Un Nikon Z9 sur Artemis II « On s’est vraiment battus pour embarquer cet appareil à bord »

L’équipage d’Artemis II a embarqué un Nikon Z9 en plus des deux Nikon D5 prévus pour la mission. Un ajout de dernière minute, destiné à préparer les futures missions lunaires.

© Nasa / Shane Kimbrough

Quand nous vous parlions en mars 2024 de l’accord historique entre Nikon et la NASA pour développer le HULC (Handheld Universal Lunar Camera), le Nikon Z9 modifié destiné à la surface lunaire, personne n’imaginait que le boîtier ferait ses premiers tours de Lune aussi vite. C’est pourtant chose faite : un Nikon Z9 a décollé le jeudi 2 avril à bord d’Artemis II, aux côtés des deux Nikon D5 initialement prévus.

Le plan original de la NASA ne prévoyait aucun appareil photo hybride pour cette mission. Le Nikon D5, lancé en 2016, restait le choix logique. Son capteur CMOS conventionnel a fait ses preuves face aux radiations spatiales, sa plage ISO étendue (jusqu’à 3 280 000 en mode élargi) lui confère un avantage net en basse lumière extrême, et sa certification pour les missions d’exploration de « l’espace lointain » était acquise de longue date. Le Z9, malgré son utilisation quotidienne sur l’ISS, n’avait jamais quitté l’orbite basse terrestre.

C’est le commandant Reid Wiseman qui a fait basculer la décision. « Le boîtier que les missions Artemis III et IV emmèneront sur la surface de la Lune sera un Z9 de Nikon. On s’est vraiment battus pour embarquer cet appareil à bord, afin d’observer ce que l’environnement radiatif de l’espace profond va faire aux capteurs de ce boîtier, et en tirer des enseignements », a-t-il expliqué lors d’une session de questions-réponses avant le décollage, voir la vidéo ci-dessous.

NASA's Artemis II Q&A from Quarantine

En effet entre l’orbite de l’ISS (à 400 km d’altitude, protégée par la magnétosphère) et l’espace cislunaire (400 000 km, exposé au plein bombardement cosmique), l’environnement est radicalement différent en termes de radiations. Tester le comportement du capteur empilé BSI CMOS du Z9 dans ces conditions réelles, plutôt que dans un laboratoire, représentait une opportunité unique.

L’équipage a donc obtenu l’ajout d’un seul exemplaire au manifeste. Le Nikon D5 restera utilisé pour les missions photographiques principales, notamment l’observation de la surface lunaire au téléobjectif. Le Nikon Z9 servira de « cobaye technologique« , ses données alimentant directement le développement du HULC.

Pour la première fois depuis les Nikon F de la mission Apollo 17 en décembre 1972, un boîtier Nikon survolera donc la face cachée de la Lune, 53 ans plus tard.