Pour le premier article de la série « Mercredi Pratique » (MP pour les intimes), nous allons aborder un thème un peu controversé parmi les photographes utilisant un boîtier Reflex : le format RAW. Désolé pour ceux qui n’ont pas cette fonctionnalité sur leur appareil, mais la suite reste quand même intéressante si vous comptez acheter un appareil reflex dans les prochains mois (ou années)

Pour commencer, découvrons ce qu’est le format RAW en photo. Je vous arrête tout de suite si vous me parlez des formats .DNG, .NEF ou .PTX (et j’en passe), ce sont tous des formats RAW mais propres à chaque constructeur. Le RAW englobe tous ces formats.

RAW (« brut » en anglais) désigne le format de fichier qui enregistre (séparément) deux choses lors de la prise de vue :

  • les données brutes recueillies par le capteur lors de la prise de vue
  • les réglages appliqués lors de la prise de vue (balance des blancs, saturation, accentuation de l’image).

Et de cette définition sort déjà un élément important pour le photographe : il conserve toujours « le négatif » de sa photo et peut le « développer » (comme dans un laboratoire photo) autant de fois qu’il le veut avec son ordinateur et une application telle que Lightroom ou Aperture (ou bien d’autres encore).

L’avantage du format RAW par rapport au JPEG est la quantité d’informations utiles capturées dans le fichier lors de la prise de vue. Pour comparer, lorsqu’un reflex prend une photo au format JPEG, les données enregistrées sont limitées par les capacités du format Jpeg (un format compressé par définition).

Mais après tout, pourquoi s’embêter à prendre une photo en RAW (qui pèse lourd) et devoir la développer après alors que le Jpeg nous sort une photo prête à l’emploi avec une taille raisonnable ?

Tout simplement parce que le photographe n’est pas à l’abri d’une erreur dans sa prise de vue.

Imaginez que vous avez fait une mauvaise balance des blancs (votre photo vire au bleu par exemple) et que vous avez shooté en Jpeg, il sera difficile de modifier cela sans altérer l’image finale. Dans ce cas, si vous aviez pris la photo en RAW, la modification aurait été « non destructrice » car les réglages de prise de vue (balance des blancs, saturation, …) ne sont pas scellés à l’image, seulement associés, et donc modifiables.

Un autre exemple en image : si vous avez surexposé votre photo, rien n’est perdu avec le format RAW qui permet de récupérer une bonne exposition sans trop perdre de qualité sur la photo.

On en arrive à un autre point qui pourrait donner l’avantage au format JPEG : le fichier RAW n’est pas utilisable dès la sortie de l’appareil.

Il faut passer par une étape de post-production sur votre ordinateur, car le fichier à la sortie de l’appareil n’a pas toute la pêche d’un fichier JPEG (qui a été traité par le processeur de l’appareil pour améliorer le contraste et pleins d’autres éléments par exemple). Pour cela, il faut un logiciel de conversion. Adobe propose un plug-in depuis la CS2, Camera Raw, qui permet de développer ses fichiers RAW avant de les ouvrir dans Photoshop. Il y a également Lightroom et Aperture (un logiciel qui est lui proposé par Apple) pour faire ce travail.

Enfin, pour terminer sur le format RAW, sachez que si vous prenez des photos en RAW aujourd’hui, il est fort possible que ce fichier RAW bénéficie d’améliorations spectaculaires avec des logiciels qui sortiront dans 1 ou 2 ans, car la qualité du RAW réside dans les algorithmes de développement, sans cesse améliorés. D’autre part, les informations de développement pouvant être dans un fichier à part, il suffit d’envoyer le fichier RAW et ce fichier de « développement » dans un autre programme ou même à un ami pour voir les modifications effectuées et pourquoi pas en rajouter: le RAW est exportable et exploitable plus facilement qu’un fichier compressé tel le Jpeg.

PS : désolé pour ceux qui trouvent que cet article est un peu simpliste (oui je n’ai pas de « bits ») mais le but est d’avoir une compréhension globale et claire du format RAW. Alors n’hésitez pas à apporter dans les commentaires votre expérience et usage (ou non) du format RAW.