Test SSD ProGrade PG10 16 To : il joue seul dans sa catégorie

8.1
sur 10

Lancé en août 2025, le ProGrade Digital PG10 16 To est une première : c’est tout simplement le premier SSD externe portable de 16 To disponible sur le marché.

Avec des débits annoncés jusqu’à 2500 Mo/s en lecture et écriture et surtout une vitesse d’écriture soutenue de 2000 Mo/s, ce SSD très capacitaire, livré dans une boîte de transport, mise sur des performances durables plutôt que sur les performances de pointe. Nous l’avons testé durant plusieurs semaines. Voici le test complet du ProGrade PG10 16 To.

Présentation

ProGrade Digital s’est fait un nom auprès des professionnels de l’image grâce à ses cartes CFexpress et SD réputées pour leur fiabilité. Avec le PG10, la société américaine s’attaque au marché des SSD externes haut de gamme, en adoptant une philosophie différente de la concurrence.

Là où la plupart des fabricants mettent en avant des vitesses de pointe impressionnantes qui chutent rapidement lors de transferts prolongés, ProGrade a fait le choix d’une construction interne moins rapide et un peu plus ancienne (à base de PCIe 3.0 x4), mais moins sujette au thermal throttling (pour faire simple, la chaleur réduit les performances).

Un pari technique assumé, comme l’explique Mark Lewis, Chief Marketing Officer chez ProGrade : « l’objectif est de garantir des performances constantes tout au long de la journée, même lors de transferts de plusieurs téraoctets. »

Le PG10 existe en 2 To, 4 To, 8 To et désormais 16 To. Cette dernière capacité, exclusive à ProGrade (pour un SSD externe portable), répond à un besoin réel : celui des professionnels qui souhaitent consolider leurs archives ou sauvegarder des semaines de rushes sur un seul support.

À noter que ProGrade a lancé des versions V2 des modèles 4 To et 8 To, annonçant des débits de 3000 Mo/s en lecture et écriture – soit 500 Mo/s de mieux que le modèle actuel.

Pour l’instant, la version 16 To n’a pas encore bénéficié de cette mise à jour. Il faudra donc patienter pour voir si ProGrade décline cette amélioration sur sa capacité phare.

Voici les caractéristiques techniques du ProGrade Digital PG10 16 To :

  • capacité : 2 To, 4 To, 8 et 16 To
  • débits : jusqu’à 2500 Mo/s en lecture et écriture
  • vitesse soutenue garantie : 2000 Mo/s
  • résistance aux chutes : N.C.
  • résistance à l’écrasement : N.C.
  • protection contre l’eau et la poussière : N.C.
  • norme : USB 4.0, Thunderbolt 4 et antérieur
  • connectivité : USB Type-C
  • garantie limitée de 3 ans
  • compatibilité : macOS, Windows
  • alimentation : via USB-C (15 W recommandé)
  • dimensions : 145 × 64 × 19 mm (sans câble)
  • poids : 277 g (sans câble)
  • prix : 3299 € sur Amazon (16 To) / 3599 $ chez ProGrade

Prise en main

À la réception, le PG10 se distingue d’entrée par son packaging inédit. Le SSD est livré dans un boîtier de transport rigide en plastique type Flight Case pour SSD, avec un intérieur rembourré à l’aide de mousse. Le SSD se cale ainsi parfaitement, ainsi que son câble, qui vient s’enrouler au fond de la boîte.

Le câble fourni (environ 75 cm) mérite une mention spéciale : il est certifié USB 4 40 Gbps et 240 W !

Cette boite paraît être une bonne idée à la base, mais à moins d’avoir un très gros sac, très souvent vous la laisserez de côté, d’autant plus que pour ranger le câble à l’intérieur il faut toute une gymnastique qui pourrait même dérouter un moine bouddhiste. Petit détail : le numéro de série du SSD se trouve aussi sous la boîte rigide.

Un format assumé

Avec ses 14,5 cm de long, 6,4 cm de large et 1,9 cm d’épaisseur, le PG10 ne joue pas la carte de la compacité. Ce gabarit, proche d’un smartphone grand format mais nettement plus épais, s’explique par la présence d’un double dissipateur thermique passif interne. Un choix de conception qui devrait permettre de maintenir de bonnes performances sans ventilateur.

Le SSD PG10 à côté de plusieurs autres disques SSD USB 4 ou Thunderbolt 3 : Corsair EX400U Survivor, Nextorage NX-PS1PRO, OWC Express 1M2 80G et SanDisk Professional PRO-G40

Le SSD pèse 277 g, ce qui en fait l’un des SSD portables les plus lourds du marché. Mais ce surplus se justifie encore une fois par la dissipation thermique annoncée, utile même lors de sessions de transfert prolongées.

