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MP #110 : Comment réaliser facilement un effet Starburst sur vos photos

Lorsque vous photographiez le soleil en face, vous avez peut-être déjà remarqué que, sur certaines de vos images, il forme une tâche blanche trop lumineuse, et sur d’autres il ressemble plutôt à une étoile qui rayonne. Dans le deuxième cas, cela donne un très bel aspect à votre photo. C’est ce qu’on appelle l’effet Starburst (ou rayonnement d’étoile).

Dans cet article, nous allons vous expliquer comment obtenir cet effet Starburst sur vos photos.

Définition

L’effet Starburst est un phénomène tout à fait explicable : il s’agit d’une aberration optique liée à la source de lumière qui traverse l’objectif et le diaphragme de votre appareil photo.

Pour rappel, le diaphragme est cette partie de l’objectif qui permet de limiter la quantité de lumière qui arrive sur le capteur au moyen de lamelles métalliques mobiles. C’est l’ouverture (f/4 par exemple) qui permet de régler l’ouverture du diaphragme et donc la quantité de lumière qui passe.

Les rayons de lumière qui créent l’effet Starburst sont ainsi définis par le diaphragme de votre objectif, et notamment le nombre de lamelles qui composent l’iris (la partie où passe la lumière). Selon le nombre de lamelles composant le diaphragme de votre objectif, vous obtiendrez un effet Starburst avec plus ou moins de rayons.

lamelles_rayons

Par exemple, pour 5 lamelles, il y aura 10 rayons, pour 6 lamelles, il y aura 6 rayons, ou pour 7 lamelles, il y aura 14 rayons. Si le nombre de lamelles est impair, le nombre de rayons est doublé (facile à retenir). N’hésitez pas à regarder les spécifications de vos objectifs pour savoir de combien de lamelles ils disposent.

Après la définition, voici quelques conseils pour réaliser un effet Starburst.

Réduire l’ouverture de votre objectif

Afin de canaliser la lumière et obtenir l’effet Starburst, vous devez fermer le diaphragme de votre objectif pour obtenir une ouverture réduite, idéalement entre f/11 et f/22. Bien sûr, rien ne vous empêche d’aller jusqu’à f/32 si votre optique le peut, mais l’image perd progressivement en qualité quand le diaphragme se ferme.

Si vous êtes à f/22, vérifiez bien votre vitesse d’obturation : il se peut que vous ayez besoin d’un trépied pour stabiliser votre prise de vue.

Pour faire simple, on pourrait dire que le Starburst est l’inverse du bokeh, qui lui nécessite une très grande ouverture et a pour résultat des points lumineux transformés en ronds de lumière.

Sous-exposer la scène pour éviter d’avoir un soleil et un ciel brûlé

Bien entendu, pour réussir à capturer les rayons du soleil, il faut être certain de ne pas trop surexposer sa photo. Comme pour obtenir un ciel bleu au lieu d’un ciel blanc, dans cette situation il est quasiment toujours préférable de shooter en RAW (pour récupérer du détail en post-prod) et de sous-exposer la scène en fonction de la différence d’exposition qu’il y a entre la partie sombre (la terre, les arbre, etc.) et le soleil et le ciel. Une fois votre photo prise, vous pourrez récupérer les ombres en post-traitement avec le slider « ombres » ou « tons sombres », comme sur cette photo :

Fichier RAW : à gauche, sorti du capteur, à droite, tons sombres réajustés
Fichier RAW : à gauche, sorti du capteur, à droite, tons sombres réajustés

En ville, attention simplement à ne pas bruler vos blancs dans les lumières, et une petite sous-exposition peut suffire :

Fichier RAW : à gauche, sorti du capteur, à droite, tons sombres réajustés
Fichier RAW : à gauche, sorti du capteur, à droite, balance des blancs et tons sombres réajustés

Avoir une source lumineuse intense et propre, mais prudence !

Pour réaliser cet effet, il ne faut pas qu’il y ait de nuage ou de brume devant votre source de lumière, cela risquerait de diffuser les rayons et donc de réduire l’intensité lumineuse.

Attention, en jouant avec le soleil, on s’expose à des risques à la fois pour le photographe et pour l’appareil photo. L’intensité lumineuse du soleil étant très forte, il ne faut pas l’avoir dans son viseur lorsqu’il est à son zénith, mais plutôt préférer le début et fin de journée, au moment où il est assez bas et donc moins fort.

