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Prise en main Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS : le super-téléobjectif débarrassé du monopode

Lancé aujourd’hui aux côtés du FE 400 mm f/4,5 GM OSS, le Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS pousse la logique de l’allègement encore plus loin. Avec 995 g sur la balance, cette focale fixe revendique le titre de super-téléobjectif le plus léger du monde, à ouverture et focale équivalentes.

Compatible téléconvertisseurs, stabilisé et doté d’une formule optique de 24 éléments, il promet de rendre le 600 mm utilisable à main levée. Un exercice d’équilibriste, à « seulement » 3 899 €. Nous avons pu l’essayer en avant-première et voici nos ressentis initiaux.

Le renouveau des super-téléobjectifs chez Sony

Chez Sony, les 6 derniers mois ont été marqués par de nombreuses sorties, tant du côté des boîtiers que des optiques. Ainsi, le constructeur a renforcé méthodiquement son catalogue de longues focales.

Le Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS arrive ainsi en même temps que le Sony FE 400 mm f/4,5 GM OSS, mais aussi juste après le Sony FE 100-400 mm f/5,6-8 OSS lancé cet été et le Sony FE 100-400 mm f/4,5 GM OSS au printemps dernier. Quatre optiques en quelques mois, toutes tournées vers l’animalier et le sport.

Cet objectif est donc le second 600 mm en monture E, puisqu’il vient seconder le Sony FE 600 mm f/4 GM OSS de 2019. Mais entre les deux, le fossé est vertigineux : 3 040 g et 44,9 cm pour l’aîné, contre 995 g et 26,3 cm pour le nouveau venu. Sony annonce ni plus ni moins qu’un allègement de 2 kg, soit près de deux tiers de la masse envolée.

Sony FE 600 mm f/4 GM OSS, FE 400 mm f/2,8 GM OSS, FE 600 mm f/6,3 GM OSS et FE 400 mm f/4,5 GM OSS : un quatuor à plus de 30 000 €.

Une focale de ce type vise en premier lieu les photographes animaliers, ornithologues, photographes de sports et de ballets aériens qui refusent de s’encombrer d’un super-télé de 3 kg, ou d’y consacrer près de 14 000 €.

Voici la liste des caractéristiques du Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS :

  • focale : 600 mm (équivalent 900 mm en APS-C)
  • objectif pour capteur : plein format
  • ouverture max : f/6,3
  • ouverture min : f/45
  • angle de champ : 4,1°
  • construction optique : 24 éléments répartis en 17 groupes, dont 3 lentilles Super ED et 1 lentille ED
  • diaphragme : circulaire, 11 lamelles
  • distance minimale de mise au point : à confirmer
  • stabilisation d’image : oui
  • tropicalisation : oui, résistant aux projections d’eau et à la poussière
  • grossissement max : N.C.
  • mise au point : double motorisation XD linéaire
  • diamètre du filtre : 95 mm
  • dimensions : ø 108 x 263 mm
  • poids : 995 g (hors collier de pied)
  • accessoires fournis : bouchons avant et arrière, pare-soleil, housse de transport, collier de pied, sangle
  • montures compatibles : Sony E
  • prix au lancement : 3 899 € (septembre 2026)

Formule optique : deux lentilles de plus, 200 mm de gagnés

La parenté avec le 400 mm f/4,5 saute aux yeux dès que l’on aligne les fiches techniques. Même diamètre de fût (108 mm), même diamètre de filtre (95 mm), même diaphragme circulaire à 11 lamelles, même traitement Nano AR II, même double motorisation XD linéaire. Et un poids quasiment identique : 995 g contre 994 g.

Les seules vraies différences tiennent en deux chiffres. La formule optique passe à 24 éléments en 17 groupes pour le 600 mm, et la longueur du fût grimpe à 26,3 cm.

Tout se passe donc comme si Sony avait greffé un téléconvertisseur interne au 400 mm : deux lentilles supplémentaires et un groupe de plus, pour allonger la focale sans faire exploser ni le gabarit ni la masse. Une lecture évidemment schématique, puisqu’il s’agit d’un recalcul complet et non d’un simple ajout, mais elle résume bien la stratégie sans doute adoptée par Sony : une plateforme commune, déclinée en deux focales.

Notez le fût allongé à l’arrière, seule différence avec le 400 mm f/4,5 GM.

