Cinq ans après le PEN E-P7, et dix ans après le PEN-F, OM System ressuscite sa gamme la plus iconique avec un boîtier simplement baptisé OM System PEN. Sans numéro, sans suffixe. C’est le premier PEN à porter le nom OM System, et il reprend l’essentiel de ce qui faisait le charme de ses aînés : un look rétro et télémétrique, un format compact et un commutateur créatif en façade. Il y ajoute ce qui manquait à l’E-P7, un viseur électronique, et ce qui manquait à tous les PEN, une protection contre les éclaboussures et la poussière.
Sous le capot, on retrouve la base technique de l’OM-5 Mark II : capteur Micro 4/3 de 20 Mpx, processeur TruePic IX, autofocus à détection de phase, stabilisation 5 axes et bouton CP dédié à la photographie computationnelle. Le tout pour 999 € nu, un tarif qui le positionne très bien face aux compacts experts les plus tendance. Nous avons pu prendre en main l’OM System PEN à Berlin, quelques jours avant son annonce, avec le nouveau zoom de kit M.Zuiko Digital 14-42 mm f/3,5-5,6 III. Voici nos premières impressions.

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Sommaire
- Un PEN, tout court : l’héritage de 1959 revisité par OM System
- Design et prise en main
- Viseur décentré et écran sur rotule
- Capteur, autofocus et stabilisation : la base de l’OM-5 Mark II
- Profils Couleur et Monochrome : la créativité en façade
- Bouton CP : la photographie computationnelle arrive enfin sur un PEN
- Vidéo : 4K 30p, OM-Cinema, S&Q et prise micro
- Batterie BLS-7, autonomie et connectique
- M.Zuiko Digital 14-42 mm f/3,5-5,6 III : un zoom de kit enfin protégé
- Face à la concurrence
- Prix et disponibilité de l’OM System PEN
- Notre premier avis
Un PEN, tout court : l’héritage de 1959 revisité par OM System
Le nom PEN remonte à 1959, quand Olympus lançait un compact argentique demi-format conçu par Yoshihisa Maitani, pensé pour être aussi simple à emporter qu’un stylo.

Un reflex demi-format baptisé PEN F lui succède en 1963. La gamme numérique reprend le flambeau en 2009 avec l’E-P1, premier PEN numérique et premier hybride Micro 4/3 d’Olympus, avant de se scinder en deux familles : les E-PL, orientés grand public, et les E-P, plus ambitieux.

Le sommet de la lignée reste le PEN-F de 2016, seul PEN numérique à intégrer un viseur électronique, avec sa molette créative en façade et son capteur 20 Mpx, inédit à l’époque. Nous notions alors qu’il reprenait l’essentiel de l’OM-D E-M5 Mark II, « le châssis en moins, le prix en plus », à 1199 € nu. Cinq ans plus tard, le PEN E-P7 faisait le chemin inverse : premier produit d’OM Digital Solutions après la reprise de la division Image d’Olympus, encore vendu sous la marque Olympus, il abandonnait le viseur pour descendre à 799 € nu.

Ce nouveau PEN se veut donc un retour aux sources plutôt qu’une rupture. Lors de la présentation à Berlin, Lars Huijzer, VP Marketing et Product Management EMEA d’OM System, a résumé la philosophie de la gamme en deux mots : « Everyday adventure ».

L’idée : un appareil du quotidien pour capturer les moments « entre les moments forts », en déplacement, en voyage, dans l’inattendu. Une manière aussi d’élargir la cible de la marque, très identifiée à la photo animalière et nature avec ses OM-1 et OM-5, vers la photo de rue et de voyage, en complément de l’OM-3.

C’est d’ailleurs ce que nous confiait Thierry Bourque, spécialiste produits et responsable des formations chez OM Digital Solutions, lors de notre interview au Salon de la Photo 2025 : la gamme PEN « remonte à longtemps », le PEN-F reste le boîtier Olympus le plus recherché, au point de se vendre d’occasion au prix du neuf, et « peut-être qu’un jour la marque proposera un successeur ».
Onze mois plus tard, le voici. Le même Thierry Bourque expliquait aussi que l’absence de viseur, qui n’a jamais gêné le public japonais de la gamme PEN, « pose problème en Europe » : voilà sans doute pourquoi ce PEN en retrouve un.
Le choix du nom est révélateur. Pas de PEN-F II, pas d’E-P8 : juste PEN, gravé sur le capot, pour combler l’espace laissé entre le PEN-F et les E-PL. Le successeur du PEN-F était pourtant réclamé depuis des années.

