Annoncé le 16 septembre 2026, le Lumix S 20 mm f/2,5 est la nouvelle focale fixe de Panasonic. Elle vient se placer au côté du Lumix S 40 mm f/2, sorti au printemps, afin d’offrir un grand-angle compact et léger, adapté au Lumix S9. Le 20 mm reprend les mêmes dimensions, le même diamètre de filtre et le même poids plume.
Quelles performances optiques et AF ce 20 mm permet-il d’obtenir sur le terrain ? Nous avons pu l’utiliser pendant plusieurs jours avant sa sortie et voici notre test complet du Panasonic Lumix S 20 mm f/2,5.

Sommaire
Présentation du Panasonic Lumix S 20 mm f/2,5
Ce nouveau 20 mm f/2,5 est le quatrième objectif de Panasonic en monture L pensé pour le Lumix S9, après le 26 mm f/8, le zoom de kit 18-40 mm f/4,5-6,3 et le 40 mm f/2, lancé au printemps 2026.
On comprend aisément pourquoi Lumix dévoile aujourd’hui cette nouvelle focale fixe 20 mm. Jusqu’ici, un possesseur de S9 qui voulait cadrer large n’avait le choix qu’entre le 18-40 mm compact, mais peu lumineux, et des optiques concurrentes nettement plus lourdes et plus chères, mais nous y reviendrons.

Côté formule optique, ce Lumix S 20 mm f/2,5 dispose d’une construction basée sur 11 éléments répartis en 9 groupes, dont 3 lentilles asphériques (ASPH) et 3 lentilles à dispersion ultra-faible (ED).

L’ouverture à f/2,5 est assurée par un diaphragme circulaire à 7 lamelles. La distance minimale de mise au point est de 18 cm. Enfin, l’autofocus utilise une motorisation STM classique.
Le choix de la focale mérite qu’on s’y arrête. À 20 mm, l’angle de champ est franchement large, mais le constructeur revendique un grand-angle de tous les jours plutôt qu’un objectif atypique, et veut éviter la comparaison directe avec les 14 et 16 mm. On peut également se dire que cette optique est pensée pour la vidéo, qui s’accommode parfois plus facilement du grand-angle.

Reste à vérifier sur le terrain si ce positionnement tient, ou si le 20 mm se révèle trop large pour de la photographie de rue et pas assez pour l’architecture.
Caractéristiques techniques du Panasonic Lumix S 20 mm f/2,5
- focale : 20 mm
- objectif pour capteur : plein format
- ouverture maximale : f/2,5
- ouverture minimale : f/22
- angle de champ : 94°
- formule optique : 11 éléments répartis en 9 groupes, dont 3 lentilles asphériques (ASPH) et 3 lentilles à dispersion ultra-faible (ED)
- diaphragme : circulaire, 7 lamelles
- distance minimale de mise au point : 18 cm
- grossissement max : 0,15x
- mise au point : autofocus (STM)
- stabilisation optique : non
- tropicalisation : résistance à la poussière, aux éclaboussures et au gel
- diamètre de filtre : 62 mm
- dimensions : ø 69,4 x 40,9 mm
- poids : 142 g
- monture : L
- coloris : noir et argent
- prix au lancement : 499 € (octobre 2026)
Ergonomie et prise en main
Posez le Lumix S 20 mm à côté du 40 mm et vous aurez du mal à les différencier. En effet, ils mesurent tout deux 4 cm de long, 6,9 cm au diamètre maximal et disposent du même filetage de 62 mm, ou encore la même bague striée occupant la moitié du fût.

Sur la balance, le 20 mm pèse 142 g contre 144 g pour le 40 mm. Monté sur le S9, l’ensemble pèse environ 630 g, très peu pour un hybride plein format. Changer de focale entre le 20 mm et 40 mm ne change pas l’équilibre, que ce soit en main ou sur une gimbal.

