Alors que la période des fêtes de Noël arrive à grande vitesse et que nous vous proposons comme chaque année nos guides d’achat photo, nous voulions également explorer une autre voie, celle du matériel d’occasion.

En effet, les constructeurs essaient de nous séduire avec les derniers boîtiers bourrés de nouveautés et d’améliorations, mais cela ne veut pas dire que les anciens boîtiers ou appareils photos ne sont plus suffisamment bons pour être utilisés, loin de là. Certes, la montée en sensibilité ne sera peut-être pas aussi bonne, le boîtier n’aura peut-être pas le Wifi ou le GPS, mais il peut être parfaitement convenable pour votre pratique de la photo. Pour les optiques, c’est d’autant plus vrai qu’une bonne optique dure, malgré les années qui passe.

Dans cet article, nous allons voir quelles sont les astuces et conseils à suivre avant d’acheter un matériel d’occasion.

Pourquoi acheter du matériel photo d’occasion ?

Cette question peut paraître inutile, mais il est bon de rappeler pourquoi le matériel photo d’occasion est séduisant.

En premier lieu, qui dit « d’occasion » dit matériel ayant déjà été utilisé et donc forcément moins cher que du matériel neuf en boutique. Les prix sont cependant fixés par le marché de l’occasion et des côtes existent, comme nous le verrons plus loin.

L’occasion est aussi un bon moyen de mettre la main sur du matériel qui n’est plus vendu en magasin, comme d’anciennes optiques ou des accessoires précis.

Enfin, le matériel d’occasion permet parfois de tester de nouvelles choses, de nouvelles optiques ou bien un nouvel appareil sans se ruiner. D’ailleurs, si vous achetez une optique d’occasion à un bon prix et qu’elle est en bon état, il y a de fortes chances que vous puissiez la revendre à un prix très proche dans le futur, à condition bien sûr de la choyer.

A quel prix ?

Maintenant que vous êtes convaincu que le matériel d’occasion est une piste à explorer pour vous équiper sans vous ruiner, il est important de parler d’un élément déterminant : le prix.

L’occasion est un moyen de trouver du matériel pas cher, mais sachez qu’il existe des prix du marché, qui évoluent en fonction des nouvelles sorties ainsi que de l’état du matériel en vente.

Certains sites proposent des côtes de l’occasion photo comme sur le site Chasseurs d’images permettant d’avoir une référence du prix correct à payer pour un appareil photo ou un objectif.

Si jamais le prix que l’on vous propose est trop éloigné de celui de l’argus, essayez de négocier en indiquant pourquoi pas le site Chasseurs d’Images comme référence pour couper court à toute discussion.

Attention aux trop bonnes affaires. Si vous voyez un boîtier récent vendu à un prix inhabituel, c’est soit que le vendeur est généreux, ou bien l’appareil a un problème et il souhaite s’en débarrasser.

Où acheter son matériel d’occasion ?

Historiquement, on pouvait trouver du matériel photo d’occasion dans la presse écrite spécialisée, rubrique petites annonces. C’est encore le cas aujourd’hui, mais Internet constitue désormais la référence, avec des sites comme eBay, Leboncoin, ou également les forums photo qui disposent souvent d’une section achat/vente de matériel d’occasion.

Les réseaux sociaux nous permettent également de déceler une perle rare, lorsque l’ami d’un ami vend du matériel. La proximité relationnelle vous permettra d’en savoir rapidement plus et surtout de vérifier des points mentionnés plus bas dans l’article.

Les boutiques photo proposent également souvent du matériel photo, dans la ou les marques qu’ils vendent en neuf, et certains proposent même l’expertise du matériel pour être sur qu’il soit en bon état avant de le mettre en vente. Associé parfois au rachat de matériel, les boutiques peuvent être un bon moyen de changer d’équipements, avec souvent une prolongation de garantie sur une courte période suivant l’achat.

materiel_occasion

Enfin, certaines foires photo comme la Foire Internationale à la Photo de Bièvres sont le repère du matériel d’occasion et s’il faut parfois fouiller pour trouver la perle rare, le plaisir de retrouver un vieux caillou n’en est que plus grand.

Attention au matériel volé qui se retrouve souvent sur Internet. Des listes de numéros de série de matériel photo existent en ligne (comme chez Chasseurs d’Images) pour permettre de savoir si l’appareil que vous êtes sur le point de racheter n’a pas été volé. Demandez à chaque fois le numéro de série du matériel et si ce dernier apparaît sur une liste, ne l’achetez pas et contactez la victime.

