Nouveau look pour nouvelle vie. En ce 16 septembre 2026, Canon lance son nouvel hybride plein format d’entrée de gamme. Loin d’être une simple mise à jour, le Canon EOS R8 Mark II arbore un design inédit, fait de lignes tendues et d’angles plus saillants. Côté technique, il reprend le capteur de 24,2 Mpx de son prédécesseur… mais ce dernier est (enfin !) stabilisé. Il profite également de la rafale 40 i/s et des modes AF hérités des EOS R6 Mark II et Mark III.
Nous avons pu utiliser une version de présérie en amont de son lancement : voici notre prise en main du Canon EOS R8 Mark II.

Sommaire
- Canon EOS R8 Mark II : ne l’appelez pas « vintage »
- Ergonomie et prise en main : ceci est une révolution
- Capteur 24,2 Mpx et puce Digic X : comme un air de déjà-vu
- 16 filtres de couleur… en JPEG uniquement
- Autofocus du Canon EOS R8 Mark II
- Rafale 40 i/s et buffer limité
- Canon EOS R8 Mark II : la stabilisation du capteur, enfin
- Vidéo : 4K 60p suréchantillonnée
- Connectivité et autonomie : slot SD latéral et petite batterie
- Canon EOS R8 Mark II : notre avis sur l’entrée de gamme réinventée
- Prix et disponibilité du Canon EOS R8 Mark II
Canon EOS R8 Mark II : ne l’appelez pas « vintage »
Depuis plusieurs mois, un certain nombre de rumeurs tablaient sur l’arrivée d’un boîtier Canon au look vintage. Avec l’EOS R8 Mark II, la marque rouge et noir entend faire les choses différemment. Pour la première fois après des décennies de courbes, on découvre un boîtier Canon fait de lignes anguleuses et d’arêtes saillantes.

En cela, le constructeur assume la filiation avec des boîtiers comme le Canon T80 (1985) ou l’EOS 650 (1987). En revanche, il ne s’agit pas d’une réédition « modernisée » du Canon AE-1 (1976).


Canon ne cherchait pas à offrir une réponse directe aux Fujifilm X-T ou aux Nikon Zf et Z fc, mais de marier le look des boîtiers plus anciens avec une approche plus moderne. « Nous voulions préserver l’ergonomie Canon, la qualité de la prise en main, l’intuitivité », explique Jacky Carré, chef produit chez Canon France.

