Les cartes mémoire ProGrade Digital s’envolent pour la Lune avec la NASA

Après Nikon et son Z9 modifié, c’est au tour de ProGrade Digital de signer un accord avec l’agence spatiale américaine. Ses cartes CFexpress 4.0 Type B Iridium équiperont les appareils photo de la mission Artemis III.

Le fabricant de San Jose vient d’officialiser sa collaboration avec la NASA dans le cadre du programme Artemis. ProGrade fournira des cartes CFexpress 4.0 Type B Iridium (400 Go et 1,6 To) ainsi que des lecteurs haute vitesse pour équiper l’appareil photo HULC (Handheld Universal Lunar Camera).

Le kit lunaire se précise

Pour rappel, cet appareil repose sur un Nikon Z9 profondément modifié, comme nous vous l’expliquions en mars 2024. Le boîtier a été repensé pour résister aux radiations cosmiques, au vide spatial et aux températures extrêmes de la surface lunaire (de -200°C à +120°C).

Il est enveloppé d’une housse protectrice blanche et dispose d’un firmware spécifique. Thomas Pesquet fait d’ailleurs partie des astronautes qui ont testé les prototypes lors d’entraînements aux Canaries.

Thomas Pesquet et le prototype du caisson protégeant le Nikon Z9 modifié. © ESA – A. Romeo

Restait la question du stockage. Face à plusieurs fabricants en lice, les cartes Iridium de ProGrade se sont imposées lors des tests de qualification. Pendant plus de 18 mois, elles ont été soumises à des simulations reproduisant les contraintes de l’espace, et ont démontré leur capacité à maintenir des performances stables là où d’autres cartes flanchaient.

La fiabilité plutôt que la vitesse

Cette sélection n’est pas vraiment une surprise pour qui connaît la philosophie de ProGrade. La marque californienne a toujours privilégié la constance des performances sur la durée plutôt que les chiffres de vitesse spectaculaires qui s’effondrent après quelques secondes, même si les cartes CFexpress 4.0 Type B sont capables de monter jusqu’à 3550 Mo/s en écriture.

Elles garantissent surtout des vitesses de 850 Mo/s minimum sur la version 400 Go et 1500 Mo/s sur la version 1,6 To. De quoi pouvoir encaisser les RAW non compressés de 80 à 100 Mo du Z9 en rafale, mais aussi des flux vidéo jusqu’en 8,3K 60p.

Nous l’avions d’ailleurs constaté lors de notre récent test du SSD ProGrade PG10 16 To : ce disque externe maintient ses 1,8 Go/s en écriture s, même sur des transferts de plusieurs centaines de gigaoctets.

Une approche qui semble aussi guider le développement des cartes destinées aux missions lunaires. D’ailleurs, ProGrade Digital est l’un des seuls – si ce n’est le seul – constructeurs à indiquer sur ses cartes mémoires la vitesse d’écriture en continu (sustained writing speed).

Un argument commercial de poids

Wes Brewer, le fondateur de ProGrade Digital, ne cache pas sa fierté : les cartes vendues au grand public sont identiques à celles qui partiront sur la Lune. De quoi rassurer les professionnels les plus exigeants –même si leurs conditions de travail restent, a priori, un peu moins hostiles que la surface de notre satellite.