Concrètement, avec deux focales fixes d’environ 140 g partageant un filetage de 62 mm, on transporte un duo 20 mm et 40 mm plus léger qu’un Sigma 20 mm f/2 DG DN seul (370 g).
La construction est elle aussi identique à celle du 40 mm : fût en polycarbonate, baïonnette métallique et joints d’étanchéité annoncés contre la poussière, les éclaboussures et le gel. La lentille frontale reçoit en outre un traitement au fluor, censé faciliter le nettoyage des traces de doigts et des gouttes d’eau.

L’objectif paraît bien fini, la bague tourne avec une résistance régulière. Seul le toucher très plastique trahit son prix contenu, surtout face à des optiques chinoises parfois bien moins chères, mais construites tout en métal.

On retrouve les trois commandes physiques du 40 mm : la bague, qui fait office de bague de mise au point ou de bague de contrôle selon le réglage, le commutateur AF/MF et, juste au-dessus, le bouton personnalisable, affecté par défaut au verrouillage de la mise au point.

Avec la mise à jour firmware 2.1 du S9, prévue le 13 octobre, il sera possible d’y affecter directement le zoom de recadrage. La fonction n’était jusqu’ici accessible que via la bague de contrôle, ce qui imposait un détour par les menus à ceux qui préféraient garder la bague en mise au point manuelle.

Petit bémol, hérité lui aussi du 40 mm : aucun pare-soleil n’est fourni. Notez que Panasonic commercialise une version noire et une version argentée (mais uniquement via sa boutique en ligne ou quelques rares revendeurs).

Qualité d’image du Lumix S 20 mm f/2,5
Nous avons testé cette focale compacte sur un Panasonic Lumix S9, dont le capteur plein format compte 24 Mpx.
N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en plus grand.



Piqué et netteté
Sur un 20 mm de ce type, on ne cherche pas forcément un piqué parfait au centre dès la pleine ouverture. Avec un angle de champ aussi large et une ouverture maximale relativement modeste, on visera plutôt la meilleure homogénéité possible du centre aux bords de l’image, bien plus utile en architecture ou en paysage.

Le piqué est correct dès f/2,5, avec une homogénéité assez bonne. On reste toutefois loin des meilleures focales fixes du marché, ce qui n’a rien de surprenant compte tenu du positionnement de l’objectif.

En fermant, le piqué s’améliore nettement à partir de f/4 et se maintient à un niveau plus que décent jusqu’à f/11.

L’homogénéité, encore perfectible à f/4, progresse à mesure que l’on ferme le diaphragme et atteint son maximum entre f/8 et f/11.

Distorsion, vignettage et aberrations
Par défaut, les images du 20 mm présentent peu ou pas de distorsion, ce qui est appréciable sur une focale de ce type. Et pour cause : un profil de correction est appliqué automatiquement, aussi bien aux JPEG qu’aux RAW. On peut le désactiver sur les RAW dans un logiciel de développement, mais cela présente peu d’intérêt.


Le vignettage est plus marqué : malgré une ouverture maximale modeste, on observe un net assombrissement des coins, qui s’étend jusqu’aux zones intermédiaires. Il faut fermer à f/5,6 pour que la perte de luminosité en périphérie soit bien contenue.



Là encore, le profil de correction intégré fait plutôt bien son travail, même si un léger vignettage résiduel subsiste.


Le 20 mm de Lumix est aussi un très bon élève dans la gestion des aberrations chromatiques. À pleine ouverture, on peut déceler dans les zones floues en périphérie de très légères franges tirant vers le vert ou le magenta, mais elles disparaissent dès f/4, laissant place à des contours nets et propres.




Distance minimale de mise au point et bokeh
L’un des points forts indéniables de ce Lumix S 20 mm est sa distance minimale de mise au point de seulement 18 cm, soit moins de 12 cm par rapport à la lentille frontale.

Un 20 mm, qui plus est ouvrant à f/2,5, n’est pas d’ordinaire la focale privilégiée pour isoler un sujet. Mais grâce à cette courte distance de mise au point, on obtient des plans rapprochés globalement réussis.

