Remise du Prix Viviane Esders 4e édition. Paris le 3 novembre 2025. © Michel Lunardelli

Fin du Prix Viviane Esders : « un nouveau souffle » tourné vers la valorisation d’une collection de plus de 2500 tirages

Après le Prix Carmignac il y a quelques jours, c’est un autre rendez-vous de la photographie qui disparaît. Le Fonds de dotation Viviane Esders met fin à son prix photo, lancé en 2022 pour distinguer des photographes européens de plus de 60 ans.

La 4e et ultime édition s’est achevée le 3 novembre 2025 en récompensant l’Allemande Dörte Eissfeldt ainsi que les deux finalistes, le Tchécoslovaque Bohdan Holomíček et l’Ukrainien Oleksandr Suprun.

Une place à part dans le paysage des prix

Le Prix Viviane Esders occupait une place à part dans le paysage des récompenses photographiques : là où la plupart des concours misent sur l’émergence, celui-ci choisissait de braquer les projecteurs sur des carrières accomplies mais parfois oubliées. L’Italien Mario Carnicelli avait ouvert le bal en 2022, sélectionné parmi 281 dossiers. Jean-Claude Delalande lui avait succédé en 2024, récompensé au Jeu de Paume.

Cap sur la collection Vivian Esders

Le Fonds ne met pas la clé sous la porte pour autant. Il opère un virage stratégique vers le patrimoine de la galeriste parisienne elle-même. Dans son communiqué, Viviane Esders explique vouloir « prendre un nouveau souffle » en se tournant vers sa collection personnelle de 2 500 tirages, jamais montrée au public.

Concrètement, 2026 sera consacrée à l’inventaire complet de ce fonds, à la publication de nouveaux ouvrages thématiques (trois volumes sont déjà paru), et à la circulation des œuvres via des prêts aux institutions.

Le fonds va plus loin : il réfléchit à confier cette collection à une structure pérenne. L’objectif ? « Offrir aux amoureux de la photographie un lieu et un accès permanent à cette collection inédite, reflet d’une véritable passion pour la photographie et d’un engagement de plus de 40 ans auprès des créateurs », écrit Viviane Esders.

Deux prix majeurs disparus en quelques semaines

La coïncidence avec l’arrêt du Prix Carmignac est frappante. En l’espace de quelques semaines, deux dispositifs de soutien à la photographie cessent leurs activités.

Certes, les logiques diffèrent : la Fondation Carmignac réoriente ses moyens vers la Villa de Porquerolles, tandis que le Fonds Esders privilégie la valorisation d’un patrimoine existant. Mais le résultat est identique : moins de bourses, moins d’accompagnement pour les photographes.