Le Canon EOS R8 Mark II s’adresse ainsi à un public plus jeune, mais également les utilisateurs actuels d’un EOS 6D (Mark I ou II) ou des EOS R et RP.
Les principales caractéristiques du Canon EOS R8 Mark II sont les suivantes :
- un capteur 24,2 Mpx, repris des EOS R8 et EOS R6 Mark II ;
- une stabilisation capteur (IBIS) avec un gain maximal de 7,5 stops ;
- une rafale à 40 i/s, identique aux EOS R8, EOS R6 Mark II et Mark III ;
- l’autofocus Dual Pixel CMOS AF II ;
- la vidéo 4K 60p suréchantillonnée depuis la 6K sans crop et en FHD 180p ;
- un slot SD compatible UHS-II placé sur le côté.
Le tout dans un boîtier toujours léger et robuste. Son lancement intervient en même temps que le flash Canon Speedlite EL-5 II.
Voici un tableau comparatif des caractéristiques des Canon EOS R8 Mark II, EOS R8, EOS R6 Mark II et EOS R6 Mark III :
| Caractéristiques | Canon EOS R8 Mark II | Canon EOS R8 | Canon EOS R6 Mark II | Canon EOS R6 Mark III |
|---|---|---|---|---|
| Capteur CMOS | 24,2 Mpx (plein format) | 24,2 Mpx (plein format) | 24,2 Mpx (plein format) | 32 Mpx (plein format) |
| Stabilisation capteur (IBIS) | Oui | Non | Oui | Oui |
| Filtre passe-bas | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Processeur | Digic X | Digic X | Digic X | Digic X |
| Monture | RF | RF | RF | RF |
| Viseur électronique | OLED, 2,36 M points | OLED, 2,36 M points | OLED, 3,69 M points | OLED, 3,69 M points |
| Écran LCD | Tactile, orientable, 3 pouces, 1,62 M points | Tactile, orientable, 3 pouces, 1,62 M points | Tactile, orientable, 3 pouces, 1,62 M points | Tactile, orientable, 3 pouces, 1,62 M points |
| Autofocus | Dual Pixel AF II | Dual Pixel AF II | Dual Pixel AF II | Dual Pixel AF II |
| Nombre de points AF | 1053 (auto), 4368 (manuel), 3588 (vidéo) | 1053 (auto), 4897 (manuel), 4067 (vidéo) | 1053 (auto), 4897 (manuel), 4067 (vidéo) | 6097 (photo) / 4641 (vidéo) |
| Couverture AF | 100% (auto), N.C. (manuel) | 100% (auto), 100x90% (manuel) | 100% (auto), 100x90% (manuel) | 100% (auto), 100% (manuel) |
| Plage de fonctionnement AF | De -7,5 à 21 IL | De -6,5 à 21 IL | De -6,5 à 20 IL | De -6,5 à 20 IL |
| Algorithmes de suivi AF | Humains, animaux (chiens, chats, oiseaux, chevaux), véhicules (voitures, motos, trains, avions) | Humains, animaux (chiens, chats, oiseaux, chevaux), véhicules (voitures, motos, trains, avions) | Humains, animaux (chiens, chats, oiseaux, chevaux), véhicules (voitures, motos, trains, avions) | Humains, animaux (chiens, chats, oiseaux, chevaux), véhicules (voitures, motos, trains, avions) |
| Sensibilité du capteur | 100-102400 ISO (extensible à 50-204800 ISO) | 100-102400 ISO (extensible à 50-204800 ISO) | 100-102400 ISO (extensible à 50-204800 ISO) | 100 – 64 000 ISO (extensible à 102 400) |
| Rafale (obturateur mécanique) | 6 i/s (avec suivi AE/AF) | 6 i/s (avec suivi AE/AF) | 12 i/s (avec suivi AE/AF) | 12 i/s avec suivi AE/AF |
| Rafale (obturateur électronique) | 40 i/s (avec suivi AE/AF) | 40 i/s (avec suivi AE/AF) | 40 i/s (avec suivi AE/AF) | 40 i/s (avec suivi AE/AF) |
| Obturation | 30-1/4000s (1er rideau électronique), 30-1/16000s (électronique) | 30-1/4000s (1er rideau électronique), 30-1/16000s (électronique) | 30-1/8000s (mécanique), 30-1/16000s (électronique) | 30 s – 1/8000 s (mécanique) 30 s – 1/16 000 s (électronique) |
| Vidéo | 4K 60p, FHD 180p (sans crop) | 4K 60p, Full HD 120p (sans crop) | 6K 60p (HDMI), 4K 60p, Full HD 120p (sans crop) | 7K 60p Open Gate, 4K 120p, FHD 180p |
| Profils colorimétriques vidéo | Canon Log 2, Canon Log 3 TBC | C-LOG HDR | C-LOG HDR | Canon Log 2, Canon Log 3, CRAW Light |
| Stockage | 1x SD UHS-II | 1x SD UHS-II | 2x SD UHS-II | CFExpress type B + SD UHS-II |
| Wifi | 2,4 et 5 Ghz | 2,4 Ghz | 2,4 et 5 Ghz | 2,4 et 5 Ghz |
| Bluetooth | Bluetooth 5.1 | Bluetooth 4.2 Low Energy | Bluetooth 4.2 Low Energy | Bluetooth 5.1 |
| Batterie | LP-E17 | LP-E17 | LP-E6NH | LP-E6NH |
| Autonomie photo | 340 photos (LCD), 220 photos (viseur) | 370 photos (LCD), 220 photos (viseur) | 760 photos (LCD), 450 photos (viseur) | 620 photos (LCD), 390 photos (viseur) |
| Rechargement par port USB | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Tropicalisation | Résistant à la poussière et à l’humidité | Résistant à la poussière et à l’humidité | Résistant à la poussière et à l’humidité | Résistant à la poussière et à l’humidité |
| Dimensions | 131,4 x 90,0 x 79,7 mm | 132,5 x 86,1 x 70 mm | 138,4 × 98,4 × 88,4 mm | 138,4 x 98,8 x 88,3 mm |
| Poids (avec carte et batterie) | 546 g | 414 g | 670 g | 669 g |
| Prix de lancement nu | 1799 € | 1799 € | 2899 € | 2899 € |