L’annonce intervient aussi dans un contexte particulier pour OM Digital Solutions : en avril 2026, le PDG Shigemi Sugimoto et l’équipe de direction ont racheté l’intégralité des parts détenues par le fonds Japan Industrial Partners, avec une volonté affichée de décisions plus rapides et d’investissements dans le développement produit. L’OM System PEN est le premier boîtier lancé depuis cette prise d’indépendance.
Voici un tableau comparatif de l’OM System PEN et de l’OM-3 :
| Caractéristiques | OM System PEN (2026) | OM System OM-3 (2025) |
|---|---|---|
| Capteur CMOS | Micro 4/3 Live MOS 20,4 Mpx | Micro 4/3 BSI Live MOS empilé 20,4 Mpx |
| Filtre passe-bas | N.C. | Non |
| Processeur | TruePic IX | TruePic X |
| Monture | Micro 4/3 | Micro 4/3 |
| Stabilisation | 5 axes sur capteur, 5,5 IL au centre / 4,5 IL sur les bords (CIPA 2024), pas de Sync IS | 5 axes sur capteur, 6,5 IL (7,5 IL en Sync IS) |
| Viseur électronique | OLED 2,36 Mpts, 1,23x (0,62x), décentré, dégagement oculaire 20,5 mm | OLED 2,36 Mpts, 1,37x (0,69x), central, dégagement oculaire 27 mm |
| Écran LCD | 3″ sur rotule, 1,04 Mpts tactile | 3″ sur rotule, 1,62 Mpts tactile |
| Autofocus | Hybride détection de phase + contraste | Hybride Quad Pixel AF, détection de phase + contraste |
| Nombre de points AF | 121 collimateurs croisés (phase) + 121 zones (contraste) | 1053 collimateurs croisés |
| Couverture AF | N.C. | 100 % |
| Détection et suivi automatique | Visages, yeux, personnes, animaux (chats, chiens) | Humains, animaux (chats, chiens, oiseaux), trains, voitures, motos, avions |
| Plage AF | -3,5 à 20 IL | -5,5 à 19 IL |
| Sensibilité | 200 à 25 600 ISO (étendu 64) | 200 à 25 600 ISO (étendu 80 à 102 400) |
| Rafale | 30 i/s (électronique, AF fixe), 8 i/s (électronique, C-AF), 5 i/s (mécanique) | 120 i/s (électronique, AF fixe), 50 i/s (électronique, C-AF), 6 i/s (mécanique) |
| Pré-déclenchement | Pro Capture, 12 images à 30 i/s | Pro Capture, jusqu’à 120 i/s |
| Obturation | N.C. (synchro flash 1/250 s) | 60 s à 1/8000 s (mécanique), 1/32 000 s (électronique) |
| Photographie computationnelle | High Res Shot 50/80 Mpx, Live ND2 à ND16, Focus Stacking, HDR, exposition multiple, Live Composite | High Res Shot 50/80 Mpx, Live ND2 à ND64, Live GND, Focus Stacking, HDR, exposition multiple, Live Composite |
| Profils créatifs | Color et Monochrome Profile Control (4 + 4 mémoires), 16 filtres artistiques | Color et Monochrome Profile Control (4 + 4 mémoires), cadran créatif, 16 filtres artistiques |
| Vidéo | 4K 30p, C4K 24p, Full HD 120p, H.264 8 bits | C4K et 4K 60p, Full HD 240p, H.264 8 bits ou H.265 10 bits |
| Profils colorimétriques vidéo | Flat, OM-Log400, OM-Cinema1, OM-Cinema2 | Flat, OM-Log400, HLG, OM-Cinema1, OM-Cinema2 |
| Prises audio | Micro 3,5 mm | Micro et casque 3,5 mm |
| Stockage | SD/SDHC/SDXC (1 slot, UHS-I) | SD/SDHC/SDXC (1 slot, UHS-II) |
| Connectivité sans fil | Wi-Fi, Bluetooth 5.2 Low Energy | Wi-Fi 2,4/5 GHz, Bluetooth 4.2 Low Energy |
| Batterie / autonomie CIPA | BLS-7 (1 285 mAh), 410 photos | BLX-1 (2 280 mAh), 590 photos |
| Rechargement par port USB | Oui (USB-C) | Oui (USB-C, Power Delivery) |
| Tropicalisation | Poussière et éclaboussures, IPX1, -10 °C | IP53, -10 °C |
| Dimensions | 125,8 x 74,5 x 43,3 mm | 139,3 x 88,9 x 45,8 mm |
| Poids | 393 g (avec batterie et carte) | 496 g (avec batterie et carte) |
| Prix au lancement (nu) | 999 € (septembre 2026) | 1999 € (février 2025) |
Design et prise en main
Au premier regard, l’OM System PEN reprend le look des PEN-F et PEN E-P7, avec une inspiration plus marquée du côté de l’E-P7. Le viseur intégré, décentré à gauche, lui donne toutefois un style télémétrique plus assumé. La face avant, avec son similicuir et le découpage du capot, plus épais à droite, nous a fait penser au Fujifilm X-Pro3.

