran LCD un niveau anormalement bas de l’ensemble des cartouches (toutes exactement au même niveau) alors qu’auparavant seules 3 cartouches sur 12 semblaient atteindre un niveau critique. Étrange…

J’ai ensuite remarqué que la « cartouche d’entretien » (parfois aussi nommée « cartouche de maintenance »), dont le niveau est également suivi dans la fenêtre de paramétrage de l’imprimante, était de son côté quasiment pleine. Un transfert d’encre a-t-il eu lieu sans mon accord ? Comment changer cette cartouche d’entretien ? Il fallait clairement que je me replonge dans la notice d’utilisation. Peu d’informations à ce sujet, malheureusement, si ce n’est que si la cartouche d’entretien est pleine, il faut impérativement la changer, l’imprimante risquant sinon de se mettre hors service tant que ce n’est pas fait.

Mais c’est quoi cette cartouche d’entretien, au fait ? Il aura fallu chercher la petite bête sur le Web pour obtenir des réponses. Sur les imprimantes haut de gamme, il existe une cartouche d’entretien qui sert à récupérer l’encre usagée lors des processus de nettoyage et de mélange des encres. Plus de détails sur cette cartouche plus bas.

J’ai aussi appris que la PRO-1000 opère de nombreuses opérations de maintenance sans demander son avis à son grand patron : nous. Il est donc fortement conseillé de faire deux choses : éviter de ne pas s’en servir pendant plus de 2,5 jours (oui 2,5) et la configurer (dans les options d’économie d’énergie) pour ne pas s’éteindre automatiquement. Ainsi paramétrée on s’évitera quelques opérations coûteuses en encre (quitte à les effectuer nous-mêmes manuellement, à la demande, quand le besoin s’en fait sentir). À croire que les fabricants d’imprimantes nous pousseraient à la consommation d’encre… Mais non ! Allons donc… Faites-moi sauter ce rictus paranoïaque de votre visage !

J’ai quand même réussi à lancer une nouvelle impression et cette fois-ci tout s’est déroulé sans problème, l’encre n’ayant finalement nullement manqué. 5 impressions A2 plus tard (en très haute qualité, dont 4 images en noir et blanc), la cartouche d’encre noire devait cette fois réellement être changée : vide. Ce que j’ai fait en quelques secondes tellement l’opération s’est avérée simple à réaliser, sans se tacher les doigts. La cartouche retirée semblait vraiment vide cette fois-ci. La différence de poids entre la cartouche usagée et la nouvelle était en effet flagrante.

Attention également lorsque vous souhaitez bouger (sur une distance de plus de quelques mètres) votre imprimante. Il est conseillé de la paramétrer (sur le plan logiciel) en conséquence et de laisser les cartouches insérées dans l’imprimante pour éviter les fuites. Canon nous a indiqué que cette manipulation impliquait une surconsommation d’encre d’environ 20%. Pas négligeable tout de même… Ils précisent également que, pour la déplacer d’une pièce à l’autre, en principe la manipulation n’est pas nécessaire et qu’il suffit de la transporter bien à plat.

Consommation et coût des consommables

Les cartouches d’encre Lucia coûtent très exactement 56,99 € la cartouche, sur la boutique en ligne officielle Canon. Ce qui nous fait le plein complet à 684 €. Oui vous avez bien lu. La moitié du prix de l’imprimante. C’est hallucinant, mais c’est une habitude à prendre. C’est bien pire sur les imprimantes premier prix à titre de comparaison, pour lesquelles le plein d’encre peut coûter 2 à 3 fois plus cher que l’imprimante elle-même. Mais il faut avouer que, sur de l’encre haut de gamme de ce type, la note est particulièrement salée. Il existait en effet une vieille croyance disant que plus on paie chèrement son imprimante, plus elle est économique. Mouais…

Comme il semble très difficile d’évaluer et comparer la consommation réelle des imprimantes (trop de paramètres et de variables rentrent en compte dans ce calcul complexe, certains s’y sont essayé et ont fini par abandonner), nous nous baserons sur les données constructeur made in Canon. À prendre avec des pincettes donc…

Le plein d’encre : 50% du prix de l’imprimante !