Ergonomie et prise en main : ceci est une révolution
Alors que tous les boîtiers Canon depuis environ 40 ans, des reflex aux hybrides, arborent des lignes arrondies, l’EOS R8 Mark II s’inscrit en rupture. À l’avant, cela se remarque particulièrement au niveau du viseur, dont les angles sont bien saillants.

On note aussi son capot entièrement plat. Deux aspects qui rappellent beaucoup les boîtiers de… Sony, diront certains ! Mais ne boudons pas notre plaisir : pour la première fois depuis bien longtemps, Canon accepte de sortir des sentiers battus et livre un boîtier au look à la fois plus moderne et plus original.

Cependant, ce design « néo-rétro » ne se fait pas au prix du grip, toujours bien creusée. De même, on retrouve les commandes « classiques ». Canon ne se montre donc pas aussi radical que les Nikon Z fc et Zf mentionnés plus haut, qui dénotent par leur absence de grip et leurs roues de contrôle de la vitesse d’obturation et de la sensibilité ISO.

En termes d’ergonomie, justement, le Canon EOS R8 Mark II vise autant à rassurer les néophytes que les canonistes de longue date. Sur le capot supérieur, la roue PASM (pardon, P, Tv, Av, M) est toujours de la partie ; elle dispose de 3 modes C1 à C3, très pratiques. L’une des deux roues crantées est entourée par le commutateur Off/Photo/Vidéo. Le bouton dédié à l’enregistrement vidéo est présent, de même que la touche M-fn.

Point notable, toutes les commandes sont placées à droite du viseur, laissant l’épaule gauche du boîtier totalement vierge. L’idée : permettre une utilisation à une seule main.
La face arrière est presque identique à celle de l’EOS R8 Mark I… si ce n’est qu’un joystick est (enfin) présent ! Canon corrige ainsi l’un des principaux défauts de ses boîtiers plein format d’entrée de gamme.

Pour autant, nous avons trouvé que ce joystick est assez mal placé : trop haut et trop près du viseur, il tombe mal sous le pouce. Ainsi, en utilisant le boîtier à une seule main, difficile de le pousser vers la gauche. Dans l’absolu, il aurait fallu intervertir sa place avec celle du bouton AF-On, ou le placer au-dessus du bouton Info.

On regrette aussi que Canon se soit contenté d’une « simple » croix directionnelle. Un choix directement hérité des EOS R, RP et R8. De même, le bouton Q donnant accès au menu rapide est toujours absent, cette fonction étant dévolue au bouton Set. Enfin, une petite coquetterie : si le bouton Menu ne change pas de place, il adopte désormais un design plus allongé, en forme de pilule.
En termes de dimensions, comptez 13,1 x 9 x 7,9 cm pour un poids de 546 g. Des mensurations très proches de celles de l’EOS R8 (Mark I), qui n’est pas stabilisé. Avec la focale fixe RF 45 mm f/1,2 STM, il forme un duo très bien assorti de 892 g seulement. L’EOS R8 Mark II se montre également plus léger et compact que les EOS R6 Mark II et Mark III.

