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5 livres photo à ne pas manquer – septembre 2026

Chaque mois, Phototrend vous propose de découvrir les livres photo qui nous ont marqués. En ce mois de septembre 2026, voici 5 nouveaux ouvrages que nous avons sélectionnés pour vous.

Ce mois-ci, le livre d’entretiens de Jean-François Leroy, disparu le 31 août, ouvre la sélection. Suivent trois ouvrages nés des Rencontres d’Arles : Modèle animal, deux siècles de photographie relus à hauteur de bête par Photo Élysée, la nouvelle édition du Photo Poche consacré à Edward Steichen, et Nos rêves lointains, la collection photographique de la Fnac traversée par la romancière Nathacha Appanah. Côté pratique, Pascale Brites signe un guide complet de Lightroom Classic. Bonne lecture.

Le devoir de regarder

Couverture du livre Le devoir de regarder de Jean-François Leroy, MkF éditions

Le livre Le devoir de regarder était annoncé depuis le printemps, sa parution a pris une autre dimension. Jean-François Leroy, fondateur et directeur historique de Visa pour l’Image, est mort le 31 août 2026, deux jours après l’ouverture de la 38e édition du festival, la première qu’il n’a pas pu inaugurer en près de quarante ans.

L’ouvrage prend la forme d’un long entretien avec Isabelle Fougère, journaliste, écrivaine et cocréatrice du Prix international de la femme photojournaliste. Jean-François Leroy y déroule sa vie au plus près du photojournalisme : la création du festival en 1989 avec Roger Thérond, les photographes qu’il a défendus, les mutations du métier de l’argentique au flux numérique, mais surtout le travail invisible de la sélection, les images que l’on montre et celles que l’on écarte, et pourquoi. Le titre résume la thèse : regarder n’a rien d’un geste neutre, et cette responsabilité pèse davantage à l’heure où des milliards d’images circulent chaque jour et où l’IA générative brouille la frontière avec le réel.

Aux jeunes photojournalistes, il rappelle qu’une photo se décide avant le déclenchement : « Avant même de déclencher, il faut te demander : qu’est-ce que je veux raconter ? ». Le volume se referme sur une sélection commentée d’images qui, selon lui, résistent au temps, réunies dans un cahier de 16 pages.

Le devoir de regarder, histoires et réflexions sur le photojournalisme, Jean-François Leroy en dialogue avec Isabelle Fougère
Éditeur : MkF éditions
20 €, 216 pages (dont 16 pages de photos), broché, 14 x 20,5 cm
Acheter le livre : MkF éditions / Fnac

Modèle animal, 200 ans de photographie

Couverture du livre Modèle animal, 200 ans de photographie, éditions Textuel et Photo Élysée

Ce livre est le catalogue de l’exposition Modèle animal, présentée à la Mécanique Générale dans le cadre des Rencontres d’Arles 2026. Coédité par Textuel et Photo Élysée, il a été conçu sous la direction de Nathalie Herschdorfer, directrice du musée lausannois, avec l’historien de l’art Vincent Lavoie, Manuel Sigrist et le philosophe Emanuele Coccia.

Le principe consiste à relire deux siècles de photographie pour ce qu’elle a fait des animaux, et non des humains. 250 images se succèdent, œuvres majeures et clichés anonymes mêlés : les chevaux au galop d’Eadweard Muybridge, les chats de studio de Walter Chandoha, les cerfs surpris de nuit par George Shiras, pionnier du flash en pleine nature, les bouledogues d’Elliott Erwitt, les hippocampes de Jean Painlevé, les lamas de Martin Parr et d’Inge Morath, jusqu’aux séries de Rinko Kawauchi et Vasantha Yogananthan. On y retrouve aussi les corbeaux de Masahisa Fukase, les hommes aux hyènes de Pieter Hugo et les collages de Peter Beard, dont nous parlions le mois dernier à propos de The End of the Game.

Plutôt qu’une chronologie, le parcours est découpé en sept regards : anatomique, performatif, affectif, fasciné, éthique, plastique et, pour finir, viral, celui des chats et des chiens qui saturent aujourd’hui les réseaux sociaux. La question posée par les textes est celle de l’influence : la photographie a-t-elle changé notre manière de considérer les animaux, entre affection, exploitation et volonté de les protéger ?

Modèle animal, 200 ans de photographie, sous la direction de Nathalie Herschdorfer, Vincent Lavoie, Manuel Sigrist et Emanuele Coccia
Éditeur : Textuel, en coédition avec Photo Élysée
55 €, 288 pages, relié, 23,5 x 31,5 cm
Acheter le livre : Éditions Textuel / Fnac

Edward Steichen

Couverture du Photo Poche Edward Steichen, Actes Sud, nouvelle édition 2026

Actes Sud republie le Photo Poche n° 56 consacré à Edward Steichen dans une édition remaniée, la précédente remontant à 2007. La parution accompagne l’exposition La nature d’Edward Steichen, présentée cet été à la Mécanique Générale d’Arles.

