Sigma BF : l’hybride plein format minimaliste qui bouscule les codes

Lors d’un événement à son siège de TokyoSigma a dévoilé plusieurs nouveautés, dont le Sigma BF : un hybride plein format compact en monture L qui bouscule les codes avec son boîtier unibody en aluminium et une ergonomie inédite.

Doté d’un capteur plein format de 24 Mpx, il filme en 6K L-Log, intègre un stockage interne et se limite à un port USB-C comme seule connectique. Mais c’est surtout son interface utilisateur entièrement repensée qui intrigue, promettant une expérience radicalement nouvelle.

Features - Sigma BF

Un boîtier en aluminium unibody

D’entrée, le Sigma BF se distingue par son boîtier unibody en aluminium, usiné avec précision pendant 7 heures à partir d’un seul bloc de métal, selon Sigma. Seule la partie inférieure reçoit un revêtement anti-dérapant, évitant ainsi les rayures lorsqu’il est posé.

Kazuto Yamaki, PDG de Sigma

Son design aux lignes tranchées intègre deux angles biseautés, dont un à l’arrière pour améliorer le confort en main. Selon le constructeur, cette conception doit assurer une meilleure durabilité, avec une protection contre l’humidité et la poussière, tout en équilibrant le poids avec les objectifs Sigma en monture L, notamment les focales fixes de la Série I.

Le boîtier mesure 13 x 7,28 x 3,68 cm pour 446 g sans objectif. Comparé au Sigma fp, il est légèrement plus grand, mais un peu moins épais.

Voici la liste des caractéristiques techniques du Sigma BF :

  • capteur : plein format CMOS BSI 24,6 Mpx
  • filtre passe-bas : N.C.
  • processeur : N.C.
  • monture : L
  • viseur électronique : N/A
  • écran LCD : tactile, 3,15 pouces, 2,1 millions de points
  • autofocus : AF hybride
  • nombre de points AF : N.C.
  • couverture AF : 100 %
  • détection et suivi automatique : humains, félins, canidés
  • plage AF : N.C.
  • sensibilité : 100 à 102 400 ISO (extensible à ISO 6)
  • rafale (obturateur mécanique) : N/A
  • rafale (obturateur électronique) : 8 i/s avec suivi AE/AF
  • obturation : 30s – 1/25 600s (électronique seulement)
  • vidéo : 6K 30p, 4K 30p, Full HD 120p
  • profils colorimétriquess vidéo : L-Log
  • stockage : 230 Go interne
  • connectivité sans fil : N.A.
  • batterie : BP-81
  • rechargement par port USB : oui USB-C
  • tropicalisation : résistant aux intempéries et à la poussière
  • dimensions : 130 x 72,8 x 36,8 mm
  • poids : 446 g (avec batterie)
  • prix au lancement (nu) : 2349 €

Commandes à un seul doigt et nouveaux menus

Le Sigma BF adopte une ergonomie minimaliste avec une approche dite One Finger, conçue pour accéder à tous les réglages uniquement avec le pouce. Il dispose d’un bouton d’allumage, d’une roue codeuse et de trois boutons à retour haptique – une première sur un appareil photo. L’ensemble est complété par un écran tactile de 3,15 pouces (2,1 Mpts), mais sans viseur électronique.

Sigma a repensé son interface en s’inspirant des applications photo mobiles : les réglages principaux sont accessibles depuis les parties supérieures et inférieures de l’écran, tandis qu’un menu à deux niveaux précède un menu plus classique pour les options secondaires (firmware, horloge, etc.).

Une fonction “sans distraction” masque l’affichage des menus, permettant de modifier le réglage actif sur une petite « pilule » rétroéclairée à l’arrière.

À noter que le boîtier ne dispose pas de mode PASM, chaque réglage pouvant être fixé en auto ou en manuel.

Esthétiquement, le Sigma BF évoque le design Braun et les créations rétro-futuristes de Teenage Engineering, assumant une approche épurée et audacieuse. Une esthétique qu’une certaine firme à la pomme n’aurait reniée non plus…

24 Mpx plein format, rafale 8 i/s

Le Sigma BF embarque un capteur CMOS BSI plein format de 24,6 Mpx, identique à celui du Sigma fp, toujours sans stabilisation. Il capture des images en 6016 x 4012 px, en RAW DNG 14 bits sans perte ou en JPEG, avec plusieurs formats, dont le 21:9, cher à Sigma.

Dépourvu d’obturateur mécanique, il offre une vitesse d’obturation de 1/25 600 s à 30 s et une rafale limitée à 8 i/s, ce qui en fait un boîtier peu adapté au sport, notamment en raison du rolling shutter. La sensibilité ISO s’étend de 100 à 102 400, avec une plage étendue jusqu’à ISO 6.

L’autofocus hybride (détection de phase et de contraste) assure la reconnaissance des humains et animaux (chiens et chats).

Côté colorimétrie, Sigma propose 13 styles personnalisables pour un rendu argentique ou créatif, incluant Standard, Rich, Calm, Powder Blue, Warm Gold, Teal and Orange, FOV Classic Blue, FOV Classic Yellow, Forest Green, Sunset Red, Cinema, 709 Look et Monochrome.

