Le studio photo de Nankin : le rôle crucial de la photo durant la guerre sino-japonaise

En salles depuis le 7 janvier, Le Studio photo de Nankin du réalisateur chinois Ao Shen place l’image photographique au cœur d’un récit de survie et de mémoire. Le film, qui représente la Chine aux Oscars 2026, revient sur le massacre de Nankin en décembre 1937, un épisode encore méconnu en Europe qui fit plus de 200 000 victimes lors de l’invasion japonaise.

Le studio photo de Nankin

Un facteur devenu tireur

Au moment de la prise sanglante de Nankin par l’armée japonaise, un jeune homme échappe à la mort en prétendant pouvoir aider l’armée nippone à développer les photos de ses exactions. Il s’installe dans un studio photo qui devient alors un lieu de résistance, et risque sa vie pour sauver des familles et révéler les preuves des atrocités commises.

Le film oppose deux visions de la photographie à travers deux personnages. D’un côté, le lieutenant Itō, photographe militaire japonais chargé d’immortaliser la gloire des vainqueurs. De l’autre, Achang, simple facteur devenu tireur par nécessité, qui découvre l’horreur en voyant les visages de ses voisins apparaître dans le bain révélateur. Le récit s’inspire de l’histoire vraie de Luo Jin, apprenti de 15 ans qui compila et fit sortir clandestinement ces images au péril de sa vie.

La photographie comme témoin de l’histoire

Production chinoise assumée, le film adopte naturellement le point de vue des civils de Nankin sous l’occupation. Le réalisateur a d’ailleurs puisé dans les archives du mémorial de la ville pour nourrir sa reconstitution historique. À l’époque, les photoreporters étrangers présents sur place peinaient à faire circuler leurs images, leurs pellicules étant régulièrement confisquées ou détruites.

C’est tout l’intérêt du film pour les passionnés d’image : montrer comment des photographies réalisées par l’occupant purent se retourner contre lui et devenir des preuves documentaires. Avec 417 millions de dollars de recettes en Chine selon The Hollywood Reporter, cette fresque de 2h17 rappelle le pouvoir de témoignage de la photographie face à l’histoire.

À voir en salle à partir du 7 janvier 2026