I’m Back Roll APS-C sur Kickstarter : un capteur APS-C à glisser dans son reflex argentique comme une pellicule

Mise à jour du 3 avril 2026 : La campagne Kickstarter du I’m Back Roll APS-C est désormais en ligne. On connaît enfin le capteur, le stockage, les prix et la date de livraison estimée. L’objectif de financement a été atteint en un peu plus d’une heure.

La startup suisse I’m Back lance aujourd’hui la campagne Kickstarter de I’m Back Roll APS-C, son module numérique en forme de pellicule 135 destiné à convertir les reflex argentiques 35 mm au numérique.

I’m Back Roll: The Digital Film That Revives Your Old Camera! | APS-C Sensor Revolution

Des versions précédentes encore trop encombrantes

I’m Back tente depuis 2016 de concrétiser un rêve vieux de 25 ans : glisser un capteur numérique à la place d’une pellicule. Les premières versions nécessitaient de retirer le dos du boîtier pour y fixer un volumineux module externe.

En 2023, I’m Back Film avait franchi un cap avec un capteur Micro 4/3 de 20 Mpx logé dans un rouleau, mais imposait toujours un boîtier externe pour la batterie et les commandes, ainsi qu’un déclencheur filaire collé au dos. Un ensemble ingénieux mais encombrant, et les retours d’utilisateurs se sont révélés assez mitigés.

I'm Back film to I'm Back Roll - 3 development years.

Tout est désormais à l’intérieur : capteur Sony IMX571 de 26 Mpx et stockage SSD interne

C’est précisément sur ce point que I’m Back Roll APS-C entend marquer la rupture. Dans son email de teasing, le fondateur Samuel Mello Medeiros est explicite : les éléments externes ont été supprimés et tout est intégré à l’intérieur du boîtier.

Au cœur du module se trouve un capteur Sony IMX571 de 26 Mpx. Il s’agit d’une cellule BSI CMOS APS-C qui est sûrement très proche de celle que l’on retrouve chez Fujifilm avec la série X-Trans IV (X-T3, X-T4, X-T30, X-T30 II, X-Pro3, X-S10, X-E4), même si le japonais utilise sa propre matrice de filtres couleur X-Trans.

C’est une nette montée en gamme par rapport au capteur Micro 4/3 de 20 Mpx de la version précédente, tant en surface qu’en définition. Le coefficient multiplicateur du capteur passe d’environ 2x à 1,5x, rendant les focales des optiques argentiques plus exploitables.

Les images sont stockées sur un SSD interne, disponible en trois capacités : 64, 128 ou 256 Go. La batterie, rechargeable en USB-C, est amovible, et un dos en aluminium assure la dissipation thermique. Le seul élément externe reste une petite télécommande Bluetooth qui assure la synchronisation de l’obturateur, le flash sync n’étant plus utilisable lorsque tout est logé à l’intérieur du boîtier.

La prise de vue se fera en RAW, JPEG et vidéo 4K, sans écran de contrôle ni prévisualisation, dans un esprit fidèle à l’expérience argentique.

Le transfert des fichiers se fait via une application smartphone dédiée (Wi-Fi/Bluetooth). Autre nouveauté : I’m Back annonce des presets intégrés reproduisant le rendu de pellicules iconiques, une approche qui rappelle les simulations de film de Fujifilm et qui semble particulièrement cohérente sur ce type de produit.

Un aperçu du système I’m Back Roll APS-C

Comme annoncé lors du teaser, l’intégration totale du module dans le boîtier ouvre la voie à une compatibilité avec des boîtiers étanches comme le Nikonos V, ce qui était impossible avec les versions précédentes nécessitant un module externe.

Comment ça marche : un déclenchement en deux temps

L’utilisation du module reprend les gestes familiers de l’argentique : on arme le levier, on cadre dans le viseur optique et on déclenche. Il n’y a aucun écran, aucune prévisualisation, les fichiers sont consultés après coup via l’application smartphone.

I'm Back Roll for Leica M analog series. Install.