Pour les utilisateurs ayant de grandes mains, le constructeur propose une petite semelle (vendue séparément) à visser sous l’appareil (comme pour les Sony A7C II et A7C R). Elle laisse libre le logement de la batterie et son aspect biseauté rappelle l’EOS 650, dixit Canon.

Le boîtier est doté de plusieurs joints d’étanchéité et doit résister à l’eau et à la poussière. Les finitions sont très soignées. On apprécie le nouveau revêtement sur le grip et à l’arrière du boîtier, plus plaisant que l’ancienne texture façon similicuir. Seul vrai regret : le rideau de l’obturateur ne vient pas se rabattre devant le capteur lorsqu’on éteint le boîtier.

Le grand écran tactile de 3 pouces (1,62 Mpts) monté sur rotule est toujours de la partie… de même que les petites radineries côté viseur. En effet, on retrouve la petite dalle OLED de 0,39 pouce affichant 2,69 Mpts, soit 1024 x 768 px (contre 0,5 pouce et 3,69 Mpts sur les EOS R6 Mark II / III). Le grossissement de 0,7x et le dégagement oculaire de 22 mm sont inchangés. En clair, ce viseur électronique reste lisible… mais il est trop étriqué et sa définition est trop juste par rapport aux autres boîtiers du constructeur.

Au final, Canon nous livre un boîtier bien construit et surtout très séduisant. Son look anguleux (mais pas vintage) offre une vraie bouffée d’air frais dans l’univers de la marque. Le boîtier a aussi le bon goût de corriger certains des points faibles les plus saillants de son prédécesseur, comme l’absence de joystick. Enfin, il s’avère agréable à utiliser, grâce à son poids réduit et à sa simplicité d’usage.

Capteur 24,2 Mpx et puce Digic X : comme un air de déjà-vu
Nous avons utilisé le Canon EOS R8 Mark II avec trois optiques : le Canon RF 45 mm f/1,2 STM, le Canon RF 28-70 mm f/2,8 IS STM et le Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM.
N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en plus grand.



Sous le capot, l’EOS R8 Mark II ressemble comme deux gouttes d’eau à l’EOS R8… qui était (très) proche d’un EOS R6 Mark II. On retrouve ainsi un capteur plein format de 24,2 Mpx : une définition équilibrée, qui livre des fichiers suffisamment légers tout en offrant une bonne latitude de recadrage. Elle s’avère cependant inférieure à celle de l’EOS R6 Mark III (32 Mpx)… ou des Sony A7C II, A7 IV ou A7 V.

Les images mesurent 6000 x 4000 pixels. Comptez entre 7 et 10 Mo pour les JPEG, et entre 25 et 40 Mo pour les RAW. Point de mode de compression sans perte à l’horizon ; le format CRAW réduit de 40 à 50 % le poids du fichier, mais avec un léger impact sur la qualité d’image.
Côté technique, ce capteur est de type CMOS « classique » (ni rétroéclairé, ni empilé). Toutefois, sa vitesse de lecture est relativement élevée et le rolling shutter est assez facile à éviter. On retrouve aussi le processeur Digic X, déjà croisé sur bon nombre de boîtiers de la marque. La plage ISO native s’étend de 100 à 102 400 ISO, extensible de 50 à 204 800 ISO.
Last but not least, ce capteur est stabilisé (voir plus loin). De quoi corriger, là aussi, l’un des vrais points faibles de l’EOS R8 premier du nom.
Retrouvez ci-dessous une galerie de photos capturées avec l’EOS R8 Mark II :


















16 filtres de couleur… en JPEG uniquement
Canon invite à jouer avec les paramètres de couleur dès la capture de l’image. En effet, l’EOS R8 Mark II dispose de 16 profils d’image.