Deux coloris sont proposés, noir et argent. Le boîtier pèse 344 g nu et 393 g avec batterie et carte, pour 125,8 x 74,5 x 43,3 mm. Cette légèreté s’explique par l’usage de plastique plutôt que de métal pour la base et le capot. Pour autant, le ressenti est bon : on n’a pas l’impression d’avoir un produit cheap entre les mains. On aurait bien aimé un coloris gris anthracite en plus.


À titre de comparaison, le PEN-F pesait 427 g et l’E-P7 337 g avec batterie, et l’OM-5 Mark II 418 g. Le nouveau venu se place donc entre ses deux aînés, avec un viseur en plus par rapport à l’E-P7.

Sur l’épaule de l’appareil, le côté gauche est vierge, avec la seule inscription OM System PEN. À droite, on trouve la roue PASM avec positions Bulb, C1, C2, Art (filtres artistiques), SCN et Auto, le déclencheur entouré d’une molette crantée qui sert notamment à corriger l’exposition, le bouton d’enregistrement vidéo et un nouveau commutateur ON/OFF qui fait également office de sélecteur de mode Photo, Vidéo et S&Q (ralentis et accélérés). Le passage de OFF à Photo est un peu dur, mais c’est plutôt une bonne chose : l’appareil ne s’allumera pas tout seul dans le sac.

À l’avant, comme sur l’E-P7, un commutateur permet d’accéder aux modes créatifs, en passant de OFF aux profils Color/Mono. C’est un peu moins pratique que sur l’OM-3, qui dispose de positions couleur et monochrome distinctes, héritées justement du PEN-F, premier boîtier Olympus à intégrer ce raccourci vers les rendus créatifs. Nous y reviendrons plus bas.

Au dos, pas de joystick : le déplacement du collimateur passe par le pavé directionnel, ou par l’écran tactile, y compris l’œil au viseur grâce au pavé tactile AF. C’est un choix cohérent avec le gabarit et le tarif, mais les habitués des boîtiers OM-1 regretteront ce raccourci. L’OM-3, deux fois plus cher, n’en propose d’ailleurs pas non plus.
Deux détails ergonomiques bienvenus : le lecteur de carte SD (UHS-I seulement …) est placé sur le côté du boîtier, et non dans la trappe batterie, ce qui simplifie la vie sur trépied. Et l’écran n’est plus le « flip screen » de l’E-P7, mais un écran sur rotule, nettement plus polyvalent. Les puristes noteront en revanche que le déclencheur ne reprend pas le filetage pour déclencheur souple du PEN-F.

Pas de flash intégré sur ce PEN, contrairement à l’E-P7 et à son flash escamotable, mais une griffe porte-accessoire est bien présente.