Nous conseillons les rencontres physiques pour évaluer et récupérer du matériel photo d’occasion, car même si le vendeur vous semble correct et est prêt à vous expédier le produit, vous aurez des difficultés à vous retourner contre lui en cas de pépin (produit non confirme, dans un état différent). Cette bonne affaire disponible à l’autre bout du pays ne sera pas la seule, il vous suffit d’être un peu patient.

Les points à contrôler avant d’acheter un matériel d’occasion

Si vous n’êtes pas certain de comprendre les points mentionnés ci-dessous, le mieux est sûrement pour vous d’acheter un matériel neuf, au risque de vous retrouver avec un appareil photo d’occasion en mauvais état.

L’aspect extérieur du matériel en dit long sur son ancien propriétaire : chocs / rayures

Avant toute chose, examinez bien le matériel sous tous ses angles afin d’évaluer son état d’usure et s’il n’a pas subît de chocs.

Pour les boîtiers numériques, regardez bien si tous les boutons sont présents et fonctionnent, si la coque du boîtier n’est pas fissurée ou cabossée à certains endroits. Une simple rayure n’est parfois pas génante, mais une marque de choc, si minime soit-elle, peut dire que le boîtier est tombé, et certains composants à l’intérieur, que vous ne voyez pas, on peut-être été endommagés. Un rapide coup d’oeil au niveau des connecteurs batterie vous permettra de voir s’il y a des traces d’oxydations. Sans objectif, regardez également si les contacteurs et la monture de l’appareil sont en bon état, et qu’il n’y a pas de poussières (ou pire, du sable) à l’intérieur de la cage du capteur. Quelques poussières sur le miroir ne sont généralement pas un problème (car le miroir protège le capteur du boîtier) mais il vaut mieux être trop exigeant que laxiste et s’en mordre les doigts plus tard.

Pour les objectifs, regardez bien s’il n’y a pas de poussières emprisonnées entre les différents lentilles, que la surface de l’optique n’est pas rayée, et s’il s’agit d’un zoom, si la bague de zoom fonctionne et est fluide. Un conseil : utilisez une lampe torche et éclairez l’intérieur de l’objectif du côté où l’objectif se fixe sur le boîtier. De cette manière, vous verrez toutes les poussières présentes dans l’optique.

Poser des questions spécifiques sur le matériel au vendeur

Avant d’acheter du matériel d’occasion, j’aime bien parler avec le vendeur, savoir quelle a été son utilisation du matériel, depuis combien de temps il l’a, s’il en a été satisfait, pourquoi il le vend, … Bref, toutes ces petites questions qui n’ont l’air de rien mais qui vous permettront de vérifier que la personne en face de vous est bien l’utilisatrice du matériel. Si ce n’est pas le cas, réfléchissez-y, et dans le doute abstenez-vous, car le revendeur risque de vous raconter des histoires.

De manière générale, sauf si vous êtes suffisamment à l’aise pour inspecter vous-même un matériel, ou que vous achetez dans une boutique photo, discutez directement avec l’utilisateur du matériel photo en vente.

Vérifier le nombre de déclenchements

Si vous pensez qu’un reflex est immortel, vous vous trompez. Chaque boîtier photo dispose d’un obturateur qui est l’une des pièces d’usure qui vous permet de connaître l’utilisation d’un appareil. Avec le nombre de déclenchements, vous pourrez savoir si l’appareil a pris beaucoup de photos, et surtout évaluer le nombre de photos qu’il vous reste avant que l’obturateur montre des signes de faiblesse (bandes noires sur votre photo) ou tombe complètement en panne.

Pour connaître le nombre de déclenchements d’un boîtier, le plus simple est d’étudier les EXIFs de la dernière photo réalisée avec ce boîtier. Si votre logiciel photo maison ne vous permet pas de trouver le nombre de déclenchements, téléchargez XnViewMP (gratuit) et ouvrez la photo à l’aide de ce logiciel.

A titre d’information, et selon les gammes, voici le nombre de déclenchements théoriques des boîtiers avant d’avoir une panne :

  • Entrée de gamme : 50 000 déclenchements (ex : D3300, 100D)
  • Milieu de gamme : 100 000 déclenchements (ex : D7100, 70D)
  • Semi-pro : 150 000 déclenchements (ex : 7D, 5D, D800)
  • Pro : 300 000 déclenchements (D4s, 1DX)

Ces chiffres ne sont pas des valeurs contractuelles assurées par les constructeurs, et si votre obturateur tombe en panne, la réparation ne sera couverte que si le boîtier est encore sous garantie.

