Patrick Wack revient à Paris avec une série consacrée aux rives de la mer d’Azov, exposée jusqu’au 21 février à la Little Big Galerie. Des images captées entre 2019 et aujourd’hui, dont l’interprétation s’est radicalement transformée avec la guerre en Ukraine.

Des paysages apaisants sur fond de tension croissante
Le photographe a commencé par explorer cette région pour son caractère visuel : des horizons aux teintes douces, une lumière particulière qui révèle des atmosphères rarement documentées.
Mais dès 2019, la région était déjà marquée par des tensions durables. Le Donbass connaissait les combats depuis cinq ans, la Crimée avait été annexée, et la mer d’Azov elle-même était occupée militairement. « La douceur visuelle que j’ai trouvée sur ces rivages paisibles entrait étrangement en contraste avec le mal qui montait », confie-t-il.

Avec l’invasion de 2022, ces images ont désormais une portée différente. Pour les Ukrainiens, la perte des horizons d’Azov symbolise bien plus qu’un changement géopolitique. Ces photographies deviennent des archives visuelles de territoires profondément transformés, voire disparus pour une large part du pays.
Une démarche photographique délibérée
Plutôt que de suivre l’approche du photojournalisme classique, Patrick Wack a opté pour une méthode plus contemplative inspirée de la road photography américaine. Des séjours répétés en Ukraine et en Russie, année après année, permettent une compréhension plus nuancée du territoire.

Ce qui intéresse le photographe, c’est moins l’événement que les traces qu’il laisse, la vie qui persiste malgré tout. Les images fonctionnent comme des instantanés d’une époque, sans prétendre à l’exhaustivité journalistique.
La série s’accompagne d’une monographie publiée en juillet 2025 aux éditions André Frère (65 €).
Informations pratiques :
Azov Horizons de Patrick Wack
Little Big Galerie
Du 14 janvier au 21 février 2026
45 rue Lepic, 75018 Paris
du mardi au samedi de 11h à 19h30, le dimanche de 14h30 à 19h30, et sur rendez-vous
Entrée libre