Enfin, et c’est une première pour un PEN, le boîtier est résistant à la poussière et aux éclaboussures, avec une certification IPX1. On est loin de l’IP53 des OM-3 et OM-5 Mark II, et OM System parle prudemment de « splash proof ».

Concrètement, l’IPX1 couvre les gouttes tombant verticalement : une averse légère, pas une sortie en mer. La protection ne s’applique d’ailleurs qu’avec un objectif lui-même protégé, et pas pendant la charge ou avec un câble HDMI branché. C’est sûrement une question de coût ou de positionnement dans la gamme, mais c’est déjà mieux que rien, et suffisant pour l’usage quotidien visé. Le boîtier est par ailleurs donné pour fonctionner jusqu’à -10 °C, comme les OM-3 et OM-5 Mark II.

Viseur décentré et écran sur rotule
Pour le viseur électronique, l’OM System PEN reprend la dalle OLED de 2,36 Mpts de l’OM-3, mais la visée est ici décentrée sur la gauche, façon télémétrique, avec un œilleton plus compact. Le dégagement oculaire est de 20,5 mm, pour un grossissement de 1,23x, soit 0,62x en équivalent 24×36. La définition n’a rien d’exceptionnel en 2026 : c’est celle du PEN-F de 2016, grossissement compris, et, sur l’OM-3, nous jugions déjà ce viseur « ni le plus défini ni le plus confortable du marché ». Elle reste toutefois cohérente avec le tarif.

L’écran tactile de 3 pouces et 1,04 Mpts, monté sur rotule, est celui de l’OM-5 Mark II, au format 3:2. Il est pratique pour cadrer au ras du sol ou à bout de bras, et pour la vidéo verticale.

Côté interface, l’appareil hérite des nouveaux menus introduits par l’OM-1, organisés en grandes sections colorées, que nous avions déjà appréciés sur l’OM-5 Mark II. En termes de réactivité, le boîtier répond bien : allumage rapide (à condition de déployer le zoom rétractable 14-42 mm) et navigation fluide dans les images.
Capteur, autofocus et stabilisation : la base de l’OM-5 Mark II
À l’intérieur, on retrouve le duo de l’OM-5 Mark II : capteur Live MOS 4/3 de 20,37 Mpx effectifs et processeur TruePic IX. Ce n’est pas le capteur empilé BSI de l’OM-3 et de l’OM-1, qui jouent dans une gamme bien au-dessus, mais un duo éprouvé, qui a fait ses preuves sur l’OM-5 en termes de rendu des couleurs et de latitude en RAW (voir notre test de l’OM-5).

Le vrai bond en avant par rapport aux PEN précédents se situe sur l’autofocus. Le PEN-F se contentait de 81 points à détection de contraste, et l’E-P7 de 121 points, toujours en contraste seul. L’OM System PEN est le premier PEN à recevoir un autofocus hybride à détection de phase, avec 121 collimateurs croisés couvrant le capteur. C’est, à la lettre près, le système de l’OM-5 Mark II.

Il s’accompagne d’une détection de sujets par IA pour les personnes et les animaux (chats et chiens). C’est mieux que l’OM-5 Mark II, qui se contente, lui, du visage et des yeux. Pas de voitures, d’avions ou de trains, réservés aux OM-1 et OM-3. C’est la première fois qu’un PEN reconnaît un sujet par IA, et le duo personnes + animaux domestiques colle bien à l’usage visé : portraits de famille, chat sur le canapé, chien au parc. Le Starry Sky AF, pour la mise au point sur les étoiles, est également de la partie.

Sur le terrain, l’autofocus s’est montré au niveau de l’OM-5 Mark II, ni plus ni moins : il fonctionne, mais ce n’est pas le plus réactif du marché et il n’est pas taillé pour le sport. En revanche, il accroche un visage facilement, ce qui est exactement ce que l’on attend d’un boîtier de rue et de voyage. Petite subtilité : avec la détection de visage activée et une petite zone AF sélectionnée, la détection reste prioritaire et l’appareil accrochera un visage même en bord de cadre, hors de la zone choisie. Nous vérifierons le suivi sur sujets rapides lors du test complet.