Nombre de photos couleur A2 sur Papier PT-101 (Pro Platinum / ultra-glacé), par cartouche – Estimations Canon :

Consommation d'encre sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Série PFI-1000

Consommation d’encre sur la Canon imagePROGRAF PRO-1000 / Série PFI-1000

Pour résumer, toujours selon Canon, cela nous ferait un coût total à la page de :

  • 2,30 € pour une photo au format A2 (réglages d’impression non précisés)
  • 0,26 € pour une photo au format 10×15 (réglages d’impression non précisés)

Sincèrement, en un mois d’utilisation et 25 tirages A2 (2/3 noir et blanc + 1/3 couleur), en haute et très haute qualité, je n’ai vraiment pas le sentiment de pouvoir atteindre de tels scores si j’en crois le système de suivi des cartouches. Ceci dit, ce système semblait un peu capricieux sur la fin (voir plus haut le passage « La peur du vide ») donc il m’est impossible d’estimer vraiment la consommation que j’ai faite. Dommage. Un peu plus de clarté sur ce point serait la bienvenue quand on sait que ce critère est primordial pour les acheteurs.

La cartouche de maintenance/entretien

Comme je le disais plus haut, il existe en outre une cartouche de maintenance, en vente sur la boutique Canon au prix de 22,49 €. Il est écrit sur la fiche descriptive « Cartouche d’encre de maintenance pour alertes de remplacement rapide lorsque nécessaire ». Selon Canon, contacté à ce sujet, cette cartouche sert donc à « récupérer le trop-plein d’encre avec un tampon ». Toujours selon notre source chez Canon, voici une estimation de sa durée de vie :

  • Format A2 : 500-800 impressions
  • Format A4 : 700-1300 impressions

Le papier Canon en A2 : la perle rare

Côté papier, pour du A3 il faut compter entre 24 et 45 € le paquet de 20 feuilles en qualité photo sur le site officiel Canon. Entre 12 et 20 € pour du A4 « sérieux ». Le A2 n’est bizarrement pas présent sur le site Canon. Il a fallu jeter un oeil en ligne. Chez Miss Numérique on trouve du papier A2 de marque Canson ou Hahnemuhle à partir de 70 € le paquet de 25 feuilles (satiné / 270g) et jusqu’à 188 € pour du papier haut de gamme destiné à la vente d’oeuvres d’art et aux expositions (texturé / 100% coton / 310g). Pour du papier Canon ça tourne carrément à la mission. Introuvable sur le net, le seul vendeur que j’ai pu trouvé est issu du market place Amazon qui commercialise la boîte de 20 feuilles A2 en Pro Platinum ou en Pro Premium Matte respectivement à 114 € et 88 €. Chez PhotoSpecialist le modèle Luster (celui utilisé pour ce test) est à 95 € la boîte de 25 feuilles.

Plus tard, notre contact chez Canon nous a annoncé que le papier était disponible en ligne chez Camara.net.

C’est dommage quand même

Cette imprimante a un autre défaut de taille, en dehors du coût d’utilisation : elle ne permet pas d’imprimer en panoramique. Aucun rouleau papier ne peut y être associé. C’est un manque considérable en comparaison de la concurrence. L’Espon SureColor SC-P800, elle, le fait (en option). Oups…

Les fonctionnalités de l’imprimante

Les fonctionnalités phares de la Canon imagePROGRAF PRO-1000 sont les suivantes (liste non exhaustive) :

