DJI renouvelle sa gamme de stabilisateurs avec le DJI RS 5. Au programme : stabilisation de 5e génération, module de tracking intelligent capable de suivre les personnes, véhicules, animaux, objets et de nombreuses autres améliorations. Le tout pour 569 €, ou 719 € en Combo Bundle. Nous avons pu le prendre en main et voici notre premier avis.
Sommaire
- Un nouveau stabilisateur pour remplacer (presque) toute la gamme
- Un module de suivi intelligent plus polyvalent
- Stabilisation de 5e génération
- Prise en main : des progrès ergonomiques
- Les fonctions créatives intégrées
- Autonomie et recharge
- Compatibilité élargie
- Prix et disponibilité du DJI RS 5
- Notre premier avis
- Faut-il passer au RS 5 depuis un ancien modèle ?
Un nouveau stabilisateur pour remplacer (presque) toute la gamme
Moins d’un an après le RS 4 Mini et un peu plus d’un an et demi après les RS 4 et RS 4 Pro, DJI dégaine le RS 5. Fait notable : pas de déclinaison Pro annoncée pour l’instant. Le RS 5 vient donc remplacer à lui seul les RS 4 et RS 4 Mini, avec une charge utile maximale de 3 kg. Les utilisateurs de configurations cinéma plus lourdes devront patienter – ou conserver leur RS 4 Pro.


Avec sa charge utile maximale de 3 kg, le RS 5 peut accueillir la grande majorité des configurations hybrides du marché. Pour donner un ordre d’idée, un Nikon Z6 III (760 g) équipé d’un Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S (805 g) représente environ 1,5 kg : on reste largement dans les clous, avec de la marge pour ajouter un micro ou un accessoire.








Les configurations à base de boîtiers hybrides plein format, typés photo/vidéo, comme la Nikon ZR, le Sony A7 V, Canon EOS R6 III ou Panasonic Lumix S1 II avec des zooms standards f/2.8 passent sans difficulté. En revanche, les téléobjectifs type 70-200 mm f/2.8 les plus lourds commenceront peut-être à peser sur les moteurs. Pour ces setups, il faudra conserver le DJI RS 4 Pro.


Un module de suivi intelligent plus polyvalent
C’est l’évolution majeure de cette nouvelle version. Le module de suivi intelligent, apparu sur le RS 4 Mini, élargit son champ d’action. Là où il se contentait de suivre des personnes, il peut désormais détecter et suivre des véhicules, des animaux ou n’importe quel objet désigné sur l’écran tactile.
Ici, DJI ne fait pas appel au LiDAR, mais bien à une caméra plus classique. Autour de l’objectif et à l’arrière du module, des LED rouges indiquent que le module est connecté. Celles-ci passent au vert lorsque le suivi est activé sur un sujet.


DJI annonce une portée de suivi jusqu’à 10 mètres sur un sujet humain, une donnée que nous avons pu vérifier lors de notre prise en main. Le système se montre suffisamment réactif pour ne pas perdre son sujet dans un environnement encombré, et parvient à le retrouver lorsqu’il sort momentanément du cadre.
Attention toutefois : ce module n’est pas inclus avec la version de base du RS 5. Il faut opter pour le Bundle à 719 € ou l’acheter séparément (85 €) pour en profiter.
Le module, très compact, s’installe au stabilisateur grâce à une base aimantée, sans nécessiter d’adaptateur. Un bon point pour la rapidité de mise en œuvre sur le terrain.


Le module permet également un contrôle gestuel : en levant la main devant la caméra, on peut déclencher l’enregistrement ou activer le suivi sans toucher au stabilisateur. Pratique pour les vidéastes travaillant seuls, notamment en vlog ou en interview.