Côté verres spéciaux, on retrouve la même recette que sur le FE 400 mm f/4,5 GM et le FE 300 mm f/2,8 GM, à savoir 3 lentilles Super ED et une lentille ED, chargées de juguler les aberrations chromatiques. La mise au point est interne, ce qui préserve l’équilibre de l’ensemble et évite toute variation de longueur.

Sony revendique un piqué élevé sur l’ensemble du champ dès la pleine ouverture, courbes MTF à l’appui. Rappelons toutefois que ces courbes sont théoriques et ne présagent pas du rendu réel.

Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/1250 s | ISO 1600 | ST
Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/1250 s | ISO 50 | FL © Jean-Nicolas Lehec
Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/1250 s | ISO 800 | ST

D’ailleurs, nos premiers essais nous ont permis d’observer une image très piquée, y compris sur le capteur de 67 Mpx du Sony A7R VI, ce qui n’était pas gagné d’avance. Travailler à f/6,3 ne pose aucun problème et constituera même le réglage par défaut de cette optique. On peut cependant observer que le 400 mm f/4,5 nous a semblé un peu plus net, mais peut-être était-ce dû au capteur un peu moins défini de l’A1 utilisé pour l’occasion.

Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/1250 s | ISO 1600 | ST

Évidemment, l’ouverture f/6,3 impose ses limites. Dès que la lumière décline, le boîtier n’a d’autre choix que de pousser les ISO, et le 600 mm montre qu’il n’a pas été taillé pour les sorties crépusculaires. Une contrainte d’autant plus sensible sur un capteur très défini, où le bruit se fait plus brouillon à hauts ISO.

Un gabarit qui défie l’entendement

À l’instar du FE 400 mm f/4,5 GM OSS, ce qui frappe lorsque l’on déballe le FE 600 mm f/6,3 GM OSS, c’est bien entendu l’écart entre ce que l’on voit et ce que l’on soupèse.

Avec 26,3 cm de long pour un diamètre de 10,8 cm, il n’est guère plus imposant qu’un 70-200 mm f/2,8. Mais c’est en le prenant en main que la surprise est (vraiment) là : 995 g, soit le poids d’un 24-70 mm f/2,8 de première génération, et seulement… 1 gramme d’écart avec le 400 mm f/4,5.

La comparaison avec le Sony FE 600 mm f/4 GM OSS tourne à la démonstration de force : 3 kg et 44,9 cm pour ce dernier, soit trois fois plus lourd et 18 cm de plus. Même le Sony FE 200-600 mm f/5,6-6,3 G OSS, pourtant réputé raisonnable, pèse 2,15 kg, soit plus du double.

Au second plan, le Sony FE 600 mm f/4 GM OSS, au premier plan, le FE 600 mm f/6,3 GM OSS

Chez la concurrence, le Nikkor Z 600 mm f/6,3 VR S affiche 1,36 kg, soit 365 g de plus. Seul le Canon RF 600 mm f/11 IS STM fait mieux avec 930 g, mais son ouverture fixe f/11 et son autofocus STM le placent dans une tout autre catégorie.

De fait, ce 600 mm se manipule avec une aisance déconcertante. Le centre de gravité a été rapproché de la monture, ce qui évite à l’ensemble de trop tirer vers l’avant. Associé à un boîtier comme l’A7R VI, le duo reste équilibré et autorise de longues sessions sans fatigue excessive. Le collier de pied, amovible, se retire d’ailleurs sans regret pour la marche d’approche.

Malgré cette cure d’amaigrissement, il s’agit bien d’une optique G Master et l’on retrouve l’intégralité des commandes habituelles sur GM :

  • un commutateur de mise au point AF / MF
  • un interrupteur Full-time DMF
  • un limiteur de plage de mise au point : complet ou ∞ – 7 m
  • un commutateur de stabilisation ON / OFF
  • un sélecteur entre les trois modes de stabilisation
  • quatre boutons de maintien de la mise au point, paramétrables

En plus de la bague de mise au point, on trouve une bague de fonction placée à l’avant. Par défaut, elle est attribuée au Power Focus, qui permet de rejoindre l’infini ou la distance minimale d’un seul geste, pour une transition fluide en vidéo. Elle peut aussi être assignée au Preset Focus, qui rappelle instantanément une position mémorisée, ou au mode APS-C.

Grâce à sa construction tous temps et à ses multiples joints d’étanchéité, l’objectif résiste sans difficulté aux intempéries et à la poussière.

