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La vie en relief : les photos stéréoscopiques de Jacques Henri Lartigue arrivent au cinéma en 3D

Quarante ans après la mort de Jacques Henri Lartigue, le documentaire La vie en relief de Denis Gaubert sort en salles le 16 septembre 2026. Pour la première fois, les plaques stéréoscopiques du photographe sont projetées en 3D sur grand écran. Retour sur un amateur devenu célèbre sur le tard, et sur la technique qui a permis de passer du stéréoscope de poche à la salle de cinéma. Et pour le découvrir en salle, 10 x 2 places sont à gagner avec UFO Distribution sur notre compte Instagram.

LA VIE EN RELIEF - Jacques Henri Lartigue I Bande - annonce

Jacques Henri Lartigue, célèbre à 69 ans pour des photos prises enfant

Peu de carrières photographiques commencent aussi tard, avec des images aussi anciennes. Quand le MoMA expose Jacques Henri Lartigue en 1963, il a 69 ans et les tirages accrochés datent presque tous d’avant 1914. Dans la foulée, Life lui consacre dix pages dans le numéro qui couvre l’assassinat de John F. Kennedy, et le nom de ce peintre inconnu, qui accole alors à son prénom celui de son père, Henri, fait le tour du monde. Entre l’enfant et le septuagénaire, il y a eu quarante ans de peinture, de portraits mondains et de décors de galas, la photographie restant un jeu dont il ne soupçonne pas la valeur.

Jacques Henri Lartigue et Madeleine Messager, surnommée Bibi, pendant leur voyage de noces, Hôtel des Alpes, Chamonix, janvier 1920 / Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture (France) MPP – AAJHL

Ce jeu commence en 1902. Né le 13 juin 1894 à Courbevoie, Jacques Lartigue reçoit à huit ans son premier appareil de son père, photographe amateur, et photographie tout ce qui l’entoure : les bobs à roues et les planeurs de son frère Maurice Lartigue, dit Zissou, au château familial de Rouzat, les cousins qu’il fait sauter pour ses instantanés, les élégantes du Bois de Boulogne, les meetings aériens et les courses automobiles.

Maurice Lartigue, surnommé Zissou, sur son « bob » à 4 roues, Rouzat, août 1910 / Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture (France) MPP – AAJHL

À sa mort, le 12 septembre 1986 à Nice, il laisse plus de 120 000 clichés et 126 albums, donnés à l’État dès 1979, une première pour un photographe français de son vivant. Quatre mois plus tôt, sa dernière exposition, Le troisième œil au Grand Palais, avait enfin montré ses stéréoscopies au public.

Pour le récit détaillé de cette enfance derrière l’objectif, nous renvoyons à notre revue du livre Lartigue, l’enfance d’un photographe ainsi qu’à l’ouvrage Jacques Henri Lartigue publié chez Flammarion.

Ces stéréoscopies, également appelées « images en relief », elles, reposent sur un procédé bien plus ancien que lui.

Comment fonctionne la stéréoscopie ?

L’appareil que tient Jacques Henri Lartigue sur l’image ci-dessous a deux objectifs, et c’est toute l’astuce. Le principe copie la vision humaine : nos deux yeux perçoivent chacun une image légèrement décalée, que le cerveau fusionne en une représentation en trois dimensions. Un appareil stéréoscopique reproduit cet écart avec deux objectifs côte à côte, qui exposent simultanément deux vues sur une même plaque de verre. Un stéréoscope, à miroirs ou à lentilles, présente ensuite chaque vue à l’œil correspondant.

Jacques Henri Lartigue, à l’âge de 18 ans, tenant son appareil photo stéréoscopique 6x13cm Nettel. A gauche : son grand frère Zissou. © Gaumont Pathé Archives

La technique est presque aussi ancienne que la photographie : Charles Wheatstone invente le stéréoscope en 1832, David Brewster le popularise en 1851. L’arrivée du gélatino-bromure d’argent en 1871 réduit les temps de pose et rend l’instantané possible. Le réalisateur Denis Gaubert compare l’effet obtenu au « bullet time » de Matrix : le regard circule autour d’un corps ou d’une éclaboussure figés en pleine vitesse.

Cinq mille vues en relief

Cette machine à figer l’invisible, Jacques Henri Lartigue s’en sert pendant un quart de siècle : environ 5 000 vues au stéréoscope entre 1903 et 1929, sur 120 000 photographies. Bill Hibbert, qui avait numérisé l’ensemble des plaques pour son coffret Hidden Depths (2004), avance un chiffre voisin, en grande majorité au format 6×13 cm.

Madeleine Van Weers, cousine de Lartigue, légendée par le photographe « Bichonnade aussi saute pour mes instantanés… », 40 rue Cortambert, Paris 1905 / Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture (France) MPP – AAJHL

Selon lui, la stéréo ne représente que 5 % de la production du photographe mais près d’un quart de ses images publiées. Le saut de sa cousine Madeleine Van Weers, dite Bichonnade, dans l’escalier (1905) ou Zissou en fantôme (Châtel-Guyon, juillet 1905) ont d’abord été des vues en relief : les tirages plats que l’on connaît n’en montrent qu’une moitié.