De même, le détachement est assez bon et les bulles de bokeh, bien que discrètes, sont bien rondes et esthétiques.

Autofocus du Lumix S 20 mm f/2,5
Le Lumix S 20 mm f/2,5 reprend le moteur STM du 40 mm. Il fonctionne sans problème, avec une rapidité raisonnable et en toute discrétion.

La vitesse de l’AF compte de toute façon moins sur une focale aussi large que sur un téléobjectif : il aurait fallu qu’il soit vraiment très lent pour devenir gênant. L’autofocus accomplit donc sa tâche sans accroc, mais sans éclat non plus. Panasonic annonce par ailleurs un focus breathing limité, c’est-à-dire une variation de cadrage réduite lors des changements de mise au point, un argument qui s’adresse surtout aux vidéastes.

Retrouvez ci-dessous une galerie de photos capturées avec le Panasonic Lumix S 20 mm f/2,5 :










Face à la concurrence
Malgré le grand nombre de constructeurs présents en monture L, le Lumix S 20 mm f/2,5 ne compte actuellement que trois concurrents (plus ou moins) directs, et un quatrième devrait arriver dans les mois à venir :
- Sigma 20 mm f/2 DG DN Contemporary : même focale, mais une ouverture un peu plus lumineuse, une construction plus haut de gamme, un poids deux fois et demie supérieur et surtout 200 € de plus, avec un tarif de 699 €.
- Lumix S 18 mm f/1,8 : l’alternative maison. Plus lumineux, plus lourd, plus cher et doté d’un angle de champ encore plus large, il s’adresse plutôt aux boîtiers plus imposants, dotés d’une poignée plus marquée que celle du Lumix S9. Il est disponible à 849 €.
- Leica Super-APO-Summicron-SL 21 mm f/2 ASPH : le rival hors norme. Bien plus long et plus lourd (789 g), cet objectif made in Germany boxe, malgré une focale proche, dans une autre catégorie. Son prix de 5 605 € en dit long.
Enfin, Viltrox devrait commercialiser sous peu son AF 20 mm f/2,8 Air en monture L. À en juger par la version en monture E lancée en 2023, cet objectif devrait rivaliser de compacité avec celui de Panasonic, pour un tarif nettement plus contenu, sous les 200 €.
Lumix S 20 mm f/2,5 : le grand-angle qui complète bien le S9
Pris isolément, ce 20 mm f/2,5 ne bouleverse rien. Son piqué est correct sans être remarquable, son vignettage réclame un profil de correction, et son fût en polycarbonate ne fait pas illusion face aux optiques tout métal parfois vendues moins cher. Mais le juger seul, c’est passer à côté de l’intention du constructeur.
Car l’argument de cet objectif n’est pas purement optique. Avec ses 142 g et un gabarit identique à celui du 40 mm f/2, il forme avec ce dernier un doublé très intéressant. Pour un possesseur de Lumix S9, le changement est réel : on emporte deux focales là où l’on hésitait à en prendre une seule. C’est ce que l’on attendait depuis le lancement du boîtier.
Par ailleurs, sa distance minimale de mise au point de 18 cm élargit encore le champ des possibles, en autorisant des plans rapprochés qu’un grand-angle n’offre pas forcément d’ordinaire.
À 499 €, soit 100 € de plus que le 40 mm f/2, l’équation penche nettement en sa faveur, faute de véritable rival. Cette tranquillité pourrait toutefois être de courte durée : Viltrox prépare un AF 20 mm f/2,8 Air en monture L, vraisemblablement proposé sous les 200 €. Panasonic a quelques mois pour asseoir son avance.
Le Panasonic Lumix S 20 mm f/2,5 sera disponible à partir d’octobre au prix de 499 €. Il bénéficie de la garantie Lumix de 5 ans, sur enregistrement du produit sur le site de Lumix.
Vous retrouverez cet objectif chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Digixo, Photo-Univers, IPLN, Panajou, à la Fnac et auprès des revendeurs spécialisés.