Par contre, ProGrade ne donne aucune information de résistantes aux chutes ou d’étanchéité, ce qui nous fait dire que ce SSD sera bien plus à l’aide sur un bureau qu’utilisé lors d’un trek au Nicaragua ou à la plage, notamment en raison de ses ouvertures latérales pour dissiper la chaleur.

Construction professionnelle

Le boîtier arbore une finition grise sobre et mêle plastique et aluminium. Sur le dessus, une zone dédiée aux étiquettes de taille standard (compatibles Avery) permet d’identifier facilement le contenu du disque. Un détail qui peut sembler anodin, mais qui s’avère indispensable dans un workflow professionnel où l’on jongle avec plusieurs unités sur un plateau de tournage ou en post-production.

À l’arrière, on trouve un port USB-C avec une LED d’alimentation bicolore : verte si le port délivre au moins 15 W (recommandé pour des performances optimales), jaune si l’alimentation est insuffisante. Une LED d’activité sur le devant permet de savoir quand le disque est utilisé.

Le SSD PG10 dispose d’une base magnétique. Elle permet d’empiler plusieurs SSD entre eux, ou de fixer le disque sur une surface métallique. ProGrade fournit également une plaque adhésive métallique à coller au dos d’un ordinateur portable, transformant le PG10 en extension de stockage semi-permanente en déplacement. Sous le SSD, on trouve un patin en caoutchouc antidéparant.

ProGrade propose également le logiciel Refresh Pro (Windows uniquement) pour surveiller la santé du SSD, améliorer les performnces et mettre à jour le firmware.

À noter, contrairement à la version 8 To qui dispose de versions distinctes pour Windows et Mac, ce modèle 16 To fonctionne indifféremment sur les deux OS.

Performances

Nous avons testé le PG10 16 To sur deux configurations : un Mac Mini M4 Pro (ports Thunderbolt 5) ainsi qu’un PC HP ZBook Ultra G1a doté de ports USB 4. Le disque a été testé avec AmorphousDiskMark pour macOS et sa variante Windows, CrystalDiskMark, formaté en ExFAT.

Que ce soit sur le Mac ou le PC (après une petite manip), le Prograde PG10 se comporte de la même manière, avec des débits jusqu’à environ 2470 Mo/s en lecture, et 2615 Mo/s en écriture. Ces valeurs sont donc très proches, voire même supérieures à celles avancées par le constructeur.

Benchmarks synthétiques : dans les clous

Soyons honnêtes : en termes de vitesses de pointe, le PG10 16 To n’est pas le SSD USB 4 le plus rapide que nous ayons testé. Le SanDisk Extreme Pro USB 4 atteint 3800 Mo/s en lecture, le Corsair EX400U Survivor dépasse les 3000 Mo/s, et même le boîtier TerraMaster D1 SSD Plus équipé d’un bon SSD NVMe fait mieux en pic.

Mais ces comparaisons ont leurs limites : aucun de ses concurrents ne propose 16 To de capacité. Cette capacité record vient ici avec ce compromis. Il faut surtout regarder si les performances du PG10 en écriture continue, données à 2000 Mo/s, sont respectées.

Transferts réels : la constance avant tout

C’est sur la vitesse de copie en continu que le PG10 révèle sa vraie nature. Nous avons copié dossier zip de 269 Go de fichiers depuis le disque interne vers le SSD et vice-versa.

Durant notre test, le SSD de chez ProGrade Digital s’est montré très stable, avec une vitesse d’écriture soutenue d’environ 1,8 Go/s après un pic au démarrage. Il aurai ainsi fallu un peu moins de 2 min 30 s pour copier le dossier complet. C’est un peu moins que les 2 Go/s annoncés, mais plutôt bon.

Dans l’autre sens, du SSD PG10 vers l’ordinateur, la copie se fait un peu plus lentement, avec une vitesse moyenne de 1,34 Go/s.

Le constat est donc sans appel : là où d’autres SSD voient leurs performances s’effondrer après quelques dizaines de gigaoctets (saturation du cache SLC), le PG10 maintient sa vitesse de bout en bout. Sur un transfert de plusieurs centaines de Go, la courbe reste remarquablement plate, grâce à une bonne dissipation de la chaleur.

En conditions réelles, ce disque permet donc, pour un DIT (Digital Imaging Technicien) ou un vidéaste, la sauvegarde de 500 Go de rushes 4K en environ 4-5 minutes, l’archivage de 2 To de photos RAW en 20 minutes mais aussi un travail direct depuis le SSD sans ralentissements, même en montage 4K.