La stabilisation 5 axes est toujours là, et elle reste l’un des grands atouts de la marque. OM System annonce un gain de 5,5 IL au centre et 4,5 IL sur les bords, mesuré avec le 14-42 mm III à 42 mm. Par contre, l’appareil fait l’impasse sur la fonction Sync IS.

La stabilisation nous a permis de réaliser des poses longues à main levée, des filés, et d’exploiter le Live ND pour obtenir des poses de 2 à 3 secondes correctement exposées, sans autre appui que nos deux mains. Nous y reviendrons dans la section consacrée au bouton CP.


En rafale, l’appareil monte à 30 i/s en obturateur électronique, mais avec l’AF figé sur la première image. Avec suivi C-AF, il faut compter 8 i/s, et 5 i/s en obturateur mécanique. C’est un peu moins bien que l’OM-5 Mark II (10 i/s en C-AF, 6 i/s en mécanique), mais c’est plutôt aux PEN-F (10 i/s en AF-S) et E-P7 (8,7 i/s) qu’il faut le comparer. Le mode Pro Capture fait aussi son entrée sur un PEN : il enregistre jusqu’à 12 images avant l’appui complet sur le déclencheur, à 30 i/s, en RAW comme en JPEG.
Profils Couleur et Monochrome : la créativité en façade
Le PEN-F avait inventé la molette créative en façade ; l’E-P7 l’avait transformée en commutateur ; l’OM-3 est revenu à un cadran à cinq positions. L’OM System PEN reprend le commutateur Profile Control de l’E-P7, plus simple, pour basculer d’une pression vers les profils Couleur et Monochrome, sans quitter le viseur. L’effet est prévisualisé en temps réel, à l’écran comme dans le viseur.

Pour rappel, le Color Profile Control permet d’ajuster la saturation de 12 couleurs distinctes sur 11 niveaux, en combinaison avec le contrôle des hautes lumières, des ombres et du vignettage. Quatre préréglages sont proposés : Film Rich Color, Film Vivid, Film Soft Tone et Standard (Natural).

En noir et blanc, le Monochrome Profile Control combine cinq paramètres (filtre couleur, hautes lumières/ombres, vignettage, grain argentique et tonalité), avec là aussi quatre préréglages : Film B&W, Film IR (effet filtre rouge façon infrarouge), Film Low Contrast et Standard (Monotone). L’idée est simple : partir d’un rendu proposé et le personnaliser pour créer sa propre signature. Comme sur l’OM-3, on dispose ainsi de 4 profils couleur et 4 profils monochrome.








Le rendu noir et blanc nous a particulièrement plu : le profil Mono 1 (Film B&W) offre des contrastes marqués, très agréables. Attention toutefois : par défaut, l’effet grain argentique est réglé sur High dans ce profil, et il vient nettement marquer l’image, comme le montrent les exemples ci-dessous. Heureusement, cela n’affecte que le JPEG, le RAW restant vierge. Le profil Film IR mérite aussi le détour, avec ses ciels bleus rendus très sombres.



Ces profils fonctionnent aussi en vidéo, sauf en mode S&Q. Ils s’ajoutent aux 16 filtres artistiques et aux 24 modes scène répartis en 6 thèmes, pour ceux qui préfèrent un rendu prêt à l’emploi, quitte à paraître un peu « daté » : ces filtres remontent à l’époque des premiers filtres Instagram, un peu grossiers, et cela se voit parfois.
Avec ce nouveau boîtier, OM System dévoile une mise à jour de l’application OI.Share (v1.5). Celle-ci introduit une fonction Profile Library : elle analyse les réglages de couleur et de tonalité d’une photo prise avec les profils Couleur/Monochrome, en extrait une « recette » et l’enregistre dans les emplacements prédéfinis du boîtier.