Ces différents Filmtones étaient déjà présents au sein des Canon PowerShot V1, EOS R50 V et EOS R6 Mark III. Toutefois, on découvre ici deux nouveaux modes : « ton pellicule négative » et « ton pellicule positive ».


Ces profils de couleur pourraient permettent à Canon de rivaliser avec les Picture Control de Nikon, les simulations de film chères à Fujifilm ou les LUTs à télécharger chez Panasonic. Mais il y a un hic : ils ne sont disponibles… qu’en JPEG ! Lorsque la capture en RAW est activée, l’option n’apparaît même pas dans les menus. De quoi cantonner cette fonction à un usage récréatif. Notez que Canon propose aussi une fonction d’adoucissement du rendu de la peau.
Autofocus du Canon EOS R8 Mark II
Côté AF, l’EOS R8 Mark II reprend (là encore) le système de l’EOS R8 et de l’EOS R6 Mark II. On retrouve ainsi la technologie Dual Pixel CMOS AF II, qui s’appuie sur 1053 points AF (auto), (4368 en mode manuel et 3588 en vidéo), avec une couverture de 100% (auto). La plage de fonctionnement s’étend de -7,5 à 21 IL : c’est mieux que l’EOS R8 (-6,5 IL).
Sur le terrain, les performances de l’AF semblent très bonnes. D’une manière générale, la mise au point s’effectue avec précision et sans délai. Les trois modes AF One-Shot, AF Servo et Ai-Focus sont de la partie, ce dernier n’activant le suivi que si l’appareil détecte un sujet en mouvement.

L’EOS R8 Mark II bénéficie des mêmes modes de détection et de suivi du sujet nourris au Deep Learning que les EOS R6 Mark II et Mark III. Ainsi, l’appareil est capable de détecter et de suivre automatiquement les sujets suivants :
- Humains (yeux, visage, tête, corps)
- Animaux (yeux et visage des canidés, félins, oiseaux, chevaux)
- Véhicules (voitures, motos, avions, trains)

On profite aussi (pour la première fois sur cette gamme) du mode « priorité à la personne enregistrée ». Cette fonction permet de se concentrer exclusivement sur les personnes enregistrées au préalable (en prenant une photo ou via une image stockée sur la carte mémoire), dans l’ordre de priorité assigné par le photographe et en ignorant les autres sujets dans le cadre. On peut enregistrer 10 jeux de 10 personnes. Cette fonction sera très appréciée des photographes corporate ou de mariage, réguliers ou occasionnels.
Enfin, sans surprise, le boîtier fait l’impasse sur la puce Digic Accelerator, qui reste exclusive aux EOS R5 Mark II et EOS R1. Le mode « priorité à l’action » est donc absent.
Rafale 40 i/s et buffer limité
Le Canon EOS R8 Mark II hérite de la rafale ultra-rapide de son prédécesseur et des EOS R6 Mark II et Mark III. On retrouve ainsi une rafale à 40 i/s avec l’obturateur électronique (et un mode intermédiaire à 20 i/s). Pratique pour décomposer le mouvement du sujet et ne pas manquer l’instant décisif.

En revanche, l’obturation mécanique est plus limitée. D’une part, l’appareil utilise un 1er rideau électronique (pour démarrer l’exposition) avec un 2nd rideau mécanique, afin de diminuer la complexité, le poids et le coût.
D’autre part, la rafale plafonne à 6 i/s seulement avec l’obturateur mécanique, et le « clic » au déclenchement fait un peu plastique. En outre, la vitesse d’obturation ne va pas au-delà de 1/4000 s. Autant de griefs que nous avions déjà notés sur l’EOS R8 originel.
Du reste, on retrouve une mémoire tampon (buffer) relativement limitée, mais (hélas) cohérent avec le positionnement tarifaire du boîtier. D’après les données fournies par Canon, l’appareil peut encaisser 73 RAW ou 190 JPEG en obturation électronique, soit près de deux secondes de rafale à 40 i/s. En obturation 1er rideau, la rafale est censée être illimitée.
Enfin, la fonction de préenregistrement de 0,5 s est disponible, afin de ne pas manquer une action avant l’appui sur le déclencheur.