Stabilisation de 5e génération
Le RS 5 embarque la cinquième génération de l’algorithme de stabilisation DJI, et améliore également le couple moteur de 50 % par rapport à la génération précédente. Sur le terrain, cela se traduit par une meilleure stabilisation lors des déplacements rapides – en marchant ou en courant – et lors des changements d’angle brusques.
Lors de notre prise en main, en comparaison avec un RS 2 présent à la rédaction, la nacelle offre un meilleur équilibrage de l’appareil. Les compensations sont plus fluides et les micro-vibrations mieux absorbées.
Autre nouveauté : l’écran permet d’afficher un indicateur d’axe Z (Z-Axis Indicator) en temps réel, qui montre les variations des mouvements verticaux du vidéaste. En vert, c’est que vous êtes stable, en rouge, vous bougez trop et il faut stabiliser vos mouvements. Cette indication permet d’ajuster ses déplacements – la fameuse marche ninja – pour obtenir des plans plus fluides.


DJI reconduit également un mode vertical facilité, pour les contenus destinés aux réseaux sociaux. Le passage de la position horizontale à la verticale s’effectue sans L-Bracket ni accessoire supplémentaire. Dans les faits, la manipulation reste pratique mais demande un certain coup de main au début pour être réalisée rapidement.
Prise en main : des progrès ergonomiques
Au-delà de la stabilisation, plusieurs améliorations ergonomiques se font sentir dès les premières manipulations.
Côté construction, le RS 5 conserve une structure en aluminium, la fibre de carbone restant l’apanage du RS 4 Pro. L’écran tactile OLED de 1,8 pouce semble identique aux versions précédentes. Il permet de naviguer dans les menus, de régler les modes de la gimbal ainsi que le suivi du sujet.


L’équilibrage bénéficie toujours des molettes de réglage fin et des intercouches en Teflon sur chaque bras, déjà présentes sur les RS 4. Les ajustements s’effectuent sans forcer, même avec un setup conséquent.






Les plaques de fixation rapide évoluent avec un système double couche : une plaque supérieure Arca-Swiss et une plaque inférieure Manfrotto. Cette combinaison permet de passer du gimbal au trépied sans avoir à rééquilibrer, grâce à une mémoire de position.


La poignée « mallette » électronique – quel nom bizarre –, déjà présente sur le RS 4, évolue avec un déport des commandes directement sur la poignée : joystick, boutons et gachette permettent désormais de contrôler la nacelle et l’appareil photo sans lâcher la prise. Un ajout très pratique pour les plans en plongée ou contre-plongée, où l’accès aux commandes principales de la nacelle devient acrobatique.




On apprécie les verrous d’axe automatiques, introduits pour la première fois sur le RS 3 et améliorés avec la série RS 4. La nacelle se déverrouille à l’allumage et se verrouille à l’extinction ou en mode veille, permettant de ranger très rapidement la gimbal.
Enfin, le trépied, fourni avec le Bundle DJI RS 5, est toujours aussi pratique pour poser son setup au sol, ou servir de repos sur le corps lorsqu’on ajoute une sangle au gimbal.


Les fonctions créatives intégrées
Comme ses prédécesseurs, le RS 5 embarque plusieurs modes de prise de vue créatifs directement accessibles depuis l’écran tactile ou via l’app DJI Ronin :
- Timelapse : création d’hyperlapse automatisée
- Motionlapse : timelapse avec mouvements de caméra programmés
- Suivi : tracking automatique du sujet sélectionné
- Panorama : assemblage automatique de plusieurs prises de vue
- Track : suivi de trajectoire programmée


Le DJI RS 5 permet de basculer rapidement entre trois modes principaux grâce à un commutateur placé sur la droite de la poignée :
- SP (Suivi Panoramique) : seul l’axe pan suit les mouvements, le tilt reste verrouillé. Idéal pour les travellings latéraux avec horizon stable.
- SPI (Suivi Panoramique et d’Inclinaison) : les axes pan et tilt suivent les mouvements de la poignée, parfait pour les scènes dynamiques avec des mouvements verticaux.
- FPV (First Persn View) : les trois axes suivent la direction de la poignée. Ce mode est personnalisable via l’écran tactile
Et bien sûr, avec le DJI RS Intelligent Tracking Module vu plus haut, le RS 5 peut suivre automatiquement un sujet grâce à la technologie ActiveTrack. Deux modes de composition sont disponibles :
- Centrage du sujet dans le cadre
- Conservation du cadrage actuel (règle des tiers par exemple)
En mode FPV, on peut également utiliser le mode 3D Roll 360. Le gimbal passe en position « flashlight » (caméra pointée vers le haut), puis on peut utiliser le joystick pour faire tourner l’image à 360° sur l’axe du roulis. Le résultat : un effet de rotation style Inception ou « tunnel temporel ». Combiné avec un timelapse dans l’app Ronin, cela donne un hyperlapse rotatif assez impressionnant et facile à mettre en place.
Ces fonctions, combinées au nouveau module de suivi intelligent, permettent de réaliser des mouvements de caméra complexes sans assistant.
Autonomie et recharge
Avec la batterie standard BG33, le RS 5 affiche 14 heures d’autonomie, soit 15 % de plus que le RS 4. La poignée haute capacité BG70, vendue séparément, porte cette endurance à 30 heures.