À qui s’adresse ce SSD 16 To ?

C’est LA question centrale de ce test. Car si la prouesse technique est indéniable, il faut s’interroger : qui a réellement besoin d’un SSD de 16 To ?

1 x 16 To, 2 x 8 To ou 4×4 To ?

Faisons les comptes. Le PG10 16 To coûte 3299 €, soit 0,20 € par Go, alors que la version 8 To coûte environ 1231 € (0,15 € par Go) à l’heure où nous écrivons notre test. Certes, les tarifs sont fluctuants, mais il est donc possible d’acheter 2 x 8 To pour moins cher qu’un seul disque 16 To – ce qui est souvent le cas dans l’univers du stockage.

Deux disques de 8 To offrent donc :

  • la même capacité totale
  • une redondance naturelle (si l’un tombe en panne, l’autre est intact)
  • la possibilité de travailler sur deux projets simultanément sur deux machines différentes
  • Un rapport qualité – prix plus intéressant

Le risque de la centralisation

Et c’est là que le bât blesse : 16 To sur un seul disque, c’est aussi 16 To de données potentiellement perdues en cas de défaillance. Même avec la meilleure qualité de fabrication, aucun support n’est à l’abri d’une panne ou d’un accident. Concentrer autant de données sur un unique point de défaillance est un risque que peu de professionnels devraient prendre sans stratégie de sauvegarde solide.

Cela dit, certains scénarios justifient pleinement l’investissement, notamment dans le monde de la vidéo, avec des productions cinématographiques nécessitant un archivage massif sur un support unique pour des raisons logistiques, ou la consolidation sur un seul disque (avec une copie) pour simplifier le workflow.

En l’état, le PG10 16 To ressemble davantage à un proof of concept qu’à un produit grand public. ProGrade démontre qu’il est techniquement capable de proposer une telle capacité dans un format portable – et c’est une vraie prouesse. Mais pour la majorité des utilisateurs, même professionnels, deux disques de 8 To resteront l’option la plus rationnelle, tant sur le plan économique que sur celui de la sécurité des données.

ProGrade PG10 16 To : une démonstration technique réussie

Le ProGrade PG10 16 To ne cherche pas à battre des records de vitesse de pointe. Son positionnement est plus subtil : offrir des performances soutenues sur la durée, là où la concurrence s’essouffle, tout en proposant une capacité inédite sur le marché.

Avec ses 16 To de stockage – une exclusivité mondiale pour un SSD portable – il répond à un besoin de niche : productions cinématographiquesarchivage massif, ou simplement pour des utilisateurs disposant d’un budget conséquent et souhaitant la simplicité d’un support unique.

Les performances mesurées sont très bonnes : 2500 Mo/s en pic et surtout 1,8 Go/s en écriture soutenue, sans fléchir même sur des transferts de plusieurs centaines de gigaoctets. Le SSD reste tiède et silencieux en toutes circonstances.

En revanche, il faut être lucide : les vitesses de pointe sont en retrait par rapport aux meilleurs SSD USB 4 du marché. Surtout, le tarif de ce SSD 16 To sera difficile à justifier face à deux disques de 8 To, qui offrent la même capacité avec une meilleure résilience face aux pannes.

Le PG10 16 To est donc un produit de démonstration technologique autant qu’un outil de travail. Pour les rares professionnels dont le workflow exige impérativement 16 To sur un seul support portable, c’est la seule option disponible– et elle est excellente. Pour tous les autres, les versions 4 To et 8 To (surtout en V2) offriront un meilleur rapport prestations/prix.

Le ProGrade PG10 16 To est disponible au tarif de 3299 € sur Amazon (3599 $ sur la boutique ProGrade Digital). Les versions 2 To, 4 To et 8 To sont également disponibles sur Amazon.

Test SSD ProGrade PG10 16 To : il joue seul dans sa catégorie
Design / qualité de fabrication
8.3
Poids / encombrement
7.9
Robustesse
7.8
Fonctionnalités
8
Performances
8.3
Rapport qualité/prix
8.3
Points forts
Seul SSD portable 16 To du marché
Très bonnes performances en continu (1,8 Go/s constant)
Aucun thermal throttling
Design professionnel (base magnétique, zone d'étiquetage standard, boîtier de transport)
Câble USB 40 Go/s de bonne qualité
Points faibles
Vitesses maximales inférieures à la concurrence USB 4
Tarif du 16 To difficile à justifier face à deux SSD 8 To
Risque de centralisation des données sur un seul support
Format encombrant (277 g, 14,5 cm)
Pas encore de version V2 (3000 Mo/s) pour le 16 To
8.1
sur 10