On peut donc partager ses rendus et récupérer ceux d’autres photographes, à la manière des recettes Fujifilm ou de la fonction Magic LUT chez Panasonic. C’est une réponse, au moins partielle, au principal regret que nous formulions lors du test de l’OM-3 : ne pouvoir que modifier les préréglages existants, sans en créer de nouveaux. Cette fonction est compatible avec l’OM System PEN, l’OM-3 et l’OM-3 Astro. Elle pourrait être étendue à d’autres modèles plus tard, selon OM System.
L’autre pilier créatif de l’appareil, ce sont les fonctions computationnelles, jusqu’ici absentes de la gamme.
Bouton CP : la photographie computationnelle arrive enfin sur un PEN
Le bouton CP (pour Computational Photography) est désormais présent sur tous les boîtiers récents de la marque, à l’exception de l’OM-1 Mark II. Le principe est le même que sur l’OM-3 et l’OM-5 Mark II : un appui pour rappeler le dernier mode utilisé, un appui maintenu combiné à la molette avant pour choisir parmi les fonctions suivantes :
- Mode Haute Résolution sur trépied
- Mode Haute Résolution à main levée
- Live ND (ND2 à ND16)
- Focus Stacking
- HDR (HDR1 et HDR2)
- Exposition multiple
C’est la première fois que ces fonctions débarquent sur un PEN. Le PEN-F disposait bien d’un mode Haute Résolution, mais uniquement sur trépied ; l’E-P7 n’avait ni Live ND, ni High Res, ni Focus Stacking. En mode Haute Résolution, le boîtier produit des fichiers de 50 Mpx à main levée et 80 Mpx sur trépied, les mêmes valeurs que l’OM-5 Mark II.

Le Live ND s’arrête à ND16, soit 4 IL de filtre simulé, contre ND64 sur l’OM-3 : c’est suffisant pour lisser une fontaine ou un flux de passants en journée, comme nous avons pu le constater à Berlin. À noter que le Live ND n’est disponible qu’en modes S et M, avec une sensibilité plafonnée à ISO 800. Le Focus Stacking, lui, est compatible avec le nouveau 14-42 mm III, ce qui ouvre la porte à la proxiphotographie avec le zoom de kit.
Un second appui sur le bouton CP désactive la fonction et rend la main au réglage précédent, sans repasser par les menus. Au quotidien, c’est ce qui rend ces fonctions réellement utilisables : on active le Live ND pour un filé et on le coupe pour la photo suivante, sans quitter le viseur.


Sur ces images de train, réalisées de jour en mode S, le Live ND8 ou ND16 suffit à obtenir un filé propre, simplement accoudé à un muret et sans trépied. Nous avons ensuite poussé l’exercice un cran plus loin : des poses longues de 2 à 3 secondes, entièrement à main levée, avec le Live ND16. Le résultat est net, et il confirme la facilité avec laquelle le duo stabilisation + photographie computationnelle permet de se passer de trépied et de filtre vissant.

Les fonctions maison Live Bulb, Live Composite et Focus Bracketing sont également au menu, de même que le Color Creator. Les modes personnalisés C1 et C2 peuvent enfin recevoir un nom (jusqu’à 12 caractères), pratique pour distinguer un réglage « rue » d’un réglage « nuit », par exemple.


Voici une sélection de photos réalisées avec l’OM System PEN :


























Vidéo : 4K 30p, OM-Cinema, S&Q et prise micro
L’OM System PEN filme en 4K jusqu’à 30p (environ 102 Mbps) et en C4K 24p (environ 237 Mbps) en Long-GOP, en Full HD jusqu’à 60p en Long-GOP ou en 30p All-Intra (environ 202 Mbps), avec un ralenti à 120p en Full HD. L’enregistrement se fait en MOV (H.264). Pas de 4K 60p ni de 10 bits en interne : on reste en 8 bits, comme sur l’OM-5 Mark II, ce qui est cohérent avec la base technique.
Le boîtier reprend en revanche les profils OM-Cinema 1 et OM-Cinema 2, apparus sur l’OM-3, pour un rendu plus facile à étalonner, ainsi que les profils Flat et OM-Log400 pour ceux qui préfèrent passer par un Log. Le commutateur photo/vidéo/S&Q permet de basculer rapidement entre ralenti (Slow) et accéléré (Quick). La vidéo verticale est prise en charge et une lampe témoin d’enregistrement (tally lamp) est intégrée.
Bonne nouvelle pour les vidéastes du quotidien : le boîtier gagne une prise micro jack 3,5 mm, absente des PEN-F et E-P7. Pas de prise casque en revanche, comme sur l’OM-5 Mark II.
Batterie BLS-7, autonomie et connectique
L’OM System PEN inaugure une nouvelle batterie BLS-7 de 1 285 mAh, avec une autonomie annoncée de 410 vues et d’environ 80 minutes de vidéo selon la norme CIPA. C’est mieux que le PEN-F (330 vues avec la BLN-1) et que l’E-P7 (360 vues avec la BLS-50). La batterie supplémentaire et le chargeur BCS-7 sont proposés à 69 € chacun.