Vidéo : 6K30p et L-Log

Bien que le Sigma BF soit clairement orienté photographie – en témoigne l’absence de port micro ou HDMI – il propose tout de même une petite fiche technique en vidéo.

Il permet de filmer en 6K 30p sans crop, avec prise en charge du L-Log pour maximiser la dynamique et faciliter l’étalonnage des couleurs. Il propose aussi la 4K 30p et le Full HD jusqu’à 120p, avec un enregistrement en H.264 et H.265, bien que les débits restent inconnus.

Une stabilisation électronique est disponible sur tous les modes, avec un léger crop de 1,25x. Côté audio, le boîtier intègre deux micros sur la partie supérieure et prend en charge les micros externes via l’USB-C.

Stockage interne et autonomie

Dans sa quête de minimalisme, le Sigma BF abandonne les emplacements pour cartes mémoire au profit d’un stockage interne de 230 Go, accessible via USB-C.

On ignore s’il s’agit d’un SSD ou de mémoire flash, mais il permet d’enregistrer, selon le constructeur, plus de 14 000 fichiers JPEG4 300 images RAW non compressées ou 2,5 heures de vidéo 6K.

L’appareil se recharge en USB-C et intègre une nouvelle batterie BP-81, libérable via un bouton, à l’image de certains boîtiers Leica. Côté autonomie, comptez environ 260 photos ou 60 minutes de vidéo, un chiffre qui peut sembler limité au premier abord, et qu’il faudra vérifier sur le terrain.

Prix et disponibilité du Sigma BF

Le Sigma BF sera disponible à partir d’avril 2025 dans deux coloris, argent et noir. Il sera proposé au tarif de 2349 € nu.

Il est disponible aussi en kit avec le Sigma 35 mm f/2 DG DN pour 2949 €.

Il sera disponible en précommande chez Digit-Photo, FnacMiss NumériqueDigixoCamaraPhoto-UniversIPLNStudioSportPhox et dans les boutiques spécialisées.

Notre premier avis

“Engineering for Art”, voilà l’un des slogans de Sigma lors de la présentation du Sigma BF. Et ce boîtier incarne parfaitement cette vision : un objet d’exception conçu au Japon, alliant esthétique et innovation technologique. Avec ce pari audacieux, Sigma ambitionne de redéfinir, à sa manière, les standards de l’industrie.

Kazuto Yamaki, PDG de Sigma, lors de l’annonce du Sigma BF le 24 février au Sigma HQ, Tokyo

Le Sigma BF s’apparente à un concept car dans le monde de la photographie. Sigma bouscule les codes et revisite l’ergonomie pour recentrer l’expérience utilisateur sur la prise de vue, plutôt que sur la complexité technique.

Mais contrairement à un concept carce boîtier est bien réel : il arrivera en magasin dès le mois avril, accompagné de focales fixes de la série I restylées, et disponibles en coloris noir et argent. Nous avons pu le découvrir en avant-première et publierons bientôt notre première prise en main.

D’ici là, que pensez-vous de ce Sigma BF ? Dites-le-nous en commentaire !

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  1. Superbe, je pense qu’il est quand même temps de décrasser tout ces appareils.
    On est en 2025, il y’a 18ans sortait l’iPhone, on avait des MP3 et MP4 qui gérait du tactile et innovait sur l’usage et l’ergonomie.

    On peut quand même penser qu’il serait temps que les APN évoluent…sans parler la connectivité extrêmement mauvaise de toutes les marques, c’est fou…

    La on aura sûrement quelque chose de limité (quid de l’orientation de l’écran pour la prise de vue) en terme de fonctionnalités…mais franchement…. Le manque de prise de risque des constructeurs historiques et tellement folle que si DJI entrait vraiment sur le marché, en 5 ans c’est plié.

    1. Comme toujours pour moi, quelque soit la galle, le prix, le format, etc… Pas de viseur = carton rouge. Je me suis fait avoir une fois avec le Nikon 1, plus jamais.

  2. Ce type d’appareil se devrait de gérer parfaitement la problématique de rolling shutter (et le banding ?) sinon Paris Hilton va etre dessus de ses prises en boite a St Trop cet ete …

  3. J ai un fpL qui me quitte pas car le rendu photo est dingue. Pour la vidéo ce boîtier remplace la GoPro pour des pdv discrètes ou sport. Reste un manque cruel d équipements annexes pour ces boîtiers

  4. J’ai possédé les Sigma SD1, DP2 et DP3 Merrill ainsi qu’ un DP3 Quattro qui restent parmi mes boitiers préférés

    Je pense sans doute craquer pour cet APN qui, comme tous les Sigma, sont « à part » .

  5. Bof !!!
    Vu le prix, cela ressemble à un foutage de g…. ! Un peu comme un iPhone équivalent à plus d’un mois de salaire pour la majorité des gens.