  • 12 encres pigmentaires Lucia Pro (en 80 ml) dont la Prograf PRO-1000 est la première à tirer parti
  • 2 encres noires différentes pour 2 types de papiers différents (en simplifiant : mat ou brillant),
  • Une cartouche de Chroma Optimizer servant à déposer une couche brillante sur les parties très sombres de l’image, dans le cas de l’utilisation d’un papier brillant,permettant ainsi d’éviter les zones mattes non désirées et assurer une brillance homogène sur toute l’image,
  • Fonction « noir et blanc » utilisant les encres grises (deux différentes) et les encres couleur pour produire un rendu noir et blanc paramétrable via les options de couleurs du pilote (tonalité chaude ou froide, compensation du rendu légèrement coloré de certains papiers, etc.),
  • Buses d’impressions spécifiques Noir mat et Photo noir évitant de devoir purger (et gaspiller) de l’encre quand on change de papier,
  • Système d’aspiration des feuilles pour assurer un maintien à plat et un parfait centrement de la zone d’impression (pas systématique donc, voir plus haut),
  • Un logiciel (en réalité un « plugin » à associer à son logiciel de retouche d’image type Lightroom ou Photoshop) nommé Print Studio Pro permettrait d’optimiser les images avant impression, avec prévisualisation (malheureusement il n’était pas fourni avec l’imprimante de prêt et je n’ai pas pu le tester),
  • La possibilité (là non plus pas testée, car je n’avais pas le matériel adapté) de paramétrer une chaîne graphique complète en 100% Canon (excepté le logiciel de traitement et la sonde quand même) peut sembler intéressante sur le papier, mais mériterait d’être testée en pratique,
  • Pour ceux qui ne veulent pas calibrer à la main (mon cas), Canon fournit 13 profils ICC préconfigurés pour autant de types de papier.

Un autre lundi matin, fin de l’aventure…

Un autre lundi matin, un mois plus tard, un livreur est de nouveau passé chez moi, cette fois pour récupérer mon joujou. Je m’y étais attaché moi à cette imprimante ! Des nuits et des dimanches passés à imprimer, optimiser (un peu) et me replonger dans de vieilles photos que j’ai retouchées encore et encore pour profiter pleinement de ces tirages A2 qui ne pardonnent pas. J’ai demandé à Canon s’ils vendaient leurs imprimantes de prêt (on est en période de soldes, j’envisageais une ristourne d’au moins 90%) et j’ai bien envisagé de kidnapper le livreur pour l’enfermer dans ma cave, mais rien n’y a fait. Il fallait la rendre.

Grâce à cette Canon imagePROGRAF PRO-1000 (c’est bien la dernière fois que je l’écris), j’ai réalisé une chose essentielle à retenir pour vous qui hésitez sans doute, comme moi jusqu’ici, entre investir ou continuer à commander des tirages chez les imprimeurs et autres labos : imprimer soi-même c’est passionnant et très gratifiant. Surtout quand on met un peu de côté la technique pour se concentrer uniquement sur l’esthétique. Du bonheur je vous dis. Il suffit de ne pas penser à la facture mensuelle en encre et papier. Facile, non ?

Crédit photo : Canon

Crédit photo : Canon

Canon imagePROGRAF PRO-1000 : Elle fait forte impression

La Canon imagePROGRAF PRO-1000 pourrait être l’imprimante A2 idéale pour les photographes qui veulent aller à l’essentiel sans passer des heures à lire le manuel (démesuré) ou calibrer leur chaîne graphique. C’est encore mieux en la paramétrant mais elle excelle même sans rien régler. Une prouesse. Des images fidèles au travail à l’écran, une qualité d’impression digne d’un travail d’expo, une gestion du noir et blanc pointue. L’essentiel est bien là.

Malheureusement, pour toucher du doigt ce matériel qui mérite bien son liseré rouge (la fameuse série L de Canon) , il faut pouvoir se l’offrir et surtout assurer financièrement le coût d’usage. Mais est-ce que le plaisir d’imprimer soi-même n’en vaut pas la peine, finalement ?

La Canon imagePROGRAF PRO-1000 est disponible au tarif de 1299€ dans les magasins spécialisés photo. On la trouve un peu moins chère sur Internet, notamment sur la marketplace d’Amazon.

Story-test de l'imprimante Canon imagePROGRAF PRO-1000
Format A2 enfin « accessible » financièrementSimplicité d’utilisation des fonctionnalités d’impressionQualité irréprochable des impressions (d’un point de vue amateur averti)Tirages noir et blanc magnifiquesJolie imprimanteGrands réservoirs d’encre faciles à remplacerPossibilité de changer d’encre sans purger13 profils ICC fournisCentrage des images plutôt bonPas ou peu de soucis de chargement/traitement du papier
Plus chère à l’achat qu’une imprimante photo grand public (mais qui ne fera jamais du A2)Chère à l’usage (consommables)Certains paramétrages sont un peu fastidieux à aborder et configurer (énooooorme manuel)Papier A2 difficile à trouver dans le commerceTrop d’opérations de maintenance gourmandes en encrePas d’impression panoramique (rouleau)
9Note finale