Lors de notre déambulation urbaine à Berlin, l’autonomie s’est montrée tout à fait satisfaisante, même si, comme toujours, une seconde batterie dans la poche reste une bonne idée. Un test plus poussé nous permettra de partager des chiffres plus précis.
La recharge se fait en USB-C directement dans le boîtier, ou via le nouveau chargeur BCS-7, vendu séparément, qui promet une charge complète en environ 90 minutes. Attention, il s’agit d’un nouveau format de batterie, non compatible avec la BLS-50 des OM-5 et E-P7 : les possesseurs d’un ancien PEN ou d’un E-M10 ne pourront pas réutiliser leur stock.
Côté connectique, on trouve un port USB-C, une sortie micro HDMI et la prise micro évoquée plus haut, sans prise casque. Le slot SD est logé sur le côté. Le boîtier embarque aussi le Wi-Fi et le Bluetooth Low Energy 5.2 : on peut le réveiller depuis son smartphone pour récupérer ses images sans le sortir du sac, le déclencher à distance ou géolocaliser ses photos via l’application OI.Share.

M.Zuiko Digital 14-42 mm f/3,5-5,6 III : un zoom de kit enfin protégé
En même temps que le boîtier, OM System annonce un nouveau zoom standard, le M.Zuiko Digital 14-42 mm f/3,5-5,6 III (équivalent 28-84 mm). Il remplace le vénérable 14-42 mm II R, lancé en 2011, dans les kits PEN.


La formule optique conserve 8 lentilles en 7 groupes, dont 3 lentilles asphériques, soit exactement la même architecture que le 14-42 mm II R.

Les progrès se situent cependant ailleurs. D’abord en proxiphotographie : la distance minimale de mise au point descend à 13 cm au grand-angle (contre 25 cm sur le II R), soit environ 4 cm de la lentille frontale, pour un rapport de grossissement de 0,53x en équivalent 24×36. Ensuite en protection : c’est la première fois qu’un 14-42 mm de kit est résistant à la poussière et aux éclaboussures (IPX1), ce qui permet d’utiliser le duo boîtier + 14-42 mm III sans trop se soucier de la météo.

Le mécanisme rétractable a aussi été revu : le déploiement et le repli se font en tournant la bague de zoom, sans commutateur de déverrouillage. Un traitement multicouche sur toutes les surfaces est annoncé. Le diamètre de filtre passe à 46 mm.


Voici une sélection de photos que nous avons pu réaliser avec l’objectif M.Zuiko 14-42 mm f/3,5-5,6 III :