Remplacer un obturateur coûte plusieurs centaines d’euros, selon le modèle (plus le modèle est haut de gamme, plus le remplacment coûtera cher). Vérifiez donc le nombre de déclenchements avant de choisir un boîtier, et s’il est trop proche de la limite théorique, demandez-vous si vous ne pourriez pas trouver un autre appareil plus récent et peut-être un peu plus cher, avec lequel vous seriez plus tranquille.

Déclencher et déclencher

Pour un boîtier, il est primordial de réaliser quelques déclenchements pour voir si l’appareil fonctionne correctement. Les points importants à vérifier à ce niveau sont la cellule d’exposition, l’autofocus, le viseur, l’enregistrement des fichiers sur la carte mémoire.

Pour vérifier la cellule d’exposition, désactivez le bracketing et la correction d’exposition, photographiez une zone claire plusieurs fois de suite et vérifiez que l’exposition est correcte et surtout constante entre les différentes prises de vue.

Inspecter le capteur

Le capteur est la pièce maîtresse d’un reflex numérique, et s’il n’est pas en très bon état, il vaut mieux vous arrêter là dans l’achat. En effet, c’est un composant extrêmement fragile et délicat, et un simple nettoyage du capteur sans prendre ses précautions peut provoquer des tâches ou même des rayures sur ce capteur, avec des traces définitives sur toutes les photos que vous prendrez par la suite.

Pour vérifier que le capteur est en bon état, n’est pas rempli de poussières et ne possède pas de rayures, voici une procédure simple à réaliser avec le boîtier :

  • utiliser un réglage manuel en priorité ouverture
  • choisir une très petite ouverture type f/16 (ne vous souciez pas de la vitesse d’obturation
  • utiliser la focale la plus large et faire la mise au point manuelle la plus proche
  • prendre en photo un mur clair, une feuille blanche ou même encore un ciel bleu

Prenez plusieurs photos, et observez-les sur un grand écran (et non simplement à l’arrière de l’appareil). Si vous voyez des petites tâches sombres ou des traits sur l’image, c’est que le capteur n’est pas en bon état. Si les tâches (poussières) peuvent partir après un nettoyage méticuleux (passez par un professionnel ou quelqu’un qui sait ce qu’il fait), les rayures sont là pour rester, alors abandonnez. Et si vous faites nettoyer votre capteur, un conseil : prenez des photos avec le professionnel pour montrer l’état de votre capteur avant de lui laisser, comme ça pas de mauvaise surprise s’il s’avère que son nettoyage a empiré les choses, ou pire, apporté une rayure sur le capteur.

Voici un exemple d’image issue d’un capteur rayé et plein de poussières :

Sensor

Facture, boîte, notice : le trio complet

Ce n’est pas parce que vous achetez un matériel d’occasion que vous ne devez pas avoir une facture, la boîte du matériel ainsi que la notice. C’est d’ailleurs un signe qui montre que le vendeur prend soin de son matériel et conserve tous les éléments.

D800-facture

Si ce dernier a perdu la facture, il est parfois possible d’en refaire éditer une auprès du magasin qui lui a vendu le produit. Cela ne coûte rien d’essayer, et permet de connaître le prix réel du produit, ainsi que sa date d’achat, et vous sera très utile si vous souhaitez à votre tour revendre ce matériel.

L’appareil est-il encore sous garantie ?

C’est une question que l’on pose souvent, et pour cause : un appareil encore sous garantie a beaucoup plus de chances de trouver un acquéreur car si vous voyez un problème ou un défaut après l’achat, vous pourrez toujours vous adresser au revendeur ou au constructeur pour une réparation sous garantie, qui dans la majorité des cas sera couverte par la garantie.

Demander un certificat de vente – lettre de cession avant de finaliser la vente

Vous avez passé toutes les étapes expliquées ci-dessus et êtes encore convaincu que ce matériel d’occasion est fait pour vous ? Parfait, il ne reste plus qu’une étape avant de finaliser la vente. Au moment du paiement et de la livraison, établissez entre le vendeur et vous un certificat de vente, autrement appelé lettre de cession. Ce document vous permettra de vous protéger si jamais il s’avère que le produit a été volé (sinon vous en dans une situation de recel) et pourra parfois être utile en cas de vol pour votre assurance (mais là c’est un peu au cas par cas en fonction des assurances).

Pour plus de simplicité, nous vous proposons un exemple type au format PDF de certificat de vente – lettre de cession, prêt à être complété lors de la vente (en autant d’exemplaires qu’il y a de parties, soit souvent en 2 exemplaires).

