À l’occasion des 30 ans de la saga Scream et de la sortie de son septième opus le 25 février, Paramount a orchestré une collaboration pour le moins inattendue : le masque de Ghostface, tueur iconique de la franchise, a été immortalisé par le Studio Harcourt, institution parisienne du portrait depuis 1934.

La recette Harcourt au service de Scream ?
Reconnaissons-le : techniquement, la recette Harcourt fonctionne toujours. Les multiples halos lumineux caractéristiques sur fond noir épousent les courbes du masque blanc, le contraste avec la cape noire est graphiquement efficace. Le savoir-faire du studio parisien n’est plus à prouver. Mais c’est justement là le problème : on applique une formule éprouvée à un sujet qui ne la mérite pas forcément.
Le portrait sera exposé au cinéma Pathé La Villette avant la sortie du film le 25 février.
Une rhétorique promotionnelle qui en fait des tonnes
Là où le bât blesse, c’est dans le discours qui accompagne l’opération. Dans son communiqué, Paramount n’y va pas avec le dos de la cuillère : Ghostface y est présenté comme une « icône pop mondiale », un « symbole culturel traversant les générations », digne des « grandes silhouettes de l’imaginaire collectif ». On parle même de « rencontre entre l’horreur et le mythe ».

On veut bien reconnaître que le masque, créé par Fun World et popularisé par Wes Craven en 1996, fait partie du paysage cinématographique. Sa silhouette est reconnaissable, et son principe narratif – n’importe qui peut se cacher dessous – a contribué au succès de la franchise.
Mais de là à lui offrir le traitement Harcourt, habituellement réservé à des stars comme Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jean Dujardin et autres figures du patrimoine culturel français ? L’exercice ressemble davantage à un coup marketing bien ficelé qu’à une véritable consécration artistique.

Cette opération illustre une tendance forte du cinéma hollywoodien : transformer chaque sortie de film en événement culturel.



