Quand une équipe de l’Université Cornell (4 professeurs et étudiants) travaille sur la base de données gigantesque que constitue Flickr pour analyser les lieux les plus pris en photo dans le monde, ça donne un rapport assez complet et des statistiques intéressantes.

Une étude grâce à l’API de Flickr

Avant de vous donner les résultats, voici un peu la manière dont ils ont procédé pour ce projet : en utilisant l’API de Flickr, ils ont collecté plus de 35 millions de photos présentes sur Flickr sur une période de 6 mois. Après les avoir analysé grâce aux tags et métadonnées, aux indications géospatiales, à la structure visuelle de l’image, ils ont pu faire ressortir des propriétés intéressantes sur les villes et les paysages les plus populaires, au niveau mondial.

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Quelles sont donc les lieux les plus photogéniques ?

Les résultat sont les suivants (basés sur les photos présentes sur Flickr, rappelons-le) :

  • New York est la ville la plus photographiée au monde, suivie par Londres, San Francisco, Paris, Los Angeles et Chicago. Pour l’honneur de l’Europe, Rome arrive en 9ème place, suivie par Amsterdam.
  • Si l’on se focalise sur New York, l’Empire State Building est le lieu le plus représenté, suivi par Times Square et la Tour Rockefeller. Ce qui est intéressant c’est que l’Apple Store arrive en 5ème place parmi les lieux les plus représentés pour New York. Et c’est là qu’il faut bien se rappeler que Flickr n’a pas une vision totalement représentative du monde : les utilisateurs qui postent leurs photos sur Flickr font partie d’une population globalement plus intéressée par les nouvelles technologies que la moyenne, et n’ont donc pas les mêmes centres d’intérêt que le reste de la population.
  • D’ailleurs, si l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest sont les plus représentés parmi les lieux les plus visibles sur Flickr, c’est surtout parce que Flickr est beaucoup plus utilisé sur ces continents, ce qui biaise l’objectivité d’une telle étude.
  • Au rang mondial, le lieu le plus photographié reste la Tour Eiffel, enblême du touriste (fût-il américain), suivi par le Trafalgar Square, la galerie d’art Tate Modern, Big Ben et Nôtre-Dame de Paris.

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Quelles conclusions tirer de cette étude ?

Grâce à des services de partage collectif comme Flickr, on peut avoir une vision de ce qui intéresse les gens. C’est un peu une image du comportement collectif qui apparaît, mettant en valeur certains lieux ou certaines villes qui jouissent d’une représentation photographique massive. Mais bien sûr, il faut bien se rappeler que l’échantillon des utilisateurs présents sur Flickr ne permet pas d’avoir une image totalement représentative des lieux qui intéressent le plus les gens. Je suis sûr que le Tajmahal intéresse beaucoup de personnes mais peu ont eu l’occasion de le photographier.

Les méthodes de classification développées pour cette étude peuvent cependant servir à des services de gestion de photos comme Flickr. Par exemple, le système de géo-classification permettrait de proposer automatiquement des tags GPS pour les photos qui auront été reconnues comme étant celles d’un monument dont on connaît déjà la position sur une carte.

Cette étude pourrait également servir pour réfléchir aux relations qui existent entre les photographes. Il semblerait que les lieux et dates de prise de vue pourraient relier des personnes ayant des intérêts à se rencontrer. Et d’après l’étude, c’est déjà le cas dans beaucoup de cas puisque ces personnes sont déjà souvent en contact sur Flickr.

Cette étude est donc assez riche d’enseignement en terme de lieux « favoris » mais pourrait surtout servir de base pour améliorer les services photos et les faire évoluer vers des structures plus intelligentes, comme c’est déjà le cas avec la reconnaissance des visages.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’étude des universitaires de Cornell, rendez-vous sur la page de leur projet.