Canon EOS R8 Mark II : la stabilisation du capteur, enfin
Comme indiqué plus haut, le Canon EOS R8 Mark II a le bon goût de s’équiper d’un capteur stabilisé, tout en conservant un gabarit et un poids maîtrisés. De quoi nous faire oublier l’absence d’IBIS des anciens boîtiers d’entrée de gamme (EOS RP et EOS R8).
D’après les données fournies par la marque, le gain maximal s’élève à 7,5 stops au centre et à 7 stops sur les bords de l’image. Certes, c’est un stop de moins que l’EOS R6 Mark III. Mais l’arrivée de la stabilisation est un vrai atout, puisque l’on peut désormais s’aventurer en basse lumière sans devoir monter trop haut dans les ISO et sans garder constamment un œil sur sa vitesse d’obturation. Les oiseaux de nuit seront aux anges.
Sur notre version de présérie, nous avons obtenu des photos nettes à 1 s à main levée avec le RF 45 mm f/1,2 STM.

Notez cependant que la synchronisation entre l’IBIS (boîtier) et la stabilisation optique (OIS) est disponible uniquement en utilisant les objectifs en monture RF. Elle ne fonctionne pas si vous utilisez une optique EF avec la bague d’adaptation EF-RF.
Enfin, l’EOS R8 Mark II est le premier boîtier de la marque à intégrer une technologie nommée Dual Pixel 3D Imaging, qui permettra d’obtenir des images (JPEG) embarquant des données de profondeur. À la clé : des images en relief, via une application Dual Pixel 3D Converter, sans nécessiter d’optique dédiée à la 3D.
Vidéo : 4K 60p suréchantillonnée
En vidéo, l’EOS R8 Mark II filme en 4K UHD à 60p suréchantillonnée depuis la 6K, pour des images plus détaillées et sans crop. L’appareil peut livrer des séquences en XF-HEVC S ou XF-AVC S (4:2:2 10 bit ou 4:2:0 8 bit). De quoi offrir une certaine latitude aux vidéastes.
Côté colorimétrie, l’appareil se montre assez généreux. Au-delà des modes « classiques » (Styles d’image, filtres de couleur), on dispose des profils Canon 709, BT.709, Canon Log 2 et 3, PQ et HLG. La prévisualisation de LUTs est disponible, de même que le mode de « fausses couleurs ». En slow motion, le boîtier filme en FHD 180p. Autant d’options qui rappellent beaucoup l’EOS R6 Mark III.
Le mode vidéo de l’EOS R8 Mark II est donc bien plus complet que celui de son prédécesseur… mais certaines options « avancées » restent exclusives aux modèles plus premium. Ainsi, point de 6K 60p ni de format ProRes RAW via la sortie HDMI. L’appareil propose une option « clean HDMI » (sans affichage de l’interface), utile en streaming.
Connectivité et autonomie : slot SD latéral et petite batterie
Le Canon EOS R8 Mark II voit son slot pour cartes mémoire rapatrié sur le côté droit. Ce dernier s’avère bien plus facile d’accès que sur l’EOS R8, où il se trouvait au même endroit que la batterie.
Néanmoins, on retrouve une nouvelle fois un unique emplacement pour carte SD (compatible UHS-II), qui traduit le positionnement « amateur / passionné » du boîtier. Pour profiter d’un double emplacement, il faudra donc se diriger vers les EOS R6 Mark II ou Mark III.

Par ailleurs, Canon mise à nouveau sur la petite batterie LP-E17, reprise des EOS RP et R8. Hélas, sa capacité est largement inférieure à celle de la batterie LP-E6P (1040 mAh vs 2130 mAh). De fait, les valeurs annoncées par Canon sont toujours assez basses : 340 vues avec l’écran LCD, 220 avec le viseur électronique. C’est même moins que l’EOS R8, déjà peu généreux (370 avec l’écran).