Appareil stéréoscopique

Le photographe en parlait comme d’une attraction : « Je faisais tout en stéréo, ce qui donne énormément de vie aux photos : on voit des détails qu’on ne soupçonne pas. […] Je me faisais un spectacle. ». Il arrête en 1929, son regard glissant vers l’harmonie et le format panoramique, sous l’influence du cinéma et des magazines de mode (entretien, dossier de presse). Faute de solution de reproduction satisfaisante, ce fonds n’a ensuite jamais été vraiment montré en relief.

Madeleine Messager et Michèle Verly, Aix-les-Bains, mai 1928 / Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture (France) MPP – AAJHL

Quatre ans de restauration sans IA

C’est ce fonds que Denis Gaubert, chef opérateur dont c’est le premier long-métrage documentaire, a entrepris de porter sur grand écran. La restauration a été confiée à On-Situ, société de Chalon-sur-Saône, et a duré quatre ans, sans recours à l’intelligence artificielle. Sur les 5 000 vues examinées une à une par le réalisateur, 323 ont été retenues au montage.

Jean Haguet, Rouzat, septembre 1911 / Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture (France) MPP – AAJHL

Lartigue photographiait avec un appareil stereo. C’est tellement jouissif. Votre regard plonge dans les profondeurs des images. C’est fascinant !

Wes Anderson

Le relief n’a pas été fabriqué en post-production : c’est celui capté à la prise de vue, avec l’écartement des objectifs de l’époque. Le travail a consisté à recaler les couples stéréoscopiques pour un écran de plusieurs mètres, alors que les plaques 6×13 cm étaient conçues pour être regardées à quelques centimètres des yeux, sans accentuer la résolution. « Les procédés anciens étaient déjà d’une précision hallucinante », résume Denis Gaubert.

Stéréodrome, et un spectacle enfin partagé

Restait à situer Jacques Henri Lartigue dans une histoire plus longue que la sienne. C’est le rôle de Stéréodrome (14 minutes), projeté avant le long-métrage : bien avant les amateurs, les vues stéréoscopiques ont connu un succès commercial fulgurant sous le Second Empire, « une forme pionnière de réalité virtuelle » selon Denis Gaubert.

Jacques Henri Lartigue se faisait un spectacle, seul devant son stéréoscope, pendant une heure. Quarante ans après sa mort, ce spectacle devient enfin collectif. Pour les photographes, le film vaut autant pour ce qu’il montre que pour ce qu’il rappelle : la 3D et l’instantané n’ont pas attendu le numérique. Reste à trouver la bonne salle.

Concours : 10 x 2 places à gagner pour voir La vie en relief

En partenariat avec UFO Distribution, Phototrend vous offre 20 places de cinéma pour La vie en relief : 10 gagnants repartiront chacun avec 2 places, de quoi y aller à deux. Tout se passe sur notre compte Instagram.

Pour participer, trois étapes :

  1. Suivre les comptes @phototrendfr et @ufo.distribution
  2. Liker la publication
  3. Taguer en commentaire la personne avec qui vous irez voir le film

Le concours est ouvert jusqu’au dimanche 13 septembre 2026 à 23h59. Le tirage au sort aura lieu le lundi 14 septembre et les gagnants seront contactés en message privé, la veille de la sortie du film. Jeu réservé aux personnes majeures résidant en France métropolitaine, non organisé ni parrainé par Instagram.

Règlement complet du jeu

Organisateur : Phototrend, en partenariat avec UFO Distribution. Jeu gratuit sans obligation d’achat, du 8 septembre 2026 (heure de publication) au 13 septembre 2026 à 23h59, heure de Paris. Ouvert aux personnes physiques majeures résidant en France métropolitaine. Pour participer : suivre @phototrendfr et @ufo.distribution sur Instagram, aimer la publication https://www.instagram.com/p/DdBkpgJtVBy/ et taguer une personne en commentaire (plusieurs commentaires possibles à condition de taguer une personne différente à chaque fois ; les comptes tagués doivent être réels). Dotation : 20 places de cinéma pour le film La vie en relief, offertes par UFO Distribution, réparties entre 10 gagnants à raison de 2 places chacun, valables dans les salles programmant le film. Désignation des 10 gagnants par tirage au sort parmi les participations valides le 14 septembre 2026, un seul lot par personne et par foyer. Les gagnants seront contactés par message privé ; sans réponse sous 72 heures, un nouveau tirage sera effectué pour le lot concerné. Les lots ne peuvent être ni échangés ni remboursés. Les données collectées (identifiant Instagram, adresse e-mail pour l’envoi des places) ne servent qu’à la gestion du jeu et sont supprimées après remise des lots. Ce jeu n’est pas géré ou parrainé par Instagram ou Meta.

Infos pratiques :

  • La vie en relief, documentaire 3D stéréoscopique de Denis Gaubert, 68 minutes, France, 2026, précédé de Stéréodrome (14 minutes)
  • Au cinéma le 16 septembre 2026, en 3D dans les salles équipées
  • Avec les voix de Luàna Bajrami, Hervé Pierre et Milo Machado-Graner (citations de Jacques Henri Lartigue)
  • Production Autour de Minuit, en coproduction avec l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue ; distribution UFO Distribution ; conseil scientifique Kim Timby
  • Film labellisé « Bicentenaire de la photographie » par le ministère de la Culture
  • Albums de Jacques Henri Lartigue en libre accès : https://albums.lartigue.org