Avec tous ces conseils, vous êtes paré pour le marché de l’occasion, et pourrez vous offrir ce boîtier ou cet objectif qui vous faisait de l’oeil il y a quelques années.

  • Merci pour cet article très complet sur le marché de l’occasion, ce sont des points très importants à vérifier et je suis sur que ça aidera beaucoup de monde !

    Merci aussi d’avoir accepté que je parle ici du boitier que je mets en vente, mon D300s ! Il s’agit d’un reflex professionnel qui a été acheté en 2011, et qui a aujourd’hui environs 26000 déclenchements. Son état est excellent, jamais tombé, pas de rayure… J’ai la boite, la facture et la notice 😉 Sans oublier les quelques accessoires, dont certains neuf.

    Et comme précisé justement dans l’article, je préfère le vendre à quelqu’un qui pourra se déplacer et voir le matériel, le tester (je suis dans le Val d’Oise).

    Je le vends 550€ nu (la côte Chasseur d’Image est de 590€), mais je peux aussi le vendre avec mon 35mm f/1;8 😉

    N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d’infos ! (cliquez sur mon nom)

    PS: merci encore Damien pour ton accord et pour l’article 😉

  • Bonjour,

    De belles pistes. Je ne rajouterais qu’une seule petite idée : Les deuxièmes déclic de la FNAC, avec souvent de très belles surprises !

    • Virginia

      Oui je confirme, j’ai récemment acheté un objectif deuxième déclic à la fnac et suis très contente (économie de plus de 200 euros et un objectif comme neuf !)

  • Laurent

    Concernant le matériel volé, il y a aussi l’excellent https://www.lenstag.com/ avec son appli mobile et son plugin chrome, à diffuser largement que ce soit en acheteur de matériel d’occasion ou simplement en possesseur de matériel pour éventuellement espérer le récupérer en cas de vol (même si ça reste très hypothétique)

  • Jérôme

    Bonjour de bonnes infos comme souvent, je voudrais simplement rajouter un site qui est la seule référence pour moi et de nombreux amis photographes pro et non pro, ils nettoient, réparent, et garantisse très souvent tout leur matériel, leur fiabilité sur tout le territoire à été éprouvée à de nombreuse reprises, si le produit acheté ne convient pas ils le reprenne :
    http://www.images-photo.com/occasions/liste.html
    A bientôt !

  • Conseils intéressants….. sauf pour le carton d’emballage

    • C’est-à-dire ? Il est important pour un photographe de conserver le carton d’emballage de l’appareil pour faciliter la revente, et cela prouve souvent un soin particulier pour l’appareil (mais bien sûr, il y a des gens qui gardent l’emballage, la notice, la facture et qui maltraitent le matériel ^^)

    • christian BERNARD

      … j’avoue que je ne comprends absolument pas cette corrélation présumée entre usage soigné de l’appareil et conservation de l’encombrant carton l’ayant emballé à l’origine !
      Il me semble qu’il s’agit là d’une pure pratique « marketing-occasion »…

      La source de cette idée tient peut-être dans le fait que durant les premières semaines de garantie, certains commerçants ne pratiquent l’échange (plutôt que la réparation avec privation du matériel pendant plusieurs semaines) qu’à la condition que l’appareil soit ramené, avec tous ses accessoires et emballages d’origine ; mais après cette première et brève période, conserver cet emballage est sans intérêt !

    • Si cela peut aider à revendre son matériel photo, je pense que cela en vaut la peine 😉

    • Thomas

      Vrai par ailleurs la garantie est inutile puisqu’elle ne se transmet pas. (Écrit sur la garantie d’un D3100)

    • J J

      J’ai un Canon 7D acheté en France et vivant à l’étranger, je n’ai pas gardé l’emballage pour faciliter mon passage en douane et éviter l’encombrement. Pourtant je prends soin de mon appareil comme de la prunelle de mes yeux: cette option là n’est donc pas le meilleur critère à retenir.

  • Pingback: Points verts sur votre boîtier Nikon : à quoi servent-ils ?()

  • Pingback: Test et avis sur le Fuji X-T1 par Adil Boukind()

  • Anne Jutras

    Merci Damien! Super cet article, justement je me cherche un boitier d’occasion, ça tombe à point nommé!

  • Jean pierre Querné

    par pitié! il n’y a jamais de tâches sur un capteur ,tout au plus des taches !

  • Pingback: MP #117 : quelle focale fixe choisir : 35mm, 50mm ou 85 mm ?()