Heureusement, sur le terrain, nous avons réussi à capturer 223 images (et plusieurs séquences vidéo en 4K 60p) en une seule journée, sans que la batterie donne de signes de faiblesse. Un signal encourageant, que nous devrons évidemment confirmer lors d’un prochain test plus complet.
Les différents connecteurs sont regroupés côté gauche. Au-delà du port USB-C 3.2 Gen 2, on dispose d’un port micro HDMI, d’une prise télécommande (jack 2,5 mm) et de deux prises micro et casque (jack 3,5 mm). Sans oublier la griffe multifonctions, déjà croisée sur les boîtiers récents de la marque.

Le port USB permet de recharger le boîtier, mais aussi de transférer des données vers un ordinateur ou un smartphone, l’appareil étant certifié « Made for iPhone ».
Enfin, le boîtier est compatible Wi-Fi 2,4 et 5 GHz et Bluetooth 5.1. L’application Canon Camera Connect (Android et iOS) permet de contrôler l’appareil à distance, de transférer ses fichiers vers un smartphone ou de mettre à jour le firmware, entre autres.
Canon EOS R8 Mark II : notre avis sur l’entrée de gamme réinventée
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Canon EOS R8 Mark II apporte une certaine dose de fraîcheur au catalogue du fabricant. On apprécie beaucoup le design subtilement « néo-rétro », à base de lignes tendues – mais qui ne renie pas les avancées ergonomiques au niveau du grip et des commandes manuelles. Il incarne ainsi un bon équilibre entre le virage « full rétro » des Nikon Zf / Z fc et les EOS R6 Mark II et Mark III aux formes très arrondies.
Interrogée par Phototrend, la marque indique que ce nouveau design reste pour l’instant exclusif à ce modèle ; le succès de l’EOS R8 Mark II conditionnera son déploiement sur d’autres futures références.
L’intérêt de ce design plus anguleux est de booster l’attrait d’un boîtier qui emprunte beaucoup à son prédécesseur (et à l’EOS R6 Mark II) : même capteur, même processeur, donc a priori même qualité d’image. Il vient cependant gommer certains des aspects les plus regrettables des anciens hybrides Canon d’entrée de gamme : la stabilisation capteur est (enfin !) de la partie, de même que le joystick. Les capacités accrues en vidéo sont également un plus.

Pour autant, tout n’est pas parfait et certains griefs demeurent. Le joystick est mal positionné, le viseur est trop étriqué, l’obturateur mécanique est limité (6 i/s en rafale, 1/4000 s max), la rafale à 40 i/s est bridée par un petit buffer et la capacité de la batterie LP-E17 est restreinte.
Dans tous les cas, le Canon EOS R8 Mark II est un boîtier séduisant à plus d’un titre. Il offre, par ailleurs, un bien meilleur rapport qualité-prix que son prédécesseur à son lancement. Voilà qui permet à Canon de revenir dans la course du meilleur boîtier d’entrée de gamme, avec un appareil à même de rivaliser avec le Nikon Z5 II ou le Lumix S5 II.
Prix et disponibilité du Canon EOS R8 Mark II
Le Canon EOS R8 Mark II est disponible au tarif de 1799 € nu. Il est proposé en kit avec le zoom Canon RF 24-105 mm f/4-7,1 STM à 2199 €. La semelle EG-E2 destinée à améliorer l’ergonomie est affichée à 99 €. Enfin, le flash Canon Speedlite EL-5 II s’affiche à 399 €.
Les livraisons débuteront le 20 octobre 2026.
Vous pouvez retrouver ce boîtier chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Digixo, Camara, Photo-Univers, IPLN, StudioSport, Panajou, à la Fnac et dans les boutiques spécialisées.