© Alexis Birkill - Flickr
© Alexis Birkill – Flickr

De manière générale, ne jamais viser le soleil en pleine journée, au risque de brûler sa rétine (en quelques secondes, c’est possible) ou l’obturateur et le capteur de votre appareil – l’objectif agit un peu comme une loupe. Si vous voulez photographier le soleil en pleine journée, renseignez-vous auprès de spécialistes d’astro-photographie qui vous conseillerons des filtres spéciaux.

Sachez aussi que cet effet fonctionne avec les reflets de la lumière, dans des gouttes d’eau où sur la surface réfléchissante d’un objet ou d’un bâtiment.

© Linda - Flickr
© Linda – Flickr

Masquer le soleil avec un objet (ou une ligne d’horizon)

Le soleil peut être extrêmement lumineux, même au crépuscule ou au coucher du soleil. Pour éviter d’avoir une tâche trop claire (et donc sans rayons bien définis), essayez de masquer une partie du soleil derrière un élément de votre photo, comme par exemple une montagne, un arbre, ou tout autre élément plein.

© mattharvey1 - Flickr
© mattharvey1 – Flickr

L’effet Starburst même la nuit

Utilisé souvent avec le soleil, cet effet est également très apprécié des photographes urbains qui photographient la ville et ses lumière de nuit. Dans cette situation, les mêmes règles énoncées plus haut s’appliquent. N’oubliez surtout pas votre trépied ou un élément pour vous stabiliser : petite ouverture la nuit signifie pose longue.

© Damien Roué Flickr
© Damien Roué – Flickr

Quelques exemples de photos avec l’effet Starburst

Pour vous aider à comprendre cet effet et dans quel contexte vous pouvez en tirer parti, voici une petite sélection de photos.

© Shahzeb Ihsan - Flickr
© Shahzeb Ihsan – Flickr
© Ed Erglis - Flickr
© Ed Erglis – Flickr
© Arnab Ghosal - Flickr
© Arnab Ghosal – Flickr
© Matthew Kowalski - Flickr
© Matthew Kowalski – Flickr
© Gary Denton - Flickr
© Gary Denton – Flickr
© Haakon Nygård - Flickr
© Haakon Nygård – Flickr
© Nick Ulivieri - Flickr
© Nick Ulivieri – Flickr
© Blue Hour Flickr
© Blue Hour Flickr
© Damien Roué
© Damien Roué – Flickr

Si vous avez déjà réalisé des images de ce type, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires.

A lire également : comment photographier une éclipse solaire ?

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  1. Merci pour cet article, très intéressant!
    Parfait pour cette saison : combiner l’effet stardust avec les couleurs flamboyantes de l’automne donne de super résultats. Et surtout, pas la peine de se lever trop tôt, ou se coucher trop tard, pour avoir un soleil proche de l’horizon 😉

  2. Bonjour,

    je n’ai pas encore testé cet effet mais suivant ce qui est écris, il y a quelque chose qui me chiffonne. La photo avec la goutte d’eau n’a pas été prise entre f/11 et f/22. J’ai du mal à y croire.

    David.

    1. En effet la photo a été réalisée à f/5.6 avec un 105mm. C’est un bon exemple pour montrer que les règles énoncées ici favorisent l’apparition d’un effet starburst mais il est également possible de le réaliser en dehors de f/11 à f/22.

  3. Ping : Les effets photo: comment les utiliser ? - TutoTicTacPhoto
  4. Bonjour,
    Je viens de lire cet article avec beaucoup d’intérêt ! J’ai pris des cours de photos l’an dernier et c’était un de mes devoirs d’utiliser cette technique. Je suis fière de mon résultat ! À vous de juger
    CSC_1959.JPG
    Nikon 5100, F22, 1\160s, ISO560, 55mm

    1. Impossible de voir votre photo, il faudrait qu’elle soit publiée quelque part en ligne et que vous colliez l’URL dans un commentaire.

      1. Je ne sais pas comment faire…est-ce que je la publie sur Facebook, par exemple ?

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  9. Merci pour l’article. Il est très intéressant. J’avais déjà vu ce genre de photo mais je ne savais pas du tout comment les faire ni même comment cet effet s’appelait. Par contre, dommage qu’on ait pas les différentes fermetures de diagrammes pour les photos données en exemple pour nous aider à nous rendre compte.

    1. En effet. Par contre, ce n’est pas la fermeture du diaph qui va faire plus ou moins de rayons,, mais bien le nombre de lamelles qui composent le diaphragme, cf la partie qui aborde ce point dans l’article avec le schéma.