  6. Ce type de boitier n’est surement pas adapter à toutes les pratiques de la photographie et n’est surement pas destiner aux amateurs de sport ,plutôt à ceux qui rêve d’un Leica abordable. J’apprécie le design minimaliste, je trouve cet objet beau en particulier la version aluminium ,l’objectif dans cette finition me fait penser à celui des Hasselblad .La définition est pour moi parfaite permettant sans doute une grande plage dynamique.Après ce qui pour moi sera crucial ce sera l’ergonomie de l’appareil ainsi que de l’interface ,alors disons donc que pour l’instant ,je suis séduit.

  7. Magnifique boîtier. J’aimais déjà beaucoup le design du fpL, là on entre dans une toute autre dimension.

    La question est : qui en 2025 est prêt à investir 2349 euros dans un boîtier équipé d’un capteur de 24mpx, sans stabilisation ni obturateur mécanique, sans viseur, sans écran orientable, sans grip, avec une rafale de 8 images par seconde et sans aucune autre connectique qu’un port USB-C?

    Sans doute pas grand monde.

    Je pense qu’à l’usage il va très vite montrer ses limites.

    1. Bien d’accord.
      Je possède un Nikon Z f que j’ai payé le même prix et, clairement, même si le Sigma est très réussi esthétiquement (pour moi en tous cas) et qu’il casse un peu les codes, il me semble aussi bien limité à l’usage…

  8. Minimaliste, beau, design etc… Mais quelle importance ?
    Ce Sigma, encore une bizarerie marketing, mais surement pas un boitier à glisser tous les matins dans la poche, (vu la taille des optiques de la gamme!)
    A quand, un appareil photo, qui soit un outil, et si possible un bon outil, à prix abordable ! (puisque de toutes façons celui-ci sera dépassé technologiquement dans… 4/5 ans)?
    Donc un boitier compact, SANS VISEUR, avec seulement 24 M de pixels, etc… pas d’intérêt !
    NB: je lis dans certains commentaires, pas de çi pas de ça… Il faut arrêter de vouloir le mouton à 5 pattes…et un appareil compact !

    1. Pas du tout d’accord : le mouton a 5 pattes est parfaitement réalisable sauf qu’il faut maintenir un marché et on sent bien que les fabricants s’évertuent à produire des appareils imparfaits. Le principal problème actuel c’est qu’ils cherchent à tout prix à développer le marché de la vidéo au dépend de la photo. Panasonic en est le parfait exemple. Depuis des années plus d’appareils dédiés à la photo uniquement ou alors seulement pour l’animalier… (le g9II). Techniquement ils pourraient parfaitement sortir un Gx8 II avec simplement les mêmes fonctionnalités que l’OM3 (les 2 appareils font la même taille) et je n’arrive pas à comprendre pour ils ne le font pas. L’OM3 est super sexy mais j’ai trop pris goût au viseur du gx8 et à sa préhension : donc je continu a l’utiliser avec beaucoup de plaisir. Même si j’aimerais pouvoir bénéficier des capacités de l’OM3…

      1. Je suis entièrement d’accord avec vous. D’où mon choix du Leica M11, imparfait et très onéreux, mais avec un capteur de 60Méga. Pas de stabilisation, mais je n’en avais pas non plus sur mes appareils argentiques. Et un menu sans fioritures inutiles.
        Avec une gamme d’optiques historique qui supporte très bien la définition du boîtier !

  9. Le design doit servir l’usage… Ici, on peut aimer le design, mais l’utilisation sera désagréable voire douloureuse. Qui tient ce boîtier des heures en été risque de regretter son achat.

    J’ai vu la marque sur ce nouvel appareil, ça m’a intriguée. Ensuite j’ai vu le design –} je n’ai même pas voulu voir les spec.
    Il pourrait valoir un Leica au prix défiant toute concurrence, c’est un design mal pensé à mon sens. Lisse, anguleux… Dommage, même si l’intention de dépoussiérer le segment était séduisante.

  10. Et bien voilà, un joli successeur au Leica T ! Un bloc d’alu, une interface qui s’éloigne des standards de la photos aux moult boutons physiques, pas de viseur, un bel écran et quelques choix techniques marqués.

  11. Tout le monde rêve d’un appareil super compact, plein format, stabilisé, avec un viseur hyper défini, des rafales de rêve, etc…Le seul problème que l’on oublie, cest que pour faire feonctionner tout cela, il faut de l’informatique embarquée, et performante, s’il vous plait et que l’informatique…ça chauffe !!! Donc, à moins de vouloir se retrouver avec une « patate chaude » que l’on ne pourra plus tenir en main, il faut un minimum de masse et d’espace pour dissiper cette chaleur. C’est la raison pour laquelle ce magnifique objet a des caractéristiques si décevantes. Un bel exercice de style, sans plus.

  12. Ça serait presque un Leica M à petit prix, s’il avait un viseur et qu’il ne prenait que des photos et pas de vidéos !
    Dommage que Sigma n’aie pas poussé la révolution jusque-là ! Et redonné son pouvoir à l’oeil et à la pensée singuliers.