Projets Mothra et Vast : Canon et Nikon au service de l’astronomie et de la conquête spatiale

Canon et Nikon se tournent chacun à leur manière vers l’exploration spatiale. Pas moins de 1140 téléobjectifs Canon EF 400 mm f/2,8L IS II USM constituent la base de Mothra, un télescope hors norme destiné à cartographier la structure invisible de l’univers. De son côté, Nikon investit dans Vast, une startup qui ambitionne de construire la première station spatiale commerciale, et mise sur l’impression 3D métallique pour les composants spatiaux.

Mothra : un télescope hors norme au Chili composé de 1140 téléobjectifs Canon

De prime abord, Mothra (Modular Optical Telephoto Hyperspectral Robotic Array) ressemble davantage au rêve d’un collectionneur un peu fou qu’à un projet scientifique. Pourtant, cet alignement de 1140 objectifs reflex Canon EF 400 mm f/2,8L IS II USM est sans doute l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de ces dernières années.

Projets MOTHRA et Vast : Canon et Nikon
Le Canon EF 400 mm f/2,8L IS II USM, un téléobjectif lancé en 2010.

Le principe : plutôt que de recourir à un unique miroir géant, Mothra vise à fusionner de manière numérique les images capturées par chacun des objectifs, afin de reconstituer la puissance d’un seul instrument d’observation. Le but de ce projet, issu des universités de Yale et de Toronto, est d’obtenir un télescope de 4,8 mètres d’ouverture à f/0,08 ! Cela en ferait le télescope à lentilles le plus grand et surtout le plus lumineux du monde.

Projets MOTHRA et Vast : Canon et Nikon
Chaque monture abritant les objectifs est équipée d’une webcam. La Voie Lactée est clairement visible juste au-dessus. © Team Mothra

Le dispositif sera installé à l’observatoire d’El Sauce, au Chili, qui offre des conditions exceptionnelles pour l’observation spatiale. Les 1140 téléobjectifs seront placés sur 30 montures (comprenant chacune 38 objectifs) réparties dans 2 bâtiments.

Projets MOTHRA et Vast : Canon et Nikon

Les objectifs sont couplés à des boîtiers conçus par Atik Cameras, qui utilisent des capteurs CMOS Sony IMX571 (APS-C, 26 Mpx) ou IMX455 (plein format, 60 Mpx). Chaque appareil est piloté par un Raspberry Pi 4B et 90 autres Raspberry Pi gèrent le reste de l’installation.

Projets MOTHRA et Vast : Canon et Nikon
© Team Mothra

L’ambition scientifique est loin d’être anecdotique : il s’agit de cartographier la toile cosmique, un réseau de filaments de gaz et de matière noire qui relie toutes les galaxies de l’univers et dont la structure remonte aux premiers instants du Big Bang. Mothra doit permettre non seulement de localiser ce gaz, mais aussi d’observer ses mouvements le long de cette architecture invisible.

La nébuleuse RCW 114, également connue sous le nom de « cœur de dragon », est l’un des premiers objets célestes observés par Mothra. L’image est obtenue à partir de la lumière émise par l’hydrogène ionisé, et représente une surface 250 fois plus grande qu’une pleine lune. © Team Mothra

Dévoilé le 11 mars 2026, le projet Mothra doit être finalisé d’ici la fin de cette année.

Nikon investit dans l’impression 3D métal pour la prochaine station spatiale modulaire

En parallèle, Nikon a annoncé le 6 mars dernier un investissement dans Vast, une entreprise californienne qui travaille actuellement au projet d’une station spatiale modulaire baptisée “Haven Station”. Cette dernière doit succéder à la Station spatiale internationale (ISS), dont le retrait est prévu pour 2030.

Un premier module, Haven-1, devrait être lancé en 2027 et deviendrait la première station spatiale commerciale opérationnelle au monde. Vast ambitionne ainsi d’assurer une présence humaine permanente dans l’espace à partir de cette date, afin de mener des recherches avancées autour de la microgravité.

Introducing Vast: The Next Giant Leap

Pour Nikon, cet investissement s’inscrit dans une stratégie plus large autour de la fabrication additive métallique, l’impression 3D appliquée aux composants spatiaux, notamment les pièces de fusées d’une grande complexité.

© Nikon SLM Solutions

Dans un récent communiqué, Nikon met également en avant ses 50 ans de contribution à l’exploration spatiale dans l’optique et l’imagerie. On se souvient ainsi des boîtiers et optiques Nikon (Nikon D6 et Z9) envoyés sur l’ISS. Cet investissement dans Vast vise donc à combiner le savoir-faire des deux entreprises, et à ouvrir la voie à une “nouvelle économie spatiale” proposée aux États, aux entreprises et aux particuliers.