En revanche, comme le 400 mm f/4,5 GM, cette optique se passe du porte-filtre arrière de 40,5 mm que l’on trouve sur la plupart des grands blancs de Sony. Il faudra donc composer avec des filtres vissants de 95 mm, autrement plus coûteux.

Un autofocus très réactif

Pour la mise au point, le Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS s’appuie sur une double motorisation XD linéaire, identique à celle du Sony FE 400 mm f/4,5 GM OSS et du FE 300 mm f/2,8 GM. Chaque groupe de mise au point dispose de son propre moteur, ce qui explique la vivacité de l’ensemble.

Sony annonce un suivi capable de tenir les 120 i/s de l’A9 III, ainsi que la 4K 120 fps en vidéo. Nous nous sommes « contentés » des 30 i/s de notre A7R VI, largement suffisants pour éprouver la vivacité de l’objectif.

Rapide et silencieux, l’autofocus accroche les sujets sans hésitation et avec une rare vélocité. Les transitions entre deux plans s’effectuent quasi instantanément, et le taux de déchet reste marginal une fois le sujet verrouillé.

Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/1250 s | ISO 2500 | ST

Le limiteur de plage de MAP se révèle précieux : à 600 mm, une perte de point oblige l’objectif à balayer une plage considérable, et le restreindre fait gagner un temps précieux, notamment en animalier.

Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/1250 s | ISO 3200 | ST

Enfin, la compression des plans induite par les 600 mm permet de détacher le sujet de son arrière-plan avec une facilité remarquable, malgré l’ouverture f/6,3. Le flou d’arrière-plan bénéficie par ailleurs d’une conception spécifique des aberrations sphériques, et les 11 lamelles du diaphragme préservent des bulles bien rondes.

Sony A7R VI | FE 600 mm f/6,3 GM OSS | 600 mm | ƒ / 6,3 | 1/800 s | ISO 2500 | ST

Stabilisation

Ce 600 mm est doté d’une stabilisation optique, comme l’indique la mention OSS. Comme à son habitude, Sony ne communique pas le gain théorique en stops.

Trois modes sont proposés. Le mode 1 corrige les tremblements classiques, le mode 2 est pensé pour le filé, et le mode 3 limite les perturbations de cadrage pour suivre un sujet rapide et imprévisible, typiquement un oiseau en vol.

Compatible téléconvertisseurs

Comme son petit frère, le FE 600 mm f/6,3 GM OSS accepte les deux téléconvertisseurs maison. Avec le 1,4x, on atteint 840 mm à f/9. Avec le 2x, on grimpe jusqu’à 1 200 mm à f/13.

Sur le papier, de quoi cadrer très serré sur des sujets lointains. En pratique, l’exercice demande de la lumière : à f/13, même un capteur moderne réclame des sensibilités élevées, et l’autofocus travaille dans des conditions difficiles. À réserver aux (très) belles journées… et à condition d’accepter une perte de piqué.

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS :

Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS : le super-téléobjectif à emporter partout ?

En lançant ce FE 600 mm f/6,3 GM OSS aux côtés du 400 mm f/4,5, Sony ne se contente pas d’étoffer son catalogue : il redéfinit nos attentes en matière de poids d’un super-téléobjectif. Avec 995 g pour 26 cm, cette focale fixe rend utilisable à main levée un domaine qui imposait jusqu’ici le monopode, le sac dédié et une certaine préparation logistique.

La prouesse technique est réelle, et le piqué semble suivre, y compris sur les 67 Mpx de l’A7R VI. Enfin, l’autofocus à double moteur XD linéaire ne se laisse jamais surprendre.

Restent les contreparties, inhérentes à l’exercice. L’ouverture f/6,3 contraint sévèrement dès que la lumière baisse, et l’absence de porte-filtre arrière oblige à investir dans des filtres de 95 mm. Le tarif, enfin, n’a rien d’anecdotique : à 3 899 €, ce 600 mm coûte 1100 € de plus que le 400 mm, et près du double du FE 200-600 mm. Mais il affiche 10 000 € de moins que le 600 mm f/4, ce qui est loin d’être anecdotique.

Ainsi, pour le photographe animalier, le spotter d’avion, ou celui qui arpente le terrain plusieurs heures durant, l’équation penche nettement en faveur de cette recette allégée.

Le Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS est disponible au tarif de 3 899 €.

Vous pouvez retrouver le Sony FE 600 mm f/6,3 GM OSS chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Camara, Photo-Univers, IPLN, StudioSport, Panajou, à la Fnac et dans les boutiques spécialisées.