Edward Steichen (1879-1973) est né au Luxembourg avant de grandir aux États-Unis. Peintre de formation, il rejoint le pictorialisme aux côtés d’Alfred Stieglitz et cofonde la Photo-Secession, puis bascule vers une photographie plus directe : portraits de célébrités, mode et publicité pour Condé Nast dans les années 1920 et 1930, commandes industrielles. Directeur du département photographie du MoMA de 1947 à 1962, il y conçoit en 1955 The Family of Man, l’une des expositions les plus vues de l’histoire du médium.

Cette nouvelle édition vient redonner sa place au végétal dans le travail du photographe. Edward Steichen a photographié fleurs, arbres et jardins toute sa vie, de Voulangis, en Seine-et-Marne, au Connecticut, jusqu’à consacrer en 1936 une exposition entière du MoMA aux delphiniums qu’il cultivait lui-même. Le texte est signé William A. Ewing, historien de la photographie et spécialiste de Steichen.

Edward Steichen, Photo Poche, texte de William A. Ewing
Éditeur : Actes Sud
14,50 €, 144 pages, broché, 12,5 x 19 cm
Acheter le livre : Actes Sud / Fnac

Nos rêves lointains

Couverture du livre Nos rêves lointains de Nathacha Appanah, regards sur la collection photographique de la Fnac, Gallimard

Publié par Gallimard avec la Fnac, Nos rêves lointains est le deuxième volume de la série Regards, consacrée à la collection photographique de la Fnac : environ 1 800 tirages acquis depuis 1978, conservés au musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône. Cette fois-ci, les commissaires Fannie Escoulen et Laure Augustins ont extrait une sélection d’images sur le thème du voyage, confiée à la romancière Nathacha Appanah, prix Femina 2025 pour La Nuit au cœur.

L’écrivaine mauricienne a écrit une fiction qui se déplie entre Paris et Colombo, une dérive sur le temps et la mémoire dont la narratrice croise, au fil des pages, les grands espaces islandais de Sigurgeir Sigurjónsson, les trains de Sebastião Salgado, les steppes mongoles de Sophie Zénon, les éleveurs de rennes nenets de Françoise Huguier ou les jumelles galiciennes de Cristina García Rodero. Nathacha Appanah dit avoir tenu à ce que les images ne soient pas un cadre contraignant, et surtout à ne pas écrire une illustration des photographies : le récit n’a pas pour but « de commenter les images, mais de les habiter ».

Nos rêves lointains, regards sur la collection photographique de la Fnac, autour d’un récit de Nathacha Appanah
Éditeur : Gallimard
29 €, 160 pages, broché, 18,5 x 23,5 cm
Acheter le livre : Gallimard / Fnac

Lightroom Classic, maîtriser le flux de travail du photographe

Couverture du livre Lightroom Classic, maîtriser le flux de travail du photographe, de Pascale Brites, Eyrolles

Pour terminer cette sélection, un livre pratique. Ce guide arrive près de vingt ans après la première version de Lightroom, devenu entre-temps le logiciel de référence pour gérer et développer ses photos, et l’un de ceux dont les fonctions ont le plus changé ces trois dernières années. Il est signé Pascale Brites, journaliste photo, qui avait déjà signé un hors-série de Compétence Photo consacré à Lightroom Classic en 2018.

Le parti pris du livre tient dans son sous-titre. Plutôt qu’une visite module par module, l’autrice suit l’ordre réel du travail d’un photographe : importation, organisation du catalogue, développement, puis exportation, partage et archivage. C’est la manière dont elle utilise le logiciel au quotidien, et c’est aussi celle qui évite l’écueil classique de Lightroom Classic, un catalogue qui grossit sans méthode jusqu’à devenir ingérable. Les 260 pages couvrent l’ensemble des outils de développement, l’automatisation par paramètres prédéfinis et la préparation des images pour le web, l’impression ou l’archivage.

L’ouvrage s’adresse aussi bien à ceux qui veulent consolider leurs bases en postproduction qu’aux utilisateurs plus avancés à la recherche de méthodes plus rapides.

Lightroom Classic, maîtriser le flux de travail du photographe, Pascale Brites
Éditeur : Eyrolles
27 €, 260 pages, broché, 19 x 24 cm
Acheter le livre : Eyrolles / Fnac