Le temps de recharge progresse également : comptez une heure pour une charge complète avec un chargeur 65 W compatible Power Delivery, soit 60 % plus rapide que sur le RS 4.


Compatibilité élargie
Les précédents stabilisateurs de chez DJI prenaient déjà en charge plusieurs appareils hybrides Sony, Canon et Nikon, afin de pouvoir contrôler le déclenchement vidéo ainsi que certaines fonctions directement depuis la gimbal. Désormais, la RS5 prend en charge, selon DJI, certains appareils Panasonic et Fujifilm. Il faudra voir si une liste est partagée sur leur site internet.


Le RS 5 s’intègre toujours dans l’écosystème DJI Pro : il est compatible avec jusqu’à deux moteurs Focus Pro pour gérer zoom et mise au point simultanément, avec la transmission SDR pour le monitoring à distance, et la plateforme est ouverte aux développeurs tiers via un SDK.


Prix et disponibilité du DJI RS 5
Le DJI RS 5 est disponible dès aujourd’hui en deux configurations :
- DJI RS 5 à 569 € avec la nacelle, une poignée batterie BG33, un trépied à ouverture rapide, des supports à démontage rapide et les câbles de contrôle multicaméras.
- DJI RS 5 Combo à 719 € qui comprend l’ensemble ci-dessus complété du module de suivi intelligent, de la poignée de mallette électronique et d’une mallette de transport. Cette dernière, de bonne facture, permet de transporter l’ensemble du kit très facilement.


Le DJI RS 5 est disponible chez StudioSport, Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Camara, Photo-Univers, Panajou, IPLN, Fnac et dans les boutiques spécialisées.
Notre premier avis
Au terme de cette prise en main, on peut dire que DJI raffine une fois de plus son stabilisateur professionnel avec le RS 5. L’ergonomie s’améliore encore et la facilité d’utilisation progresse sensiblement. Le module de suivi intelligent, désormais capable d’un suivi de sujet au-delà des simples humains, représente un vrai gain pour les vidéastes travaillant seuls et filmant toute sorte d’éléments.


Faut-il passer au RS 5 depuis un ancien modèle ?
Si vous possédez un RS 4, la question se pose. Les évolutions sont réelles mais pas révolutionnaires : stabilisation améliorée, module de suivi plus polyvalent, recharge plus rapide. Pour un usage occasionnel, le RS 4 reste parfaitement capable. En revanche, si vous filmez régulièrement seul et que le suivi automatique de sujets variés (animaux, véhicules, objets) vous intéresse, le Combo Bundle à 719 € avec le module intelligent peut justifier l’upgrade.


Depuis un RS 3 ou un modèle plus ancien, le saut technologique est plus significatif. Les verrous automatiques, l’équilibrage facilité, l’autonomie en hausse et la recharge en 1 heure changent vraiment le confort d’utilisation au quotidien. Sans parler de l’indicateur d’axe Z qui aide à corriger sa démarche en temps réel.
Enfin, pour ceux qui hésitent entre le RS 5 et le RS 4 Pro (encore disponible), tout dépend de votre setup. Le RS 4 Pro et ses 4,5 kg de charge utile reste indispensable pour les caméras cinéma et les gros téléobjectifs. Pour une configuration hybride standard, le RS 5 suffit largement – et coûte 300 € de moins.


