Andreas Gursky est l’un des plus célèbres photographes contemporains, ses photos sont parmi les plus chères au monde comme 99 Cent II Diptychon vendu plus de 3 millions de dollar.

Né en Allemagne en 1955, son père est photographe commercial et lui transmet sa passion pour la photographie. Pendant ses études à l’académie des beaux-arts de Düsseldorf, Andreas fut particulièrement influencé par ses professeurs, Bernd et Hilla Becher, connus pour leurs photographies d’installations industrielles. Il va adopter les méthodes de travail des Becher avant de suivre dans les années 90 une toute autre démarche artistique, qui fera de lui une légende dans le monde de l’art.

Pourquoi ses photos suscitent-elles autant d’engouement ?

Avant tout, il réalise un exploit technique : chaque photo est d’une qualité exceptionnelle et de très grande taille, pas moins de 3m x 2m voire plus ! Ce grand format invite les spectateurs à s’approcher encore plus près de ses photos, et d’admirer chaque détail d’une impeccable définition. Et c’est là où est le piège ! Plus on s’approche, plus on sent les vertiges : des formes répétitives à perte de vue, des grands espaces, des mouvements de foules… Nos regards se perdent dans ces grands spectacles avec une parfaite composition au service du sujet.

99 Cent II Diptychon. Incroyable image illustrant les vertiges de la société de consommation, dans un magasin où tous les produits sont à 99 Cent.

Vue de la bourse de Tokyo. On est comme hypnotisé par la densité de la foule.

Kamiokande 2007. Accélérateur de particules géant photographié pendant une réparation.

Afin de réaliser ces images, Gursky utilise parfois des manipulations informatiques : assemblage de plusieurs photos, retouches… Pour la plupart, ses photos sont « pensées » à l’avance, c’est un travail de composition comme un peintre avec sa toile. Il parcourt le monde à la recherche de sujets qui illustrent nos sociétés modernes en mettant en avant les rapports d’échelles entre les hommes et l’architecture, les phénomènes de foules ou encore la mondialisation.

Circuit automobile de Bahreïn. Images d’asphalte réassemblées dans une composition abstraite.

Paris, Montparnasse. Glaçante visualisation entre l’homme et l’architecture, mêlant esthétisme et abstraction.

Rhein II 1999

James Bond Island II, 2007

Peu d’artistes ont su imposer un style aussi net que Gursky : des photographies grandioses, des formes qui se répliquent à l’infini, des grands espaces et de grandes constructions où l’homme apparaît minuscule à côté. Devant de tels spectacles, on se demande si ces images sont truquées ou non : parfois oui, mais bien souvent non. De quoi laisser planer le doute entre réalité et fiction. C’est probablement un des enjeux de sa démarche.

Sources :
Page Wikipédia
Galerie Matthew Marks
Fiche du Centre Pompidou