Les Assises du Journalisme ouvrent le vote du public pour leur Prix photo 2026. Dix images, sélectionnées par un jury de professionnels, racontent une année marquée par les conflits, les crises sociales et les basculements géopolitiques. Le vote est ouvert jusqu’au 7 avril et le prix décerné le 9 avril à Tours.
Un prix qui récompense la photo d’actualité publiée dans un média français
Créé en 2024 par l’association Journalisme & Citoyenneté, le Prix photo des Assises récompense chaque année la photo d’actualité publiée dans un média français qui incarne le mieux les valeurs du photojournalisme.

Doté de 1 500 € grâce au parrainage de SNCF Voyageurs, il a la particularité d’être décerné par le public, après une présélection assurée par un comité de professionnels parmi lesquels figurent notamment Jean-François Leroy (directeur du festival Visa pour l’image) et Alice Martin (directrice adjointe du Jeu de Paume).


Une sélection qui dessine les contours d’une année sombre
La sélection 2026 frappe par sa gravité. Sur les dix images retenues, une majorité documente des zones de conflit ou leurs conséquences directes.

La photo de Paloma Laudet en RD-Congo, montrant l’inhumation de corps non identifiés à Bukavu après l’offensive du M23, est sans doute l’une des plus difficiles de la sélection. Deux photographes posent leur regard sur la Syrie post-Assad : Edouard Elias à Homs et Thibault Izoret (Blast) à Raqqa, ancienne capitale de Daech, captant cette période de flottement entre la fin d’un régime et l’incertitude de ce qui suit. Fiora Garenzi, elle, choisit l’intime pour raconter la guerre en Ukraine à travers le portrait d’Oksana, veuve d’un soldat mort dans les prisons russes.

L’actualité française n’est pas en reste. David Le Déodic à Pau et Louise Quignon à Rennes ont tous deux couvert les manifestations « Bloquons tout » de septembre 2025. Le cliché de Louise Quignon, avec ce CRS noyé dans les gaz lacrymogènes sous un panneau lumineux affichant « les yeux dans les yeux », résume à lui seul la tension de ces journées. Valérie Dubois (Hans Lucas) livre une image tout aussi marquante avec son reportage sur les familles campant devant l’Hôtel de Ville de Paris en plein mois d’août.


Quelques images se distinguent par leur angle plus singulier. Le reportage de Sébastien Leban dans le zoo privé d’un milliardaire émirati, posant dans la cage de son ours pour alimenter ses réseaux sociaux, interroge autant qu’il fascine.

Le cliché de Juliette Pavy (Collectif Hors Format) au Groenland saisit un moment révélateur des ambitions américaines sur l’île, avec un supporter local de Trump posant fièrement devant un avion de l’US Air Force. Et l’image de Cédric Jacquot (L’Est Républicain), capturant l’instant où un chauffeur saute de son camion en train de se renverser, rappelle que le photojournalisme, c’est aussi savoir être là au bon moment.

À vous de jouer
Le vote est ouvert en ligne sur le site des Assises du Journalisme jusqu’au 7 avril.
Les dix photos seront également exposées sur les grilles de la gare de Tours début avril. Le prix sera remis le jeudi 9 avril à 18h au Palais des congrès de Tours, lors d’une cérémonie présidée par Fabrice Arfi, président du jury et coresponsable du pôle enquête de Mediapart.


