Andres Serrano est un personnage hors du commun. J’ai découvert ce photographe lors d’un documentaire sur Planète à propos de sa série sur La Comédie Française.

 

Peut-être qu’il est certainement connu pour beaucoup d’entre vous mais il n’est jamais trop tard pour moi pour apprendre ! J’ai donc fait la connaissance d’un grand photographe souvent provocateur mais surtout un grand portraitiste qui a le sens du détail et de la mise en valeur.

Que ce soit pour la série « L’Eglise« , magnifiques portraits de religieux françaises, italiens, espagnols, la série « America » qui reflète une cinquantaine de visages de l’Amérique (faite après le 11 septembre) dont quelques célébrités, la série « Comédie Française » qui arrive à capter l’âme des comédiens au plus profond d’eux, la série « Nomades » qui montre la personnalité de nombreux sans-abris, de marginaux et gens de la rue de New York, la série « KKK » où il a eu l’opportunité de photographier des membres du Ku Klux Klan en Géorgie ou encore « The Morgue » qui peut sembler morbide, car il y a beaucoup de détails dérangeants sur la mort, des corps décharnés, des os, mais le tout en gros plan, d’une magnifique beauté, avec souvent des couleurs sompteuses, et justement, au contraire de la mort, Andres Serrano y représente la vie.

 

 


Il a d’ailleurs une inspiration que l’on peut retrouver chez les grands peintres du XIXème, de l’époque du Romantisme, ou chez les grands portraitistes de l’époque de Molière ou même pour la série « L’Eglise », une certaine inspiration chez les grands cinéastes, Luis Bunuel, Federico Fellini ou Pedro Almodovar….

Andres Serrano a le souci de refléter la réalité des visages de ce monde, la société avec ses travers et ses démons, des détails de la vie, injustes ou non. Ses photos, lors des expositions, sont magnifiquement présentées, en grand format, avec un cadre noir, qui les mettent parfaitement en valeur.
Il réalise souvent ses portraits sur des fonds colorés, qui arrivent à faire ressortir le visage de chaque personne.
Il collabore souvent avec le New York Times magazine, dont il réalise de nombreux clichés sur différents thèmes, notamment la Torture par exemple : encore une fois, de magnifiques photos représentant un homme cagoulé ou un gros plan sur des mains serrées par un lien en plastique.

Il a souvent choqué ou en tout cas provoqué les bien-pensants, et les chrétiens notamment. A la fin des années 80, la série « A History of Sex » montrait des nus de personnes âgées, des hommes se faisant eux-même une fellation et des clichés abstraits de giclées de sperme. Il choque également avec son fameux « Piss Christ » représentant un crucifix plongé dans l’urine du photographe qui fait partie de la série « Body Fluids« , qui prend compte aussi des périodes menstruelles des femmes… Je vous laisse imaginer (ou plutôt voir ici).

  

Andres Serrano arrive toujours là où on ne l’attend pas. Pour preuve, sa dernière exposition de septembre 2008 à New York, intitulée « Sh*t » est une série de photos sur… la merde. Eh oui ! Des excréments humains ou animales pris de façon artistique… Ca se regarde je vous assure :


 

Lire une interview à propos de cette exposition.
Il existe un livre sur la série « America ». Sur Amazon.

Et découvrez son vie son oeuvre sur le site Artnet.

 

credits photo : portrait / The Morgue / Nomads, America et KKK / A History of Sex / Sh*t #1 / Sh*t #2 / The Interpretation of Dreams #1 et #2.