Mais un point important distingue I’m Back Roll d’une simple pellicule : la synchronisation de l’obturateur. Le capteur numérique doit être activé avant que l’obturateur mécanique ne s’ouvre, sous peine de manquer l’exposition. Pour cela, le photographe doit d’abord appuyer sur une petite télécommande Bluetooth placée près du levier d’armement pour « réveiller » le capteur, puis déclencher normalement avec le bouton de l’appareil.

Sur les versions précédentes, cette synchronisation passait par le port flash sync du boîtier ou par un bouton filaire collé au dos de l’appareil. Comme tout est désormais logé à l’intérieur, ces solutions ne sont plus possibles, d’où le recours au Bluetooth. Ce double geste constitue le compromis de cette intégration totale : on gagne en compacité et en discrétion, mais on ajoute une étape au déclenchement.

Voici les caractéristiques techniques de I’m Back Roll APS-C :

  • capteur : Sony IMX571, APS-C BSI CMOS, 26 Mpx
  • formats photo : RAW, JPEG
  • vidéo : 4K
  • stockage : SSD interne, 64 / 128 / 256 Go selon le kit
  • batterie : rechargeable, amovible, charge USB-C
  • connectivité : Wi-Fi, Bluetooth
  • synchronisation obturateur : télécommande Bluetooth externe
  • transfert des fichiers : application smartphone dédiée
  • presets : simulations de rendus de pellicules intégrées
  • construction : dos en aluminium (dissipation thermique)
  • écran : aucun
  • compatibilité : reflex argentique 35 mm (y compris boîtiers étanches type Nikonos V)
  • éléments externes : aucun (hors télécommande Bluetooth)

Prix et disponibilité

I’m Back propose actuellement une campagne Kickstarter pour ce produit. Le système I’m Back Roll APS-C sera vendu aux tarifs de 699 $ pour la version 64 Go, 749 $ pour 128 Go et 799 $ pour 256 Go. Les tarifs Kickstarter offrent jusqu’à 36 % de réduction sur ces prix :

La campagne se termine le 15 mai 2026 et les premières livraisons sont estimées à courant 2027. I’m Back précise disposer d’un prototype fonctionnel et que les fonds serviront à finaliser l’électronique de la version de série.

Notre premier avis

Sur le papier, I’m Back Roll APS-C est la proposition la plus convaincante que la marque ait jamais présentée. Et au-delà des specs, c’est la promesse elle-même qui mérite qu’on s’y attarde.

On le voit de plus en plus, notamment chez les jeunes photographes : l’envie de shooter à l’argentique est bien réelle, portée par le plaisir du geste, le look des boîtiers vintage, le cadrage sans écran. Mais le développement reste un frein. Le coût des pellicules et du labo s’accumule et certains font développer les films sans même récupérer les négatifs. Ce qu’ils cherchent, c’est l’expérience de la prise de vue, pas nécessairement celle du processus chimique.

C’est précisément là que I’m Back Roll APS-C trouve sa pertinence. Glisser un capteur numérique dans un Nikon FM2, un Canon AE-1 ou un Pentax K1000 qui dort dans un placard, sans écran, sans autofocus, sans menu, c’est retrouver cette expérience argentique pure, tout en récupérant ses images sur son téléphone quelques minutes plus tard. L’ajout de presets reproduisant le rendu de pellicules iconiques est aussi un bel argument.

Le point qui interroge le plus reste le déclenchement en deux temps imposé par la télécommande Bluetooth. Devoir d’abord réveiller le capteur puis déclencher ajoute un geste supplémentaire qui pourra dérouter au début. C’est le prix à payer pour l’intégration totale du module, et c’est un compromis qui divise déjà dans les communautés de photographes argentiques.

L’objectif de financement dépassé en une heure confirme que le concept parle à beaucoup de monde. Reste, comme on le soulignait dans notre précédent article, à voir comment cette campagne se transformera en objet final. La promesse est séduisante, les spécifications sont nettement plus convaincantes qu’auparavant, mais le chemin entre un prototype Kickstarter et un produit abouti comme celui-ci est toujours complexe.

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