Nous n’avons pas encore assez de recul pour juger de la qualité optique de ce nouveau zoom : les images ci-dessus vous donneront une première idée de son rendu, en attendant une analyse plus poussée lors du test complet.
Le prix de l’objectif seul n’est pas encore communiqué, mais il sera surtout destiné aux kits.
Face à la concurrence
À 999 € nu et 1099 € en kit, l’OM System PEN se retrouve au carrefour de trois familles de boîtiers.
Les compacts experts. Le Panasonic Lumix L10, testé en juin, partage le même capteur 4/3 de 20 Mpx, un viseur OLED 2,36 Mpts et une rafale à 30 i/s, mais il pèse 508 g avec son zoom fixe équivalent 24-75 mm f/1,7-2,8, n’est pas tropicalisé et coûte 1499 €. Pour 400 € de moins en kit, l’OM System PEN offre les objectifs interchangeables, la stabilisation capteur, la protection contre les éclaboussures et 115 g de moins, contre un zoom de kit bien moins lumineux. Les Fujifilm X100VI et Ricoh GR IV sont plus chers encore.
La famille OM System. L’OM-5 Mark II (1299 €) garde pour lui l’IP53, une meilleure poignée et une rafale plus rapide, mais partage désormais l’essentiel de son électronique avec un boîtier 300 € moins cher.
Les hybrides APS-C rétro de Fujifilm. Le X-M5 (899 € nu, 999 € en kit avec le XC 15-45 mm) est le plus proche en prix et en gabarit, mais sans viseur ni stabilisation capteur, précisément les deux arguments de l’OM System PEN. Le X-E5 est le vrai jumeau de concept, télémétrique, stabilisé, avec viseur et molette de simulations de film, mais son capteur APS-C de 40,2 Mpx se paie 1549 € nu et 1799 € en kit avec le XF 23 mm, soit 550 € de plus, sans tropicalisation lui non plus. Entre les deux, l’OM System PEN offre viseur, stabilisation et protection au prix d’un X-M5, avec un capteur plus petit et moins défini, compensé par un parc optique nettement plus compact.

Prix et disponibilité de l’OM System PEN
L’OM System PEN sera disponible en noir et en argent à partir de fin septembre 2026, aux tarifs suivants :
Découvrir l’OM System PEN sur le site OM System
Le boîtier est en précommande sur la boutique OM System, chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Digixo, Camara, Photo-Univers, Panajou, IPLN, Fnac et dans les boutiques spécialisées.
Pour mémoire, le PEN-F avait été lancé en 2016 à 1199 € nu, 1399 € en kit avec le 14-42 mm et 1499 € avec le 17 mm f/1,8, et l’E-P7 en 2021 à 799 € nu et 899 € en kit avec le 14-42 mm EZ. Le nouveau boîtier se positionne donc entre les deux, avec un niveau d’équipement bien supérieur à l’un comme à l’autre. À titre de comparaison, l’OM-3 est vendu 1999 € nu et 2399 € en kit avec le 12-45 mm f/4 Pro.
L’objectif M.Zuiko Digital 14-42 mm f/3,5-5,6 III peut également être acheté hors kit au tarif de 399 €.
Notre premier avis
Avec ce PEN, OM System ne cherche pas à séduire les technophiles, et la marque ne s’en cache pas. Le capteur n’est pas empilé, le viseur reste en 2,36 Mpts, la vidéo plafonne en 4K 30p, la rafale avec suivi est modeste et la certification IPX1 ne vaut pas l’IP53 de ses grands frères. Ceux qui attendaient un « PEN-F II » avec les entrailles de l’OM-3 devront patienter, ou se tourner vers l’OM-3 lui-même, deux fois plus cher.
À la sortie de l’OM-3, nous nous demandions justement s’il n’aurait pas été préférable qu’il soit « un OM-5 avec un meilleur AF », plutôt qu’un OM-1 Mark II déguisé vendu 1999 €. L’OM System PEN est, à peu de choses près, la moitié de cette réponse : la base de l’OM-5 Mark II dans un boîtier au look télémétrique, à 999 €. L’autofocus, lui, reste celui de l’OM-5 Mark II, et c’est sans doute la principale réserve.
Mais ce n’est pas la promesse. L’OM System PEN est avant tout un bel objet, léger et pensé pour le quotidien : un viseur, une stabilisation très efficace qui dispense de trépied, un vrai autofocus à détection de phase et une couche créative (profils, recettes partageables, fonctions computationnelles) qui donne envie de sortir l’appareil. À cela s’ajoute la richesse du parc optique Micro 4/3, très complet et très compact, l’argument numéro un du format face aux compacts à objectif fixe.

OM System était attendu sur sa gamme PEN, et ce nouveau boîtier coche beaucoup de cases pour devenir l’appareil photo du quotidien de nombreux amateurs. Nous reviendrons plus en détail sur la qualité d’image, l’autofocus et l’autonomie réelle dans un test complet.


