Nan Goldin est une photographe américaine connue pour son incroyable univers en marge de la société.

Image de la série intitulée « All By Myself » qui témoigne de son propre délabrement, physique et mental.

Nan Goldin est née en 1953 à Washington. Elle est rapidement obsédée par la photographie et entre à l’école des beaux-arts de Boston où elle rencontre le photographe David Armstrong, qui deviendra drag queen en même temps que son premier modèle. Nancy côtoie ce milieu marginalisé qu’elle photographiera tout au long de sa vie. Pendant 16 ans elle va travailler à sa série qui la rendra célèbre, The Ballad of Sexual Dependency, constituée de plus de 800 diapositives. Les principaux thèmes évoqués sont la fête, la drogue, la violence, la liberté sexuelle, mais c’est avant tout un témoignage sur la condition humaine et sur les difficultés de la vie. Nan Goldin est confrontée au début des années 1980 à l’apparition du Sida, qui décime ses amis proches qu’elle photographie, de leur vie quotidienne à leur cercueil. Le travail de Nan Goldin a désormais évolué vers des ambiances moins destructrices et plus tendres.

Nan Goldin

Que faut-il comprendre de son univers très particulier ?

Il s’agit d’une des photographes les plus marquantes du 20ème siècle. Jamais Nan Goldin ne quittera son appareil photo : ses images sont sa mémoire et elle ne cache rien. C’est d’ailleurs ce qui caractérise le plus cette surprenante photographe : son authenticité, son goût du « vrai », sans censure. « Rien n’était calculé » dit-elle à plusieurs reprises.  On y voit des individus comme ils sont et cela se ressent dans ces images parfois floues, mal cadrées dans une lumière crue ou avec un flash de face (ce qui casse toutes les règles de la photographie classique : on est au coeur de la contre culture américaine). Ce sont des images prises sur le vif. Elle ira même jusqu’à se photographier peu après avoir été battue par son petit ami de l’époque, ce qui avait manqué de lui faire perdre un œil.

« J’ai commencé à prendre des photos à cause du suicide de ma soeur. Je l’ai perdue et je suis devenue obsédée par l’idée de ne plus jamais perdre le souvenir de personne. »

Dans cette image prise juste après un rapport sexuel avec son compagnon Brian, on y voit clairement l’ambivalence du couple, elle le regarde alors qu’il lui tourne le dos.

Beaucoup pensent que son travail porte sur la drogue, les fêtes et « l’underground », mais ce qui l’intéresse c’est la condition humaine, le comportement physique des individus et leur relation avec leur corps. Elle joue beaucoup sur l’éclairage, ce qui confère à ces clichés une grande sensualité, mêlant le fond et la forme. « Pendant des années mon travail a traité de la dépendance sexuelle (…) je suis obsédé par le fait qu’on puisse être attiré par quelqu’un qui ne vous convient pas tant sur le plan affectif que sur le plan intellectuel ».

Nan Goldin« Pourquoi ce besoin d’être deux est-il si fort ? »

« Ce qui m’intéressait le plus c’est de photographier le comportement physique des gens, leur sexualité, leur identité sexuelle. Dès le début de mon travail sur les travestis, je les percevais déjà comme un troisième sexe. »

Nan Goldin

Son style et ses photographies sont à l’image de sa propre vie : spontanée, impulsive et obsessionnelle. C’est l’art de la photographie qu’on prend sur le vif et qu’on décrypte après. Nan Goldin, c’est une vie marquée par des suicides, des maladies, de la violence, des drogues et de la sexualité. Elle suivra ses modèles jusqu’à leur mort, en y montrant toute la complexité de la vie. Derrière un sombre décor apparaît un hommage à la beauté et à la nature humaine. Parce qu’elle a brisé tous les codes de la photographie, parce qu’elle a montré l’homme sans tabou et parce qu’elle a capturé le « naturel » avec une telle intensité qu’elle est devenue une des photographes incontournables du 20ème siècle.

Pour en savoir plus, je vous recommande chaleureusement un court documentaire : Contacts Photography, ainsi que des liens utiles : wikipédia et photonumerique.

Nan Goldin

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